Afriques Subsahariennes

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L’élection présidentielle du 24 novembre en Guinée-Bissau, alors que le pays traverse une situation de crise politique profonde, sont un test nécessaire pour comprendre la résilience d’un pays de facto bloqué à partir de 2015, après la démission contestée du Premier ministre Pereira, voulue par Vaz, le premier président dans l’histoire du pays à terminer son mandat. De la guerre civile du milieu des années 1990 aux élections d’aujourd’hui : montée et crise du PAIGC.

Dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, une série d’opérations militaires conjointes des armées des pays des Grands Lacs contre les embuscades des milices liées aux FDA (Force démocratiques alliées – Allied democratic forces) a été lancée. Il s’agit d’une opération d’envergure, comme d’autres précédentes, mais c’est un premier pas pour la diplomatie de Félix Tshisekedi, après une période d’abandon des avant-postes de l’Est. Récemment, la nouvelle de la mort de 10 civils est arrivée. La population civile réclame un engagement accru, mais les tensions entre le Rwanda et l’Ouganda pourraient limiter le spectre d’action.

Les 23 et 24 octobre, a eu lieu le sommet Russie-Afrique, rendez-vous fondamental pour la diplomatie moscovite, qui voit depuis des années le continent noir comme un potentiel scénario d’expansion. Outre les limites claires d’un pays qui a toujours eu du mal à ignorer le continent, il y a la ferme volonté de définir des scénarios distincts au niveau de la coopération et de l’énergie, les deux fondations sur lesquelles Poutine veut agir. Quelles sont les perspectives pour la « PoutineAfrique » ?

Pour le Burkina Faso le 15 octobre est une date spéciale. Cela correspond à l’anniversaire du coup d’État contre le président Thomas Sankara, tué le 15 octobre 1987. Le « Che Guevara africain », l’un des hommes politiques africains les plus aimés et les plus discutés du siècle dernier, a été le point de référence pour l’émancipation de son pays et de l’ensemble du continent en termes de dette souveraine et de lutte contre le néocolonialisme. Après 32 ans, cependant, la présidence de Kaboré témoigne d’une souveraineté de plus en plus fragile, en proie à des tensions constantes dues aux foyers du terrorisme islamiste dans le nord.

Le 15 octobre, des élections générales sont prévues pour l’élection du Parlement et du président du Mozambique. Le tour crucial des élections, qui fait suite à la signature historique du traité de paix en février dernier, est marqué par la présence d’un front majoritaire uni au sein du FRELIMO (parti historique au pouvoir) et une opposition très fragmentée dont au moins trois acteurs distincts (avec le pôle principal RENAMO). L’épreuve de ces élections est toutefois marquée par l’augmentation nette de la violence politique.

Le 12 septembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a redéfini le régime de sanctions contre la République centrafricaine. Le point principal concerne l’assouplissement du régime d’embargo sur les armes. La République centrafricaine est au coeur d’une reconstruction lente et difficile après l’accord de paix signé en février 2019. Dans ce contexte, Bangui reste un dossier central pour les craintes occidentales face à la montée de la Russie dans la course régionale aux armements.

L’armée nigériane a nommé major le général Adeniyi à la tête de l’opération Lafiya Dole (l’opération contre Boko Haram). Il est le sixième commandant en deux ans. L’ISWAP, la faction de l’État islamique en Afrique de l’Ouest, a remplacé son gouverneur Abu Musab al-Barnawi par Abu Abdullah Ibn Umar al-Barnawi (aucun lien familial). Des changements qui ont lieu dans un contexte d’évolution profonde au sein d’ISWAP. Contraires à sa stratégie habituelle, ses récentes attaques pourraient lui coûter le soutien de la population locale, à un moment où le groupe commençait à affecter le gouvernement nigérian autant sur le plan militaire que politique.

Un accord de paix historique a été signé au Mozambique le 1er août. Les signataires, Filipe Nyusi, président du Mozambique, et Ossufo Momade, chef du mouvement d’opposition RENAMO, ont ainsi tracé la feuille de route en vue des prochaines élections générales. L’accord porte notamment sur la réintégration sociale et syndicale des militants après les crises de 2013, mais peut-on le comparer aux accords de Rome de 1992 ?