Amériques


Ce samedi 18 mai, Cristina Fernández de Kirchner, l’une des principales figures politiques de l’Argentine, ancienne présidente et actuelle sénatrice, a annoncé la candidature à la présidence d’Alberto Fernández, son ancien chef de cabinet, tandis qu’elle-même briguera la vice-présidence. Après avoir maintenu le silence quant à sa candidature durant plusieurs semaines, Fernández de Kirchner annonce ainsi son renoncement. Si la date et le geste sont fortement symboliques, cette annonce a surpris autant les médias argentins que le monde politique et marque un tournant dans le déroulement des élections présidentielles, sinon dans la trajectoire politique argentine.

Mardi 7 mai, le président du Brésil, Jair Bolsonaro (PSL), a signé un décret qui facilite l’importation et la détention d’armes à feu dans des espaces publics permettant ainsi d’augmenter la quantité de munitions qu’une personne peut acheter en un an. Toutefois, samedi 11 mai, la Cour Suprême a donné cinq jours au président pour justifier ce décret que ses détracteurs jugent inconstitutionnel.

L’industrie mondiale du cannabis thérapeutique est florissante et encourage une vague de politiques de dépénalisation de la plante. Depuis 2013, une dizaine de pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont mis en place de nouvelles législations autorisant la production et l’utilisation du cannabis à des fins médicales. Ce marché est désormais en pleine expansion et le continent pourrait devenir le premier fournisseur mondial de cannabis.

L’ancien directeur de cabinet de Nicolás Maduro propose une troisième voie pour sortir de la crise et faire dialoguer les deux camps qui s’opposent au Venezuela. Énarque, ancien conseiller diplomatique et Vice-Ministre des Affaires Étrangères d’Hugo Chavez, Temir Porras, qui se définit comme « social-démocrate », revient sur son expérience et analyse les causes profondes de la crise au Venezuela. Ouvrant peut-être la voie à un technopopulisme chaviste, il identifie les contours d’une « coexistence démocratique » possible à Caracas.

Le lundi 22 avril, le fils du président Jair Bolsonaro Carlos Bolsonaro, a partagé sur son compte Twitter une vidéo publiée sur Youtube par la personnalité libérale préférée de la famille Bolsonaro, Olavo de Carvalho, critiquant le rôle que les militaires jouent dans la politique brésilienne. Par les mots « Tirez vos propres conclusions », Carlos a entamé une nouvelle série d’attaques contre le vice-président Hamilton Mourão, l’accusant d’être un « traître » aux revendications présidentielles. Les vifs échanges entre la famille Bolsonaro et les membres du gouvernement plus modérés constituent un événement de plus dans la série de crises internes depuis le début du mandat du président en janvier dernier.

Le 2 mai Donald Trump a annoncé une augmentation de 10% à 25% des taxes sur plus de 200 milliards de biens chinois. Ces nouveaux tarifs devraient être mis en œuvre à partir du 10 mai. La Maison Blanche entend ainsi affronter « la lenteur » des négociations commencées mardi dernier à Beijing entre les États-Unis et la Chine. Pourtant, l’interdépendance trentenaire entre les deux pays est déjà un facteur de risque pour l’économie mondiale depuis des années. La montée des tensions entre les deux géants pourrait provoquer une crise globale sans précédent mais aussi amorcer une progressive désintermédiation.

Le 17 avril, le gouvernement américain a annoncé une série de mesures contre Cuba, le Venezuela et le Nicaragua. Le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé qu’il ne renouvellerait pas l’exemption du titre III de la loi Helms-Burton, également connue sous le nom de Freedom Act de 1996, et que la mesure entrerait en vigueur le 2 mai 2019. Cette nouvelle a été réfutée par le gouvernement cubain de La Havane et par la haute représentante de l’Union, Federica Mogherini. Bruxelles a publié une déclaration accusant les États-Unis de violer les engagements pris dans les accords UE/États-Unis.

Le leader de l’opposition vénézuélienne Leopoldo López, assigné à résidence depuis 2015, a été libéré mardi 30 avril à l’aube par Juan Guaidó et un groupe de militaires détracteurs du chavisme. Après cet acte symbolique, Guaidó a appelé la population à les rejoindre dans la perspective d’un soulèvement pour mettre fin au régime de Nicolas Maduro. En effet, depuis le 23 janvier dernier, Juan Guaidó s’est auto-proclamé, en tant que chef du Parlement, président de la République par intérim. Dès lors, un bras de fer entre les deux « présidents » s’est mis en place, dans un pays enlisé dans une grave crise économique, sociale et humanitaire. Si nombreux sont ceux qui, dès janvier, parlaient de l’armée comme un acteur clef dans le devenir de la crise institutionnelle, la fracture au sein de celle-ci ne semble éclater que trois mois plus tard.