Asie septentrionale

L’impossible mission impériale de Poutine

Guerre
Long format

L’embargo européen sur les importations de pétrole ainsi que le plafonnement inédit du prix du baril de pétrole russe à 60$ décidé samedi par les pays européens, du G7 et par l’Australie entrent en application aujourd’hui. Si ces mesures visent à faire baisser les revenus du Kremlin liés à la vente de pétrole afin de nuire à l’effort de guerre russe, leur efficacité est à ce stade incertaine.

On estime que, d’ici la fin de l’année, environ un million de Russes pourraient quitter le pays pour s’installer à l’étranger. Ce choix, largement motivé par des raisons économiques ou pour échapper à la mobilisation, touche principalement les jeunes hommes âgés de 20 à 35 ans. Cette émigration massive ainsi que les conséquences mêmes de la guerre impactent durement l’économie des pays du Caucase et d’Asie centrale.

Alors que l’embargo européen sur le pétrole russe prendra effet le 5 décembre, suivi d’un embargo sur tous les produits pétroliers le 5 février, la Russie a déjà perdu la quasi-totalité de ses marchés européens depuis le début de la guerre. Pour compenser elle se tourne vers les pays asiatiques pour qui les embargos occidentaux constituent une opportunité d’acheter du pétrole à bas coût.

Hier, le ministre des Affaires étrangères indien, Subrahmanyam Jaishankar, est arrivé à Moscou pour une visite de deux jours au cours de laquelle il a rencontré son homologue russe, Sergueï Lavrov — pour la quatrième fois depuis le début de la guerre en Ukraine. L’Inde est un partenaire privilégié de la Russie qui manœuvre prudemment pour conserver ses relations avec Moscou, tout en évitant de se mettre les Occidentaux à dos.

Doctrines de la Chine de Xi | Épisode 11

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a agité les milieux intellectuels chinois. Dans ce texte, l’historienne Jin Yan exprime une position plutôt favorable à Moscou mais qui dessine en filigrane un avertissement pour les Chinois  : la Russie a l’ambition de « redorer » son empire — c’est un mauvais choix stratégique au niveau mondial, qui crée une situation potentiellement plus dangereuse que la guerre froide.

La guerre conduite par la Russie contre l’Ukraine a un impact considérable sur l’économie mondiale, et particulièrement sur les pays occidentaux. Selon les dernières prévisions du FMI, les économies développées devraient connaître une croissance de seulement 1,1  % en moyenne en 2023. Cependant, la guerre affecte avant tout l’agresseur, dont le PIB devrait se contracter de 3,4 points cette année.