Guerre

Guerre sans frontières, une conversation avec Louis Gautier

Monde
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Comment la Pologne voit-elle le monde  ? Dans cette perspective informée, Maciej Bukowski revient sur les raisons, essentiellement endogènes, qui ont poussé la Pologne à redécouvrir une realpolitik fondée sur un mythe fondateur crucial  : le nœud stratégique de l’isthme mer Baltique-mer Noire. Une position qu’il faut prendre en compte dans la géopolitique interne de l’Union.

Après les élections régionales du 14 mars, les dynamiques électorales allemandes s’orientent de plus en plus une coalition verte. S’ils entrent au gouvernement, les Verts auront à approuver une dépense de plusieurs milliards d’euros d’ici 2025 pour faire avancer l’ambitieux programme franco-allemand SCAF – ou voter son abandon.

Entretien Florian Louis Thomas Gomart

À l’occasion de la sortie de son dernier livre, Thomas Gomart s’est entretenu avec Florian Louis.

«  J’ai conçu Guerres invisibles comme une sorte de réponse à La guerre hors limite dans laquelle je voulais montrer que si les militaires n’ont plus le monopole de la guerre, cela ne signifie nullement qu’ils perdent leur raison d’être.  »

La (dé)militarisation, le désarmement, le contrôle des armes et des différents instruments de violence, sont des enjeux à la fois sociaux et économiques centraux, face aux événements qui secouent le Myanmar. Selon Francesco Buscemi, ces questions sont centrales  : elles nous donnent les clés de lecture permettant d’interpréter le soi-disant coup d’État et la déclaration (inconstitutionnelle) d’état d’urgence, et représentent des potentiels terrains socio-économiques qui nous permettent de repenser les relations entre les sociétés et les institutions (étatiques et non étatiques) sur des bases transethniques et intersectionnelles.

D’une manière ambivalente, la crise au Haut-Karabakh semble relativiser la perte de vitesse de la Russie dans son étranger proche. Elle a fait preuve d’un aveu de faiblesse de par son inaction, mais aussi d’une démonstration de force avec le déploiement d’une opération de maintien de la paix et son soutien au premier ministre arménien Nikol Pachinian, pourtant largement «  lâché  » au plan national.

Dans la confrontation qui émerge entre l’aigle et le dragon, en quoi démocratie et autoritarisme peuvent-elles jouer un rôle  ? Peut-être peut-on trouver des éléments de réponse dans l’histoire comparée, propose Matthew Kroenig dans son essai The Return of Great Power Rivalry.

Le 10 novembre 2020, l’Azerbaïdjan et l’Arménie signaient sous l’égide de la Russie un accord mettant fin aux hostilités dans le Haut (ou Nagorno) — Karabakh. Après six semaines de guerre, l’Azerbaïdjan reprenait le contrôle des sept districts peuplés d’Azéris et de Kurdes qui étaient occupés par les Arméniens depuis 1994. Elle recevait également le droit de maintenir ses forces armées dans les territoires conquis, dont le district de Chouchi qui commande le corridor étroit de Lachine entre l’Artsakh, selon l’appellation arménienne du Nagorno-Karabakh, et l’Arménie. Cette victoire nette de l’Azerbaïdjan a pu surprendre ceux qui étaient restés sur les défaites humiliantes des armées 1990 face à des troupes arméniennes incontestablement supérieures, plus motivées et mieux commandées. Elle ne doit pourtant rien au hasard.