Histoire

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«  Les États-nations ont trouvé le moyen de raconter l’histoire de 1848 comme si elle ne s’était passée que dans un seul pays.  » Des nationalismes aux constitutions, les deux grands historiens Jonathan Sperber et Christopher M. Clark brossent une perspective continentale de 1848 et montrent comment la dimension technocratique de l’Union européenne actuelle est, aussi, un héritage de ce moment.

Si la France a longtemps maintenu un certain flou stratégique sur le «  septième État membre  », l’Algérie a fait partie de la Communauté économique européenne jusqu’en 1976, quatorze ans après son indépendance. Megan Brown revient sur ce que cette appartenance oubliée nous apprend des frontières, prétendues naturelles, de l’Europe – et sur l’histoire longue d’une communauté pensée, dès ses origines, comme extracontinentale.

«  Sans proposer de nouvelles sources ou bouleverser nos connaissances, il invite avant tout à effectuer un «  pas de côté  » par rapport à nos acquis et à revoir la construction de nos savoirs pour repartir des sociétés coloniales, puis décoloniales, qui révèlent d’évidentes continuités.  ». Une lecture de Décolonisations. Histoires situées d’Afrique et d’Asie (XIXe-XXIe siècle) par Anthony Guyon.

En amont de la parution du dernier volume de sa trilogie Le Musée, une histoire mondiale (Gallimard), nous avons rencontré l’historien et philosophe franco-polonais Krzysztof Pomian. Dans cet entretien encyclopédique, il revient sur la géopolitique et l’histoire de ce lieu singulier inventé par les Européens pour conserver et exposer des œuvres, et dont la forme a ensuite largement voyagé et évolué  : le musée.

La montée des droites radicales en Europe épouse-t-elle le spectre d’un fascisme  ? Nous nous sommes entretenus avec l’historien et intellectuel italien Claudio Vercelli à l’occasion de la parution, en Italie, de son dernier essai, Neofascismo in grigio (Einaudi, 2021).

«  L’ouvrage de Marc Belissa et Yannick Bosc présente l’insigne avantage de rappeler ce qui devrait être une évidence universelle, à savoir le fait qu’un mouvement de concentration autoritaire du pouvoir, de centralisation bureaucratique, de surveillance et de dépolitisation de la société n’est «  efficace  » que dans la stricte mesure où on se donne la dictature personnelle pour idéal de société.  » Une lecture de Guillaume Lancereau.