Asie Intermédiaire


Le 27 mars, l’Inde a annoncé le succès de son essai de missile antisatellite et a ainsi rejoint le cercle restreint des « superpuissances spatiales ». La volonté de New Delhi de développer sa capacité de dissuasion contre Pékin révèle la place centrale de l’espace comme champ de confrontation dans le cadre de la nouvelle lutte pour l’hégémonie en Asie.

À la tête du Kazakhstan depuis 28 ans, Noursoultan Nazarbaïev a démissionné de son poste de président le 19 mars dernier. En attendant les prochaines élections fixées à 2020, c‘est le président du sénat Kassym-Jomart Tokaïev, qui a été désigné président par intérim. Cette démission pose la question de la transition politique du Kazakhstan, considéré en Europe comme un État autoritaire : certains espoirs de voir cette ancienne république soviétique se démocratiser pourraient naître.

Alors que le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, et le Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan, avaient prévu de se rencontrer afin d’aborder la question litigieuse du Haut-Karabagh, la République d’Azerbaïdjan a lancé la tenue d’exercices militaires de grande ampleur pendant cinq jours. Cet évènement vient rajouter des incertitudes sur les relations entre les deux États toujours officiellement en guerre.

Le gouvernement tadjik s’est récemment félicité d’avoir fermé 56 mosquées décrétées illégales. Ces fermetures s’inscrivent dans une politique de prévention du terrorisme qui passe par des mesures arbitraires, et qui risque d’attiser des ressentiments parmi les plus vulnérables au fondamentalisme religieux. Plus largement, la tendance des régimes dictatoriaux d’Asie centrale à user de moyens autoritaires, voire liberticides, pour tenter d’endiguer l’extrémisme risque de se retourner contre eux. Ces manoeuvres sont également un moyen pour les régimes de se débarrasser de l’opposition.

Lors de la conférence annuelle sur la sécurité à Munich, les Européens ont adressé une fin de non-recevoir aux Américains, qui les pressaient de se retirer comme eux de l’accord nucléaire iranien. Les divergences entre Européens et Américains sur la question iranienne indiquent une relation transatlantique aujourd’hui toujours plus distendue et déstabilisée. Côté iranien, la démission inattendue puis refusée de Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères, jette le trouble sur le positionnement futur de l’Iran vis-à-vis de l’accord.

Le sommet « historique » de Charm el-Cheikh entre l’Union européenne et la Ligue arabe aurait pu marquer une tentative de redéfinition des relations de force et des valeurs de coopération entre les deux rives de la Méditerranée. Malgré de timides tentatives pour placer la question des droits de l’homme en tant que facteur de développement social et de stabilisation politique au centre du débat, le sommet a mis davantage l’accent sur les questions de sécurité. Cependant, de nombreux problèmes restent sur la table, aux côtés de formules ambiguës qui doivent organiser le suivi concret des prochaines initiatives politiques touchant les deux rives de la Méditerranée.

Depuis le 26 février 2019, jour du bombardement par l’Inde du camp d’un groupe islamiste situé sur le territoire pakistanais, la rivalité qui structure la relation entre ces deux pays depuis leur naissance – notamment autour de la question du Cachemire – connaît un pic de tension, qui présente plusieurs caractéristiques jusque-là inédites. Le risque d’escalade entre deux pays dotés de l’arme nucléaire a suscité l’inquiétude bien au-delà des deux pays.