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Les raisons de la colère des agriculteurs indiens

Politique
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D’une manière ambivalente, la crise au Haut-Karabakh semble relativiser la perte de vitesse de la Russie dans son étranger proche. Elle a fait preuve d’un aveu de faiblesse de par son inaction, mais aussi d’une démonstration de force avec le déploiement d’une opération de maintien de la paix et son soutien au premier ministre arménien Nikol Pachinian, pourtant largement «  lâché  » au plan national.

Au cours de la dernière semaine de septembre, le gouvernement de Modi a adopté à la hâte trois textes de loi dont le but manifeste était de «  réformer  » le système de commercialisation des produits agricoles en Inde. Dans le contexte de la consolidation massive en cours de certains groupes industriels particulièrement proches du Premier ministre, cette dernière intervention constitue un tournant décisif dans la mesure où elle reflète le double programme du gouvernement  : d’une part, d’approfondir l’entrée des entreprises agroalimentaires nationales dans le domaine de la production agricole et, d’autre part, de renforcer le contrôle du gouvernement central sur l’agriculture en Inde. Ces lois ont suscité une opposition massive parmi les agriculteurs.

Le 10 novembre 2020, l’Azerbaïdjan et l’Arménie signaient sous l’égide de la Russie un accord mettant fin aux hostilités dans le Haut (ou Nagorno) — Karabakh. Après six semaines de guerre, l’Azerbaïdjan reprenait le contrôle des sept districts peuplés d’Azéris et de Kurdes qui étaient occupés par les Arméniens depuis 1994. Elle recevait également le droit de maintenir ses forces armées dans les territoires conquis, dont le district de Chouchi qui commande le corridor étroit de Lachine entre l’Artsakh, selon l’appellation arménienne du Nagorno-Karabakh, et l’Arménie. Cette victoire nette de l’Azerbaïdjan a pu surprendre ceux qui étaient restés sur les défaites humiliantes des armées 1990 face à des troupes arméniennes incontestablement supérieures, plus motivées et mieux commandées. Elle ne doit pourtant rien au hasard.

La force privée est devenu un véritable marché. Personne ne sait combien de milliards de dollars circulent sur ce marché illégal. Depuis le début du siècle, l’activité des mercenaires a joué un rôle majeur en Afghanistan, en Irak, au Yémen, au Nigeria, en Ukraine, en Syrie et en Libye – plus récemment dans les combats du Haut-Karabakh. L’État moderne, qui, depuis 1648, se définissait par le monopole de la force, a changé sans que personne ne s’en rende compte.

C’est à travers un tweet publié le 4 novembre dernier, alors que le décompte des voix était toujours en cours, que le Guide Suprême Sayed Ali Khamenei a commenté le contexte électoral tendu aux Etats-Unis. Quelques heures auparavant, le Guide Suprême avait également déclaré lors d’un discours que les élections américaines ne pourraient affecter la politique iranienne puisque celle-ci est «  calculée et claire  ». Qu’en est-il réellement  ?

Dans la guerre au Haut-Karabakh, la liste des acteurs internationaux impliqués est longue. Mais la mention dans cette dernière d’Israël, aurait de quoi surprendre à première vue  : que vient faire l’Etat hébreu, et plus précisément ses armes, au cœur du Caucase dans un espace post-soviétique lui étant par ailleurs assez étranger  ? La proximité géographique de l’Iran y est pour beaucoup. Les intérêts économiques autant que les considérations énergétiques ne sont pas non plus à négliger, dans une coopération fructueuse depuis plusieurs décennies.