Alessandro Rosa


Le rendez-vous tant attendu pour la République Démocratique du Congo est arrivé : les élections présidentielles, les premières pour une transition pacifique du pouvoir à Kinshasa. Les problèmes déjà importants rencontrés durant la campagne électorale ont toutefois entraîné le report de la consultation, qui a eu lieu le 30 décembre seulement dans certaines régions du pays. Entre fraudes, ancienneté de la classe politique, personnages hors jeu et milices sur le terrain, les élections risquent d’apporter plus de fragilité au pays.

La remise du prix Nobel de la Paix à Denis Mukwege a lieu au cours d’un mois décisif pour l’Histoire de la République démocratique du Congo. Le 23 décembre est en effet la date prévue pour l’élection présidentielle, dans un contexte encore marqué par les nombreuses milices et par un nouveau nom qui ne met pas d’accord tous les mouvements d’opposition. Dans cette situation incertaine, reviennent également le débat sur le vote électronique et le nouveau paquet de sanctions de l’UE.

Une étude menée sur le terrain, un institut de recherche bien connu a publié un rapport sur la violation de l’embargo sur les armes décrété par l’ONU et l’Union contre le Sud-Soudan. Cela pourrait être un facteur de fragilisation du processus de stabilisation lancé en 2018. Dans le même temps, l’efficacité de ces mesures dans des contextes de guerre suscite de nombreux doutes, surtout si l’on considère la faiblesse des frontières et la fragilité de l’État.

La situation libyenne actuelle est le résultat d’un certain nombre de facteurs. L’un des principaux est la division du territoire libyen en régions et districts. Pour comprendre cette dynamique, il ne faut pas sous-estimer les événements qui ont caractérisé la diplomatie internationale entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 1951, année de l’indépendance.

Le 13 novembre 2018, la Conférence sur la Libye s’est achevée à Palerme. Avec une large représentation d’acteurs locaux et internationaux, cet événement de deux jours représente un point de départ pour une médiation en termes de construction de l’État et de gestion des crises humanitaires dans le pays. Dans le même temps, le débat a commencé sur l’équilibre des pouvoirs sur le territoire, ainsi que sur les prochaines étapes à franchir, en termes de sécurité et dans le cadre du processus électoral.

Le 25 octobre, l’Union a renouvelé son train de sanctions contre le Burundi. Ce petit pays de la région des Grands Lacs est au centre d’une période de violence et de tensions politiques depuis le printemps 2015. Le régime de Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, est la principale cible de Bruxelles, qui espère un pas en arrière de sa part. Les sanctions, approuvées en 2016, visent à attaquer la légitimité des opérations de maintien de la paix burundaises, principalement présentes en Somalie.

Le célèbre chef de guerre et homme d’affaires Jean-Pierre Bemba, déjà reconnu coupable de crimes contre l’humanité en 2016 par la Cour Pénale Internationale, a rejeté une décision de la même Cour qui l’accusait de falsification de témoignages et de corruption de témoins. En outre, Bemba n’est pas éligible aux élections présidentielles de décembre 2018.

Le président russe Vladimir Poutine a défini un cadre opérationnel à suivre pour renouveler sa politique africaine. Moscou entend ainsi reprendre une partie de l’héritage soviétique comme base d’une nouvelle relation avec le continent noir. Malgré le fait que le projet soit encore précaire, surtout si on le compare à celui de la Chine, il inquiète déjà les acteurs occidentaux. La République centrafricaine et les Grands Lacs méritent une attention particulière.

Le Comité du Prix Nobel de la Paix à Oslo a décidé de décerner le prix au chirurgien congolais Denis Mukwege, gynécologue et spécialiste de l’utilisation de la violence sexuelle et sexiste comme instrument de guerre. L’activisme du médecin de Bukavu (au Sud-Kivu) se déroule dans une région et à une période cruciale pour Kinshasa, dans le cadre de la visite de la délégation du Conseil de sécurité de l’Onu et, plus largement, de la pacification du pays.

Le 10 septembre à Khartoum, au Soudan, un accord de paix a été signé entre Salva Kiir Mayardit, président du Sud-Soudan, et son ancien député et opposant, Riek Machar, pour jeter les bases d’un règlement définitif du conflit au Sud-Soudan et former un gouvernement d’unité nationale avant 2019. Tout cela se produit dans le contexte de l’urgence humanitaire majeure qui touche le plus jeune État du monde.