Asie Orientale

Long format

On voit beaucoup apparaître la Chine dans les actualités qui marquent ces semaines de quarantaine sans précédent. Si, dès le départ, les informations sur le pays du Dragon ont surtout porté sur l’extension de la contagion de Covid-19 et les mesures mises en place pour y faire face, le changement d’orientation sur l’urgence intérieure a également conduit à une nouvelle figure de la Chine, qui la présente comme l’interlocuteur privilégié du monde entier, en vertu de sa volonté manifeste d’aider les autres pays sur la base de sa propre expérience. Si l’on essaie de faire abstraction des épisodes individuels pour relier les points de la mosaïque mondiale, il est difficile d’échapper à l’impression que les autorités chinoises exploitent l’urgence pour une opération de soft power sans précédent.

La Chine est devenu l’un des plus grands consommateurs d’énergie fossile dans le monde, et le plus gros émetteur de CO2 au niveau mondial. Dans ce contexte, le pays a entrepris plusieurs réformes dans les domaines énergétiques et environnementaux. Aujourd’hui, si la Chine se positionne comme un acteur ambitieux et volontariste, son bilan reste néanmoins à nuancer, à l’aune de sa stratégie industrielle extérieure et d’un attachement irréductible à la croissance économique.

En dépit des déclarations lénifiantes de Narendra Modi sur la nécessité de la coopération internationale pour lutter contre le Covid-19, les tensions de l’Inde avec le voisin chinois sont au rendez-vous. L’opinion publique indienne est en proie à la crainte d’un «  péril jaune  ». Cette situation a des racines profondes dans l’histoire et la géopolitique.

L'indice de performance environnementale, 2019

L’Asie du Sud-Est connaît l’un des développements les plus dynamiques du monde, tout en étant l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique. C’est dans le contexte de cette double pression que la Commission européenne et l’ASEAN ont organisé à Bruxelles la seconde édition du Dialogue intitulé Sustainable Development  : Towards Achieving the Sustainable Development Goals.

La diplomatie tonitruante de Pékin en matière d’«  assistance  » aux pays touchés par le Covid-19 est une application claire du stratagème «  faire du bruit à l’est et frapper à l’ouest  ». En ce sens, Taïwan, gros caillou dans la chaussure de la politique étrangère de Pékin, pourrait faire l’objet d’une affirmation militaire de la RPC, qui pourrait ainsi se débarrasser de l’un des «  cinq poisons  » (Taïwan, les Ouïghours, les Tibétains, le Falungong et les militants pro-démocratie) définis par le régime communiste. Face au Léviathan chinois, et dans le contexte de la lutte au coronavirus, la vigueur avec laquelle Taïwan défend son modèle politique intéresse et interroge le reste du monde.

Point de départ de cette crise sanitaire devenue mondiale, la Chine semble à présent en voie de rémission avec une réduction quotidienne du nombre de contaminations. Pour atteindre ce stade, c’est tout l’arsenal politique, économique et sanitaire qui a été mobilisé. Consciente de sa capacité de gestion de crise et de ses multiples atouts politiques et économiques, la Chine s’emploie désormais à venir en aide au reste du monde, notamment à l’Europe. Mais avec cette «  politique de générosité  » la Chine révèle une stratégie minutieuse et bouleverse l’échiquier politique mondial.

L’influence chinoise sur l’Organisation mondiale de la santé ne date pas du Covid-19. Comme le montre Alice Ekman, l’OMS avait, dès 2017, complètement intégré les éléments de langage du pouvoir chinois. Par la voix de son directeur général, le docteur Tedros, l’Organisation se rangeait aux côtés de Pékin dans la promotion d’une «  route de la soie sanitaire  ».