Malgré le blocage persistant du détroit d’Ormuz et la forte hausse des cours du baril de pétrole provoquée par la guerre contre l’Iran, la Russie de Vladimir Poutine peine à augmenter de manière significative ses recettes provenant de l’exportation de produits fossiles sur le long terme.
- C’est ce que montrent les chiffres du Center for Research on Energy and Clean Air (CREA), qui collecte ces données quotidiennement depuis 2022 1.
Depuis le 28 février, la Russie a non seulement bénéficié d’une hausse du baril de pétrole Ural, qui est passé d’environ 60 dollars fin février à plus de 100 dollars en avril, mais aussi de la dérogation des États-Unis lui permettant de vendre son pétrole déjà en mer.
- Ainsi, la Russie avait réussi à augmenter ses exportations de pétrole et de produits pétroliers de 850 000 tonnes en février, avant la guerre, pour atteindre presque 1 million de tonnes en mars.
- Mais en avril, ces volumes ont constamment diminué pour atteindre 750 000 tonnes en fin de mois, soit 100 000 tonnes de moins qu’avant la guerre contre l’Iran.
C’est notamment l’effet de la campagne très efficace de destruction des terminaux de chargement pétrolier russes menée par l’Ukraine ces dernières semaines, visant les infrastructures d’exportation russes situées sur les côtes de la mer Baltique et de la mer Noire.
- En avril, au moins 21 frappes ukrainiennes ont visé des raffineries, des installations en mer (notamment des terminaux d’exportation) et des infrastructures d’oléoducs.
- La forte hausse des prix du pétrole et des produits pétroliers a toutefois permis à la Russie d’augmenter ses recettes provenant de ces exportations, passant de 340 millions d’euros par jour en moyenne en février à 430 millions d’euros fin avril.
- Mais ces rentrées ont également sensiblement baissé en avril, depuis les sommets atteints en mars.
Sources
- Payments to Russia for fossil fuels since 24 February 2022, Russia Fossil Tracker, CREA.