Asie Orientale

Long form

Depuis quelques années, les autorités chinoises ont marqué une tendance de l’ouverture de la justice au droit international, domaine dans lequel la Chine était plutôt vue comme un mauvais élève. Mais il est impossible de comprendre et de mesurer ce geste d’ouverture sans le replacer dans la diplomatie active que Xi Jinping mène dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie. Plongée dans une dimension méconnue de la stratégie globale de Beijing.

Le 2 mai Donald Trump a annoncé une augmentation de 10% à 25% des taxes sur plus de 200 milliards de biens chinois. La Maison Blanche entend ainsi affronter « la lenteur » des négociations entre les États-Unis et la Chine. Pourtant, l’interdépendance trentenaire entre les deux pays est déjà un facteur de risque pour l’économie mondiale depuis des années. La montée des tensions entre les deux géants pourrait provoquer une crise globale sans précédent mais aussi amorcer une progressive désintermédiation.

La réponse européenne a longtemps tardé en raison des inquiétudes que suscite l’initiative chinoise. Cependant, alors que certaines puissances telles que les États-Unis tentent de s’opposer frontalement au projet chinois, l’Union européenne a choisi de développer un plan de connectivité qui pourrait être complémentaire à l’Initiative.

Un dossier synthéthique et quelques cartes pour saisir les limites l’un des dossiers les plus complexes de la géopolitique européenne.

Nous avons rencontré Thierry de Longuemar, vice-président de l’AIIB (Asian Infrastructure Investment Bank), la banque multilatérale lancée par la Chine en 2013. À l’heure où l’hégémonie américaine est remise en cause, cette banque venue de Chine pourra-t-elle constituer une alternative à la Banque mondiale et devenir l’instrument d’un nouvel ordre mondial aux accents chinois ?