Asie septentrionale


Depuis 2014 et le début de la guerre contre la Russie, l’Ukraine est la cible de multiples cyber-attaques. Celles-ci se multiplient à l’approche de l’élection présidentielle qui aura lieu en mars prochain. Les puissances publiques, entreprises et experts du monde entier scrutent le cyberespace ukrainien afin d’en connaître davantage sur les dernières technologies déployées, se prémunir de la propagation de logiciels malveillants et tester des logiciels de défense contre des cyberattaques russes en vue des élections européennes de mai prochain. L’Ukraine s’est ainsi transformée en « banc d’essai » dans le domaine de la cyberguerre.

Le Venezuela de Maduro est sans doute l’allié le plus éloigné géographiquement de la Russie et n’est même pas l’un des plus importants en termes économiques et stratégiques. Ces raisons excluent l’intervention militaire officielle à l’appui du régime bolivarien. Toutefois, le rapport tient pour des raisons tactiques : la Russie doit maintenir une base en Amérique latine dans une perspective anti-américaine et rester fidèle à son idéologie contre-révolutionnaire. L’évolution rapide de la situation régionale, à commencer par l’ascension de Bolsonaro au Brésil, nous plonge dans l’inconnu.

Au vu de l’amitié de longue date qui lie les deux pays, l’accueil grandiose réservé par Belgrade au président russe Poutine lors de sa visite du 17 janvier n’a rien de surprenant. La Russie veut porter à l’ONU les négociations entre la Serbie et le Kosovo pour pouvoir exercer une influence directe dans ce dossier. Cependant, l’initiative russe doit prendre en compte la réalité toujours plus pressante de l’adhésion prochaine de Belgrade à l’Union européenne, ainsi que le mécontentement croissant auquel fait face le gouvernement en poste.

Parmi les questions qui se posent autour du mouvement protestataire des gilets jaunes, l’une concerne ses probables liens extérieurs : les scènes de chaos parisiennes seraient-elles orchestrées depuis Moscou ? En l’absence de preuves, la réponse est loin d’être facile à donner et doit tenir compte des positions prises par la Russie ces dernières années vis-à-vis des protestations populaires aux quatre coins du monde.

Selon une enquête de l’Institut Levada, 66 % des Russes souhaiteraient revenir à l’ancien régime soviétique. Les raisons de ce regret seraient plus ou moins les mêmes que les années précédentes (disparition du système économique et social, fin du bipolarisme mondial avec Moscou comme protagoniste, entropie sociale et liens affectifs avec l’ancien régime), mais aujourd’hui, la désillusion s’est encore accrue en raison de la douloureuse réforme des pensions. La « nostalgie » des plus jeunes est encore un fait à interpréter.