Guerre

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Un village sans ciel, une guerre silencieuse, des hommes bi-dimensionnels. Dans une parabole aussi captivante que glaçante écrite en 2014, l’idéologue de Poutine Vladislav Sourkov se faisait étrangement prophétique sur le monde qui s’est ouvert avec l’invasion de l’Ukraine. Un commentaire de Giuliano da Empoli, auteur du roman Le Mage du Kremlin à paraître le 14 avril chez Gallimard.

Pour l’historien Georges-Henri Soutou, la séquence ouverte par l’invasion de l’Ukraine par la Russie ne nous entraîne pas dans une nouvelle guerre froide. En revanche, elle entérine le retour d’une géopolitique brutale entre l’Est et l’Ouest, dans laquelle l’Europe devra à tout prix maintenir son autonomie d’observation et d’interprétation.

L’invasion de l’Ukraine nous a fait basculer dans un nouveau rapport au temps. D’une part le temps court, où des centaines de vies sont brisées  ; de l’autre, le temps long qui verra l’effondrement du régime de Poutine. Entre les deux – il faut tenir.
En peu de mots, le poète et traducteur André Markowicz dit cette tension qui définit aujourd’hui notre horizon.

Les Conventions de Genève, normes les plus importantes jamais formulées pour encadrer les conflits armés, sont au centre de l’attention mondiale depuis le début de l’invasion russe en Ukraine. En quoi consistent ces lois de la guerre et pourquoi leur histoire est-elle importante aujourd’hui  ? 

Plus l’intensité des combats s’accentue, plus il est difficile d’appliquer des facteurs de probabilité sur l’issue de la guerre en Ukraine. Si celle-ci est impossible à prédire, plusieurs hypothèses déclencheraient des scénarios différents – vers l’accalmie, ou l’escalade.