Guerre


La Turquie semble être sur le point de recevoir le premier d’une série de systèmes de missiles antiaériens russes, nommées S-400, d’ici le mois de juin. De plus, le Président Erdoğan a annoncé le 18 mai, que la Turquie et la Russie produiront ensemble le S-500, actuellement en cours de développement en Russie. En contrepartie, les Etats-Unis, inquiets de la possibilité d’un rapprochement renforcé entre Ankara et Moscou, menacent de sanctionner la Turquie et de les expulser du projet F-35. En effet, le temps presse pour les américains s’ils souhaitent empêcher l’accord turco-tusse conclue en 2017, puisqu’ils feront face à un fait accompli lorsque le premier S-400 arrivera en Turquie.

Tandis que la question chypriote continue d’empoisonner une part conséquente des échanges entre l’Union européenne et la Turquie, l’expansionnisme d’Ankara, le prolongement des crises propres au Levant et la découverte de nouveaux champs gaziers en Méditerranée orientale pose la question d’une éventuelle évolution de la présence française dans la région. Celle-ci doit répondre à des enjeux protéiformes, de la lutte inachevée contre Daech à la sauvegarde des intérêts économiques français, en passant par la sauvegarde de l’influence française dans un espace soumis à des tensions croissantes.

Le gouvernement italien a publié son rapport annuel sur l’état des exportations d’armes pour l’année 2018, conformément à la loi 185/1990. Bien que le nombre d’autorisations ait diminué, la liste des pays clients reste inchangée. Le Qatar reste le premier importateur. Les armes sont de plus en plus utilisées dans les pays non membres de l’Union et de l’OTAN, soulevant ainsi le risque que l’Italie alimente de nombreuses crises internationales.

Alors que les prétentions de Pékin en Mer de Chine contribuent à un regain de tensions dans l’espace indopacifique, les marines militaires française et indienne ont pris part du 7 au 10 mai à l’exercice bilatéral Varuna, via la mobilisation d’une douzaine de bâtiments parmi lesquels figuraient, chose rare, deux porte-avions, le Charles de Gaulle et l’INS Vikramaditya. C’est la première fois depuis sa création en 1983 que l’exercice rassemble autant de forces.

La République de Djibouti est au coeur de différentes dynamiques géopolitiques dans une région où s’accumulent guerres et foyers potentiels d’instabilité. L’économie de l’État est très dépendante de la présence militaire étrangère sur son territoire. L’Italie a investi massivement dans le pays, avec une base de la Marine et des Carabiniers, très actifs dans le cadre des projets communs européens. Il s’agit d’une tentative de Rome de se doter d’une projection géopolitique entre la Corne de l’Afrique et la péninsule arabique, malgré son manque de ressources.

La riposte militaire opérée par Israël en réponse à une tentative de cyber-attaque palestinienne constitue une irruption inédite de la force militaire conventionnelle dans un théâtre d’opération cybernétique. Ancré dans une époque marquée de manière croissante par des réflexes géopolitiques opportunistes et la généralisation de la menace cyber, cet épisode a cependant peu de chance d’établir un précédent pouvant préjuger de l’avenir des confrontations numériques, à l’aune des spécificités de la confrontation israélo-palestinienne.

Le ministère de la Défense ougandais a annoncé un important plan d’investissement pour renforcer les forces armées nationales. L’augmentation des dépenses militaires a été l’un des piliers de la politique du président Museveni ces dernières années. Les points centraux sont deux : la centralité de la Russie comme fournisseur (qui se base sur un rôle de premier plan dans le continent s depuis quelques années) et la hausse des investissements dans l’armement en Ouganda, dans un cadre régional qui enregistre une diminution significative.

Alors que la France devait être l’un des participants les plus remarqués de la revue navale chinoise du 23 avril organisée à l’occasion du 70ème anniversaire de la Marine de l’Armée Populaire de Libération, les autorités chinoises ont déclaré la Marine française persona non grata à la suite du passage de la frégate de surveillance Vendémiaire par le détroit de Taïwan. Cet incident illustre la radicalisation croissante de la position chinoise vis-à-vis de Taïwan, toujours considéré comme une province rebelle par Pékin et l’intelligentsia continentale.