Du 22 au 31 mai 2026, les Français résidant hors de France éliront 433 conseillers des Français de l’étranger et 77 délégués consulaires 1

  • Élus pour un mandat de six ans, ils représentent la diaspora française au sein des consulats et participent à l’élection des douze sénateurs des Français de l’étranger. 
  • Les délégués consulaires complètent le corps électoral pour les élections sénatoriales, sans pour autant exercer de fonctions politiques.

Peu médiatisées, ces élections constituent l’équivalent des élections municipales hors du territoire français. Environ 1,7 million d’électeurs inscrits sur les listes électorales consulaires sont concernés. Si cet électorat se mobilise peu, il pourrait toutefois jouer un rôle clef dans des scrutins serrés en 2027, un phénomène déjà observé lors d’élections cruciales en Roumanie, au Portugal ou en Moldavie.

  • Comme lors des élections municipales, la plupart des « petites » circonscriptions comptent une part importante de candidatures indépendantes. 
  • Dans celles de plus grande taille, les listes en présence reflètent les clivages politiques nationaux. Les Républicains, le Rassemblement national, les Écologistes et différentes listes d’Union de la gauche se présentent ainsi aux suffrages des électrices et électeurs dans la plupart des États où la diaspora française est fortement implantée. L’Alliance solidaire des Français de l’étranger (ASFE), parti centriste qui représente spécifiquement la diaspora française, joue également un rôle de premier plan dans ces scrutins.

Un développement notable concerne les deux circonscriptions couvrant la Suisse et le Liechtenstein : les consulats de Genève (21 élus) et de Zurich (7 élus). 

  • S’y présente en effet une liste de la « Droite unie » qui se réclame du soutien de six formations allant de la droite conservatrice à l’extrême droite. Derrière Philippe Tissot, ancien candidat de Reconquête ! aux élections législatives de 2024, ces deux listes bénéficient du soutien officiel de Debout la France (souverainiste), de VIA (ex-Parti chrétien démocrate, conservatisme chrétien), du Centre national des indépendants et paysans (droite agrarienne) et du petit parti Renouveau patriote de Marc Guyon (droite nationaliste). Elles comptent également parmi leurs soutiens la formation Oser la France, dirigée par Julien Aubert, vice-président des Républicains et longtemps considéré comme l’un des plus proches alliés d’Éric Ciotti au sein du parti.
  • Les listes « Droite unie » indiquent également sur leur site de campagne 2 que leurs candidats représentent « toutes les sensibilités de droite », citant explicitement le Rassemblement national, Les Patriotes de Florian Philippot, l’Union populaire républicaine de François Asselineau, ainsi que le mouvement Nouvelle Énergie de David Lisnard. 
  • Le degré d’implication de ces formations est cependant peu clair, aucun soutien officiel n’ayant été exprimé. 
  • Nouvelle Énergie s’associe d’ailleurs officiellement à la liste des Républicains dans la circonscription zurichoise, tandis que le Rassemblement national ne présente aucune liste dans ces deux circonscriptions. L’ancienne candidate FN aux législatives de 2012, Christiane Floquet, figure sur la liste genevoise. 

Lors des élections présidentielles de 2022, Emmanuel Macron s’était largement imposé avec 44 % et 53 % des voix dès le premier tour dans les deux villes suisses. Marine Le Pen n’y avait obtenu que 8 % et 4 % des voix, devancée par Éric Zemmour qui avait respectivement recueilli 9 % et 7 % des suffrages exprimés. Les candidats situés à droite d’Emmanuel Macron représentaient alors environ 20 % de l’électorat. 

  • L’alliance d’Oser la France avec Reconquête, DLF, VIA et le CNIP lors de ce scrutin pourrait toutefois indiquer un nouvel effritement du barrage partisan entre la droite et l’extrême droite. Les conséquences de cet accord peu médiatisé au sein des Républicains restent à mesurer. Il convient cependant de noter que le contexte suisse peut rendre un tel attelage plus naturel : les partis dits « bourgeois » 3 y nouent en effet couramment des apparentements lors des scrutins cantonaux et fédéraux, comme entre le PLR et l’UDC à l’approche du scrutin fédéral de 2023 4
  • Par ailleurs, la confusion savamment entretenue par la liste de Philippe Tissot entre soutien formel et simple « représentation » d’autres formations politiques contribue à entretenir le flou. 
  • La faible médiatisation et la distance avec Paris aidant, cette alliance inédite témoigne également de la porosité entre les bases des différentes écuries de la nouvelle droite française.

Le Grand Continent rendra compte des résultats de ces élections – les dernières prévues avant la présidentielle de 2027 – dès leur publication.