Asie septentrionale

La guerre mondiale de Poutine

Politique

Le chiffre de 260 000 citoyens russes ayant quitté le pays depuis l’annonce d’une mobilisation partielle pourrait être sous-estimé

Guerre
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On avait connu Daesh et le djihad par l’épée. Kirill, patriarche de Moscou, veut aujourd’hui faire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine une guerre sainte — en présentant la mort de l’envahisseur en terres ennemies comme un sacrifice chrétien.

Vladimir Poutine vient d’annoncer ce matin, à l’occasion d’une allocution diffusée à la télévision, une mobilisation partielle des citoyens russes engagés dans la réserve de l’armée ayant une «  expérience pertinente  ». Selon le ministre de la Défense, cela concernerait 300 000 citoyens russes. Au-delà des effets d’annonce, qu’est-ce que cette mobilisation pourrait changer sur le terrain  ?

Hier, des députés municipaux de 18 districts de villes russes ont signé une déclaration publique exigeant la démission de Vladimir Poutine. Mettant en avant le fait que le président n’est «  pas un monarque, mais un ouvrier salarié, reçoit un salaire de nos impôts  », cette initiative fait suite à la contre-offensive ukrainienne massive initiée la semaine dernière.

Aujourd’hui, Vladimir Poutine a prononcé un important discours à Vladivostok au cours duquel il a nié que la Russie utilisait l’énergie comme une arme, avant d’avertir qu’il mettrait fin aux approvisionnements en pétrole et en gaz si un plafonnement des prix était imposé. Cette prise de parole intervient deux jours avant l’important Sommet extraordinaire des ministres européens de l’Énergie.

Aujourd’hui s’ouvre à Vladivostok, près des frontières chinoise et coréenne, la septième édition du Forum économique oriental qui s’étalera sur quatre jours. L’objectif de celui-ci est d’encourager les investissements dans l’extrême-orient russe ainsi que l’établissement de liens commerciaux entre la Russie et les pays de la région Asie-Pacifique.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Turquie occupe une position d’équilibriste, alternant entre des discussions avec ses alliés occidentaux et la Russie de Poutine. Si Erdoğan joue sur les deux fronts, l’augmentation nette des échanges entre Ankara et Moscou indique toutefois que le conflit russo-ukrainien peut également être synonyme de profits pour la diplomatie turque.