Comptes-rendus


Dans son deuxième roman En mer (Auf See), Theresia Enzensberger se penche sur l’histoire des utopies libérales, coloniales et anarchistes. Alliant science-fiction et recherches historiques, elle propose une réflexion sur les mécanismes qui amènent nos sociétés au bord du gouffre. Un livre visionnaire et d’une grande actualité.

Białe noce forme un recueil de treize nouvelles qui constituent le panorama d’une communauté dont les membres sont accablés par le même destin. Dans ses précédents ouvrages, l’écrivaine polonaise explorait déjà le thème de la frontière entre la réalité et le rêve, entre la mort et l’oubli.

Trois expositions, de la Toscane à la Vénétie en passant par l’Emilie Romagne, permettent d’apprécier au plus près l’immense et prolifique génie de Donatello.
Si Florence accueille une rétrospective d’ampleur, Venise et Ferrare ont le mérite de nous surprendre. A la Ca’ d’Oro, beaucoup de nouveautés viennent directement se confronter aux chefs d’œuvre des collections permanentes d’un musée de référence. Enfin, à Ferrare la qualité du travail de Dossena vient témoigner de l’éternel renouvellement du génie artistique italien, et nous rappelle que l’histoire de l’art, face aux vaines tentatives d’en faire une science exacte, n’a pas fini de nous réserver des surprises.

La pasión de Rafael Alconétar est un roman qui, dès les premières pages, explore la vie du personnage éponyme, un professeur d’université et auteur, tragiquement décédé. Dans l’intention de mieux révéler le personnage, plusieurs voix se succèdent dans des disquisitions, des manies, des fabulations et des hypothèses. Si un puzzle est la somme des pièces qui, ensemble, forment une image, ici, il s’agit plutôt d’un collage.

Le concept de «  talent  » est rarement utilisé, ou avec une certaine gêne, car il est imprécis et difficile à quantifier. Et pourtant, Małgorzata Żarów est un des talents les plus intéressants que la prose polonaise a connus ces dernières années. Un talent désordonné, dispendieux, bavard, récalcitrant à la discipline mais un talent indéniable.

Premier roman de la jeune poétesse Slata Roschal, 153 formes de non-existence sonde cent cinquante-trois pensées d’une femme russe et allemande, convaincue que «  le monde n’a pas besoin d’elle  » et dont la plus grande qualité avouée est de savoir «  renoncer en permanence  ». Pourtant, et contrairement à ce que son titre peut laisser entendre, 153 formes de non-existence se lit ni plus ni moins que comme la quête d’une raison d’être.

Dans la lignée de Horacio Castellanos Moya et Roberto Bolaño, Carlos Fonseca est l’un des grands écrivains qui parviennent à rendre compte de l’expérience mondiale dans une perspective latino-américaine. Félix Terrones a lu son dernier roman paru chez Anagrama, Austral.

Le soir du 6 mai 1976, un tremblement de terre de magnitude 6,4 sur l’échelle de Richter bouleverse la région du Frioul, dans le nord-est de l’Italie. On recense alors près de mille disparus, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent sans abri. C’est la mémoire de cet événement ayant marqué profondément le paysage et ses habitants qu’Esther Kinsky a choisi d’explorer en détail dans le roman Rombo.

Pour évoquer littérairement la pandémie, on peut bien entendu faire le choix de se concentrer sur la manière dont la crise sanitaire a impacté l’existence et la psychologie des individus – c’est ce qu’ont voulu faire, avec plus ou moins de bonheur, les innombrables journaux de confinement. On peut aussi essayer de capter des faits sociaux, des faits de discours, de rendre compte de la manière dont la crise hystérise le monde. C’est, indirectement, ce à quoi s’attache, avec une grande réussite, ce nouveau petit livre.