Asie Orientale


Alors que les prétentions de Pékin en Mer de Chine contribuent à un regain de tensions dans l’espace indopacifique, les marines militaires française et indienne ont pris part du 7 au 10 mai à l’exercice bilatéral Varuna, via la mobilisation d’une douzaine de bâtiments parmi lesquels figuraient, chose rare, deux porte-avions, le Charles de Gaulle et l’INS Vikramaditya. C’est la première fois depuis sa création en 1983 que l’exercice rassemble autant de forces.

La tournée asiatique du ministre des affaires étrangères iranien Mohammed Javad Zarif afin de rencontrer les dirigeants indien, japonais et chinois révèle une nouvelle option stratégique iranienne qui, face à l’inaction européenne dans la crise actuelle, repose sur les partenaires asiatiques et les nouvelles puissances pour garantir la survie économique de l’Iran. Si l’Inde et le Japon se sont montrés prudents, la Chine a recommencé à importer du pétrole iranien, en dépit de l’embargo américain.

Depuis quelques années, les autorités chinoises ont marqué une tendance de l’ouverture de la justice au droit international, domaine dans lequel la Chine était plutôt vue comme un mauvais élève. Mais il est impossible de comprendre et de mesurer ce geste d’ouverture sans le replacer dans la diplomatie active que Xi Jinping mène dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie. Plongée dans une dimension méconnue de la stratégie globale de Beijing.

La récente visite de Xi Jinping en Italie a débouché sur la signature de l’Italie d’un accord marquant son adhésion à l’Initiative de la Ceinture et de la Route (BRI). Cet événement diplomatique majeur a également été l’occasion de signer un accord directement avec le port de Trieste, ce qui donne à réfléchir sur une stratégie chinoise d’acquisition de ports méditerranéens de plus en plus agressive.

Alors que la France devait être l’un des participants les plus remarqués de la revue navale chinoise du 23 avril organisée à l’occasion du 70ème anniversaire de la Marine de l’Armée Populaire de Libération, les autorités chinoises ont déclaré la Marine française persona non grata à la suite du passage de la frégate de surveillance Vendémiaire par le détroit de Taïwan. Cet incident illustre la radicalisation croissante de la position chinoise vis-à-vis de Taïwan, toujours considéré comme une province rebelle par Pékin et l’intelligentsia continentale.

Le deuxième Belt and Road Forum for International Cooperation, s’est tenu du 25 au 27 avril 2019 à Beijing. Sebastian Kurz, Viktor Orban, Alexis Tsipras, Giuseppe Conte étaient présents, la France (Affaires étrangères), l’Allemagne (Économie) et l’Espagne (Affaires étrangères), ont envoyé leurs ministres de ressort. Notre carte de la semaine donne un aperçu des pays qui ont participé au sommet.

Xi Jinping a ouvert – puis refermé – le second Belt and Road Forum for International Cooperation, qui s’est tenu du 25 au 27 avril 2019 à Pékin. L’occasion de renouveler la promotion d’un nouveau modèle de gouvernance, mais qui fut néanmoins sensiblement plus timoré que l’édition précédente. Face aux critiques de la BRI, de nouveaux éléments ont été mis en avant dans le discours.

Le 2 mai Donald Trump a annoncé une augmentation de 10% à 25% des taxes sur plus de 200 milliards de biens chinois. Ces nouveaux tarifs devraient être mis en œuvre à partir du 10 mai. La Maison Blanche entend ainsi affronter « la lenteur » des négociations commencées mardi dernier à Beijing entre les États-Unis et la Chine. Pourtant, l’interdépendance trentenaire entre les deux pays est déjà un facteur de risque pour l’économie mondiale depuis des années. La montée des tensions entre les deux géants pourrait provoquer une crise globale sans précédent mais aussi amorcer une progressive désintermédiation.

Les élections simultanées qui se sont tenues le 17 avril en Indonésie avaient pour enjeu crucial la réélection du président sortant Joko Widodo, démocrate néolibéral, ou bien l’accession au pouvoir de Prabowo Subianto, l’ancien commandant des Forces spéciales. En attente des résultats officiels, ‘Jokowi’, comme le président sortant est connu, paraît être en avantage. Dans ce contexte, les accords commerciaux engagés avec l’Union européenne devraient se poursuivre, mais des oppositions importantes demeurent surtout sur la question controversée de l’huile de palme.