Asie Orientale

Long format

Lors d’un sommet historique sur la Birmanie samedi 24 avril à Jakarta (Indonésie), les dirigeants de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN), traditionnellement attachés au principe de non-ingérence, se sont entendus sur un plan visant à mettre fin au cycle infernal des manifestations-répressions, dans lequel s’est engagée la Birmanie depuis le coup d’État militaire du 1er février dernier. Si le consensus et le dialogue diplomatique sont les maîtres-mots à Jakarta, la terreur politico-militaire instaurée par le nouveau régime à Yangon bâillonne toute opposition à l’intérieur des frontières et réprime violemment toute contestation.

La situation au Myanmar plonge New Delhi dans l’embarras. Car, si le ministère des Affaires étrangères a bien exprimé sa profonde inquiétude et le souhait de voir la démocratie restaurée, les autorités du pays sont traditionnellement opposées aux sanctions internationales et réticentes à prendre position sur des événements intérieurs dans un pays tiers, notamment lorsque cela a trait aux droits de l’homme avec la question du Cachemire en filigrane. Comment les autorités indiennes s’accommoderont-elles d’une situation toujours plus instable chez leur voisin oriental  ?

Alors que les Nouvelles routes de la soie sont souvent présentées comme une projection de la volonté expansionniste de la Chine, le juriste chinois Li Bin, professeur de droit à l’Université normale de Pékin, y voit plutôt un nouveau modèle de gouvernance multiacteurs. Dans cette perspective décentrée, il tente d’exposer une autre vision, explicitement chinoise, inspirée du droit comparé et des analyses de Negri et Hardt sur la mondialisation, dans laquelle s’inscrirait l’initiative des Nouvelles routes de la soie. Il faut la lire pour comprendre sur quels ressorts intellectuels est fondée la tentative de redéfinition du droit international par la Chine.

A l’heure où le marché européen du carbone commence à produire des résultats, la Chine lance son propre marché carbone unifié. Bien que très peu contraignant pour l’instant, notamment par l’absence de plafond sur les émissions, le marché chinois du carbone marque un premier pas dans la stratégie climatique chinoise qui vise la neutralité carbone en 2060. La mise en place de ce marché, qui tient en partie de la diplomatie climatique de l’Union européenne, permettra-t-elle une inflexion de leurs émissions dès 2030, comme le souhaite le gouvernement chinois  ?

La (dé)militarisation, le désarmement, le contrôle des armes et des différents instruments de violence, sont des enjeux à la fois sociaux et économiques centraux, face aux événements qui secouent le Myanmar. Selon Francesco Buscemi, ces questions sont centrales  : elles nous donnent les clés de lecture permettant d’interpréter le soi-disant coup d’État et la déclaration (inconstitutionnelle) d’état d’urgence, et représentent des potentiels terrains socio-économiques qui nous permettent de repenser les relations entre les sociétés et les institutions (étatiques et non étatiques) sur des bases transethniques et intersectionnelles.

Lundi 1er février, l’armée a pris le pouvoir en Birmanie et déclaré l’état d’urgence pour un an. Ce coup d’État est-il appelé à se transformer en prise de pouvoir permanente, marquant ainsi la fin de la transition démocratique entamée dans ce pays depuis plus de dix ans  ? Deux clés d’analyse peuvent permettre d’apporter des éléments de réponse  : l’étude des forces politiques en présence au sein d’un pays qui hérite, par son histoire, d’un régime politique singulier, et celle des enjeux géopolitiques liés à la résolution de cette crise.

Il y a 180 ans, Hong Kong était proclamé territoire souverain du Royaume-Uni. Le territoire de Hong Kong est aujourd’hui devenu l’un des sujets majeurs de politique intérieure pour le régime chinois.