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«  Enderlein n’était pas l’homme d’une seule cause et ne se définissait pas comme un militant de l’Europe. S’il y consacrait tant d’énergie, c’est sans doute que sa maturité intellectuelle avait coïncidé avec une crise aiguë du projet d’intégration du continent, et qu’il savait qu’une faillite de cette entreprise ne pourrait que se traduire par un rétrécissement dramatique de l’espace des possibles.  »

Alors que les tensions entre la Russie et l’Ukraine s’intensifient, les répercussions sur le projet Nord Stream 2 se font ressentir à tous les niveaux  : des déclarations diplomatiques à la mise en œuvre concrète des travaux sur le terrain. Un développement à inscrire dans la séquence plus longue de 2021, entre présidence Biden et élections en Allemagne.

Hier, les Bulgares ont voté pour élire leurs 240 députés. Sans surprise, le parti du Premier ministre bulgare Boïko Borrisov (centre droit) est arrivé en tête. Cependant, la coalition avec laquelle le parti gouvernait avant les élections reposait en grande partie sur le parti d’extrême-droite Patriotes Unis, qui a fait un piètre score. De nouveaux équilibres politiques devraient donc naître de ces élections.

Markus Söder, ministre-président de Bavière, et Armin Laschet, son homologue de Rhénanie-du-Nord-Palatinat, font figure de favoris pour succéder à Angela Merkel. Ces derniers mois, leur gestion de l’épidémie a révélé deux visions bien différentes de l’Europe et de la coopération transfrontalière.

Portraits croisés et européens de deux conservateurs que tout semble séparer.

Le 26 mars, à la suite d’un recours en urgence déposé par un collectif de citoyens eurosceptiques, la Cour Constitutionnelle allemande a suspendu la dernière étape qui devait permettre la ratification de la décision sur les ressources propres par l’Allemagne, étape indispensable pour le déploiement du plan de relance. S’il est difficile d’estimer à ce stade s’il s’agit ou non d’un obstacle sérieux, cette décision pourrait ralentir le processus et remet en cause la faisabilité à long terme d’un mécanisme d’endettement commun au sein de l’Union.

Le climat, la santé publique, la vaccination  : jusqu’où et dans quelles situations peut-on parler de «  biens communs  »  ? Pourquoi sont-ils partiellement incompatibles avec la mondialisation «  géopolitique  » que nous connaissons  ? Selon Thierry de Montbrial, si nous voulons co-gérer ces biens communs, il faut dépasser le cadre de l’État-Nation et penser à l’échelle pertinente.

«  L’idée d’un «  monde des régions  » est ancienne en relations internationales, bien sûr, mais c’est une idée qu’il vaut la peine de revisiter dans un contexte nouveau dans lequel les réflexes multilatéralistes de la deuxième partie du XXe siècle se sont enrayés. Au lieu de craindre la régionalisation du droit international au titre de l’éventuelle fragmentation d’un droit qui se présenterait comme étant déjà universel, comme ce fut le cas dans l’immédiat après-guerre, mieux vaudrait en faire une vertu et travailler ensemble, par la concertation interrégionale et la comparaison, à la construction d’un droit international qui puisse prétendre à l’universalité.  »