Comptes-rendus


«  La science économique a cessé d’étudier l’économie.  »

À partir de cette affirmation, l’historien du capitalisme Jonathan Levy cherche à redéfinir cette discipline non pas à partir d’une méthode, mais d’un sujet.

En relisant Veblen, Fischer et Keynes — mais aussi Freud et Wittgenstein — il construit une définition de l’économie capitaliste qui remet au centre le concept de stock.

Pour comprendre son ambitieux projet de refondation théorique, nous l’avons rencontré.

«  Beaucoup de gens se bercent d’illusions sur le monde qui les entoure. Ils partent du principe que les structures vont tenir. Mais la vie — et les systèmes qui la soutiennent — est d’une fragilité stupéfiante.  »

Pendant trente ans, Laurence Rees a mené des entretiens avec d’anciens nazis pour ses documentaires.

Dans La Pensée nazie, il en tire des enseignements pour le présent.

Comment les révolutions de la modernité occidentale ont-elles reconfiguré notre rapport à la nature  ?

Du rapport à la montagne aux métamorphoses du droit en passant par l’abattage puis la protection des bisons, Steve Hagimont et Charles-François Mathis ont coordonné une très utile somme couvrant trois siècle d’histoire.

Nous les rencontrons.

Du déchaînement de la violence — l’inhumain— au recours à l’intelligence artificielle comme guide suprême de conduite — le transhumain —, la géopolitique bouleverse la compréhension de notre humanité.

Dans son dernier livre aux éditions Gallimard, François Hartog parcourt l’histoire intellectuelle des figures de l’humain et propose une une clef pour replacer le moment présent dans un arc philosophique et théologique millénaire.

Dans une somme encyclopédique, Guido Alfani tente de répondre à une question particulièrement ambitieuse  : qui ont été les riches en Occident depuis le XVIe siècle en Occident et quel rôle ont-ils joué dans nos sociétés  ?

Favorisés par les politiques fiscales depuis les années 1970, combien de temps encore les riches pourront-ils se permettre d’influencer aussi fortement les politiques publiques  ?

La lecture de l’économiste Andrea Capussela.

Un discours aujourd’hui dominant dans la Silicon Valley a servi d’inspiration à J. D. Vance pour son discours de Munich  : l’Europe ne devrait pas «  étouffer la parole des innovateurs les plus provocants — même s’ils paraissent fous ou dangereux. Le risque pour le continent serait de se faire humilier dans la guerre de l’IA.

Son auteur le plus éminent est Alex Karp, PDG de Palantir. Son livre «  The Technological Republic  », encore trop peu connu en Europe, est une pièce essentielle dans l’idéologie des entrepreneurs de la tech qui ont posé leurs valises à Washington. Anne Dias en propose une lecture suivie.

Aujourd’hui marque le cinquantième anniversaire du déclenchement de la guerre civile libanaise.

Marwan Chahine a passé 10 ans à enquêter et à récolter des témoignages sur et autour de cette date.

Avec Beyrouth, 13 avril 1975, il signe un magistral récit de narrative non fiction «  par en bas  », à la Jérémie Foa.

Sombre lagune, à l’écriture sèche, moins décontractée que le style habituellement distant et humoristique d’Antoine Glaser, a un ton de requiem.

Une époque est finie.

Le champagne est frais, les Hummer blindés et les Mercedes hyper climatisées — mais, comme disent les voyous qui exécutent le haut fonctionnaire français corrompu, il n’est plus l’heure de gazer.

Dans Le monde confisqué, Arnaud Orain replace le retour du «  commerce armé  » dans l’histoire longue capitalisme. L’économiste Branko Milanovic a lu cette étude extrêmement riche, qui apporte un éclairage nouveau sur la stratégie impériale de Trump et le projet hégémonique de la Chine.

Le XIXe siècle français est traditionnellement celui de l’industrie, des révolutions, du prométhéisme, de l’innovation.

Dans La nature en révolution, des chercheurs en histoire environnementale montrent en quoi c’est aussi, pour une large part, celui de la nature.

Entretien avec deux auteurs de cette synthèse incontournable.