Amériques


Jair Bolsonaro dessine peu à peu sa politique extérieure au fil de ses visites diplomatiques : après les Etats-Unis et le Chili, il s’est rendu en Israël du 31 mars au 3 avril. L’entrevue entre les deux dirigeants était vivement attendue, après l’annonce du président brésilien en octobre 2018 du possible transfert de l’ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem. Même si Bolsonaro tient à préserver ses intérêts économiques dans les pays arabes voisins, son rapprochement avec Netanyahou constitue bien une rupture avec la politique étrangère de Lula et ses successeurs, qui avaient à maintes reprises fait part de leur soutien à la question palestinienne.

Un nouvel organe régional, le Forum pour le progrès de l’Amérique du Sud (PROSUR), a été créé le 22 mars dernier. La Déclaration de Santiago, document fondateur du PROSUR, a été signée par les présidents de l’Argentine, du Brésil, du Chili, de la Colombie, de l’Équateur, du Paraguay et du Pérou, auxquels s’est joint George Talbot, ambassadeur du Guyana au Chili. Ce nouvel espace de dialogue sous-régional aboutit à la condamnation de l’Union des nations du Sud (UNASUR).

La courbe des rendements de la dette américaine s’est inversée : les dettes à plus court terme sont maintenant mieux rémunérés que les dettes à plus long terme. Cette situation anormale est historiquement annonciatrice de crise. Toutefois, il faut prendre en compte que le contexte monétaire mondial est inédit : les anciennes lois d’airain ne sont peut être plus valides.

Lorsque Andrés Manuel López Obrador est devenu le président élu avec le plus de voix de l’histoire du Mexique démocratique, des défis importants se sont imposés à lui quant à la manière d’exercer un mandat de transformation d’envergure sans détruire l’opposition. Grâce au large soutien que les électeurs lui ont donné le 2 juillet 2018, AMLO, qui a incarné David durant des années dans l’arène politico-électorale, pourrait devenir Goliath.

Alan B. Krueger, l’un des économistes les plus importants des trente dernières années, a devancé les honneurs qui n’auraient pas manqué de lui revenir en nous quittant à seulement 58 ans. Peu connu du grand public, il a pourtant changé la vie de millions d’individus grâce à ses recherches et a tenu un rôle clé dans la révolution empirique en Économie.

Le 13 mars 2019, une attaque contre une école publique de l’État de São Paulo, dans la ville de Suzano, a fait sept morts et onze blessés, laissant la population brésilienne sous le choc. Le massacre a déclenché une série des menaces sur les universités publiques, qui se déroulent dans un contexte où l’apologie de la violence prend de nouvelles proportions et menace les libertés individuelles.

Le début du mois de mars a inauguré en Argentine une longue séquence électorale qui doit aboutir, après l’élection des gouverneurs dans vingt-deux des vingt-trois provinces et du maire de la ville autonome de Buenos Aires, à l’élection du nouveau président de la République à la fin du mois de novembre 2019. Les restrictions budgétaires engagées par l’actuel président Mauricio Macri ne sont pas parvenues à freiner la récession économique qui affecte le quotidien des Argentins depuis plusieurs mois, annonçant une campagne présidentielle houleuse au résultat incertain.

L’arrêt des aspersions aériennes de glyphosate sur les champs de coca n’aura pas duré. Jeudi dernier, le président colombien, Iván Duque, a demandé à la Cour constitutionnelle de revoir sa décision de 2015 portant sur la suspension des pulvérisations. A l’époque, elle avait jugé que l’utilisation du glyphosate lors de l’épandage aérien pouvait affecter la santé humaine et nuire considérablement à l’environnement.