Guerre


Le plus récent carnage de Al Shabaab au Kenya, dans l’hôtel DusitD2 à Nairobi le mardi 15 janvier, a fait au moins 21 morts. Il rappelle que sa capacité d’organiser des attaques complexes sur des cibles de haute valeur n’a pas diminuée. Bien que le combat que mène ce mouvement somalien soit d’abord nationaliste, il risque de s’étendre aux pays voisins et à des problématiques sociales distinctes.

Derrière le regain de tensions entre les États-Unis et la Turquie sur la question kurde, ce sont bien des logiques de fond touchant aux nouvelles conflictualités et aux interprétations des textes régissant les alliances de la Guerre Froide que l’on trouve ; qu’il s’agisse de la nouvelle guerre hybride, du terrorisme ou de la doctrine America First. Et cela concerne au premier chef l’Europe, qui pourrait bien avoir une carte à jouer dans ces redéfinitions géopolitiques.

La mission Baltic Air Policing est en cours depuis 2004, quand les trois États baltes ont adhéré à l’OTAN. Avec ce programme, l’OTAN garantit la protection de leur espace aérien. Le 3 janvier 2019, la Pologne a pris en charge la surveillance de l’espace aérien des États baltes pour la huitième fois pour une période de quatre mois. La participation au Baltic Air Policing revêt une grande importance stratégique pour la Pologne, puisqu’elle lui permet de renforcer l’espace aérien sur le territoire de l’Union qui est limitrophe de la Russie.

Recep Tayyip Erdoğan est prêt à mettre en jeu sa crédibilité sur la scène internationale pour s’assurer le contrôle de la frontière syro-turque tenue par les milices YPG (Unités de protection du peuple). Semblant encore une fois dicté par des considérations nationales, son empressement se heurte aux réalités du terrain et aux limites de son influence et de la puissance de l’armée turque. Une offensive contre les Kurdes à Manbij ferait ainsi figure d’épouvantail alors que le pays a perdu le contrôle des milices jihadistes dans la province d’Idleb.

Bruxelles. Si pour beaucoup d’européens, l’année 2018 a pu être synonyme de crise et de défiance sur le continent, il y a un domaine qui semble avoir échappé à la règle : la défense. C’est en effet sur ce sujet d’ordinaire si national que le consensus européen semble aujourd’hui le plus fort, allant même jusqu’à rallier un soutien d’une Grande-Bretagne en plein Brexit. Les discours à ce sujet ont été clairs : pour la première fois dans l’Histoire de l’UE, président français et chancelier allemand ont appelés, simultanément, à la création d’une « armée européenne » indépendante du puissant allié américain.

Bruxelles. Nos sociétés reposent sur un socle physique indispensable, composé notamment de l’environnement, des matières premières et de la fourniture d’énergie. Ces “briques de base” sont toutes profondément transformées par le numérique, que ce soit pour leur surveillance, leur production ou leur distribution. Elles sont réciproquement des conditions (énergie, terres rares, spectre radioélectrique) ou des points de vigilance (environnement) pour le développement du numérique.

Genève. Les Conférences Mondiales des Radiocommunications (CMR) ont lieu tous les quatre ans et amendent le Règlement des radiocommunications, traité international d’une importance majeure dans les domaines économique (5G, Internet des Objets), des transports (GPS/Galileo, systèmes de détresse et de sécurité), scientifique (Agence Spatiale Européenne) ou encore militaire (satellites de communications ou d’observation, radio).

Le bilan des rencontres entre les dirigeants politico-militaires occidentaux et russes est révélateur de l’attitude européenne face à la nouvelle crise de la mer d’Azov. Le soutien formel des européens à l’Ukraine et à son président Porošenko reste en réalité prudent car Porošenko ne semble pas avoir de beaux jours politiques devant lui. Tous attendent avec impatience les élections du printemps prochain à Kiev qui seront décisives pour l’évolution future de la crise.

Une étude menée sur le terrain, un institut de recherche bien connu a publié un rapport sur la violation de l’embargo sur les armes décrété par l’ONU et l’Union contre le Sud-Soudan. Cela pourrait être un facteur de fragilisation du processus de stabilisation lancé en 2018. Dans le même temps, l’efficacité de ces mesures dans des contextes de guerre suscite de nombreux doutes, surtout si l’on considère la faiblesse des frontières et la fragilité de l’État.