Numérique


La riposte militaire opérée par Israël en réponse à une tentative de cyber-attaque palestinienne constitue une irruption inédite de la force militaire conventionnelle dans un théâtre d’opération cybernétique. Ancré dans une époque marquée de manière croissante par des réflexes géopolitiques opportunistes et la généralisation de la menace cyber, cet épisode a cependant peu de chance d’établir un précédent pouvant préjuger de l’avenir des confrontations numériques, à l’aune des spécificités de la confrontation israélo-palestinienne.

Tchap, une nouvelle application qui vise à remplacer Telegram et Whatsapp au
sein de l’administration française, a été lancée mi avril. Son lancement a été entaché de la découverte d’une faille de sécurité, ce qui a néanmoins participé à sa notoriété. Malgré ces dysfonctionnements, cette initiative de la part de l’État français devrait faire des émules.

Vladimir Poutine a signé, le mercredi 1er mai, un texte de loi qui établit une feuille de route pour garantir le bon fonctionnement de Runet, le web russe, isolé du reste du monde. Selon les législateurs, le but de cette loi est de pouvoir déconnecter Runet du World Wide Web en cas de « menaces ou attaques étrangères ». De nombreux doutes subsistent sur la capacité de la Russie à atteindre son objectif. Les opposants à Vladimir Poutine en Russie estiment que cette loi vise à renforcer encore davantage la censure du Kremlin sur internet.

Une victime importante du Brexit risque d’être la recherche britannique. Alors que le Royaume-Uni est financée de façon conséquente par l’Union, avec la plus grande participation aux très sélectives bourses ERC, une sortie sans-accord assombrirait considérablement ses perspectives à long-terme. Avec des conséquences graves aussi pour la recherche des autres États membres: l’exclusion des universités britanniques les plus performantes risque d’affaiblir globalement l’excellence de la recherche européenne. Signaux faibles des possibles effets de long période du Brexit sur les ambitions de l’Europe de devenir une “économie de la connaissance”.

La remise des prix Turing adoube les pères fondateurs de l’apprentissage profond, qui a joué un rôle crucial dans la résurgence actuelle de l’intelligence artificielle. Le prix reconnaît aussi dans une certaine mesure l’école de formation européenne en informatique, mais révèle en creux la difficulté de maintenir ces profils en Europe et d’y créer un pôle informatique industriel sur le vieux continent. Signaux faibles du retard de l’Union dans l’intelligence artificielle.

En bref – Le 26 mars, le Parlement Européen a approuvé en séance plénière la Directive Copyright, dont le rejet en juillet 2018 avait à l’époque surpris plus d’un observateur. Le GEG s’est donc attelé à une comparaison des votes des eurodéputés lors de ces deux votes, qui portaient sur un texte modifié dans l’intervalle.