Asie septentrionale

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Un village sans ciel, une guerre silencieuse, des hommes bi-dimensionnels. Dans une parabole aussi captivante que glaçante écrite en 2014, l’idéologue de Poutine Vladislav Sourkov se faisait étrangement prophétique sur le monde qui s’est ouvert avec l’invasion de l’Ukraine. Un commentaire de Giuliano da Empoli, auteur du roman Le Mage du Kremlin à paraître le 14 avril chez Gallimard.

L’invasion de l’Ukraine a changé le rôle des sanctions  : d’instrument dissuasif, elles sont devenues monnaie d’échange. Mais si la Russie, touchée dans tous les secteurs de son économie, parvenait malgré tout à se stabiliser dans un régime sous-optimal, il pourrait devenir difficile de sortir d’une situation de blocage. Les sanctions ouvrent un pouvoir de négociation immense – le plus difficile reste de savoir l’utiliser.

S’il est encore difficile de prévoir ce qu’il en sera de l’Ukraine dans quelques semaines, un autre État a quant à lui déjà totalement perdu sa souveraineté  : la Biélorussie. Point aveugle de cette crise alors qu’elle est au cœur de la stratégie russe, la vassalisation de Minsk est surtout une menace grave pour la sécurité européenne. Elle mérite d’être étudiée de près.

Le président biélorusse rencontre son homologue russe, alors que les deux pays organisent des manœuvres militaires conjointes depuis le 10 février, suscitant la crainte d’une future invasion de l’Ukraine.

Déploiement militaire, cyber-attaques. Ce début d’année 2022 est marquée par une démonstration de force de la Russie face à laquelle nous ne savons pas bien comment réagir. Pour interpréter ces manœuvres, il faut peut-être se replonger dans le temps long de la diplomatie russe, aux racines tsaristes et soviétiques, où se forge un concept  : la continuité entre la force et la diplomatie.