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Au lendemain du sommet d’Addis-Abeba, une période de détente apparente entre les acteurs de la Corne de l’Afrique a été inaugurée. Dans l’esprit du traité de paix historique de septembre 2018 entre l’Ethiopie et l’Erythrée et du prix Nobel de la paix à Abiy Ahmed, un rapprochement est en cours entre la Somalie et le Somaliland (l’ancienne Somalie britannique). Ahmed et Farmajo devaient proposer une visite conjointe à Hargheisa, mais ils ont reçu le rejet du président du Somaliland, Muse Bihi. Malgré cela, la base d’une pacification semble assez solide.

Le sommet annuel des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine s’est tenu à Addis-Abeba les 9 et 10 février. Face à une excellente participation, dont celle du Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, l’événement éthiopien a été marqué par le difficile objectif « Faisons taire les armes », le principal slogan de l’Agenda 2063, voulu par le Président de la Commission africaine Moussa Faki Mahamat. Le point focal de la réunion a été fortement marqué par les conflits armés, de la Libye à la République centrafricaine, et par la cristallisation des projets de réforme que le nouveau président de l’UA, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, souhaite relancer.

2020 a commencé avec un certain nombre de nouveaux développements importants dans les relations dans l’Afrique des Grands Lacs  : les opérations militaires conjointes dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo n’étaient qu’un premier pas vers une plus grande convergence dans certains scénarios dans la région. À Luanda, en Angola, les chefs d’État de l’Angola, de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda se sont réunis pour poursuivre le dialogue et éviter de dangereuses escalades, notamment entre Kagame et Museveni. Pendant ce temps, au Burundi, le parti au pouvoir, le CNDD-FDDD, inaugure des manœuvres importantes en vue des élections présidentielles de cette année.

Au lendemain de la conférence de Berlin sur la Libye, l’embargo sur les armes et le cessez-le-feu révèlent des signes de plus en plus criants d’effondrement. La nécessité de définir une feuille de route pour une reconstruction institutionnelle complète de la Libye a fait place à des dossiers spécifiques, comme le siège de Tripoli par la GNA à Haftar, ou l’état des puits de pétrole. Dans ce contexte, la communauté africaine, face à une forte ingérence étrangère, affronte le scénario libyen avec plus d’insistance, à travers le Sommet d’Alger et celui de Brazzaville.