Guerre


La confirmation que la société française Thales rejoindra le programme SCAF pour la définition des capacités européennes de combat aérien soulève l’attention sur la coopération européenne dans le domaine de la défense. Entre jeux d’alliances et équilibres instables entre les différentes industries et pays participants (notamment la France et l’Allemagne, mais aussi l’Espagne qui a rejoint les deux fondateurs en février), assiste-on aux signaux faibles de la naissance d’un complexe militaro-industriel pleinement européen?

Les 10 et 11 avril, les chefs des principales factions engagées au Soudan du Sud, Salva Kiir Mayardit et Riek Machar, se sont rendus à Rome, où ils ont rencontré le Premier ministre italien Giuseppe Conte et le pape François. Ce dernier, embrassant leurs pieds, a affirmé la nécessité d’une transition pacifique et constructive, à la suite de l’accord de paix signé à Khartoum et dans le contexte de la chute du régime Al-Bashir au voisin Soudan.

Le port géorgien de Poti sur la mer Noire accueille désormais des navires militaires des États membres de l’OTAN. Le Standing NATO Maritime Group 2 (SNMG2) a organisé des manœuvres en mer avec ses homologues géorgiens. Signaux faibles de l’intensification de la coopération entre l’OTAN et la Géorgie et du renforcement de la capacité militaire géorgienne.

L’Istituto Ricerche Internazionali Archivio Disarmo (IRIAD) de Rome a publié un rapport sur l’état du trafic illicite des armes légères et de petit calibre (SALW) dans la Méditerranée élargie. Signaux faibles qui démontrent le statut de la Méditerranée comme pont géopolitique pour le trafic illicite. Outre les Balkans et le Moyen-Orient, l’Afrique apparaît comme un territoire de transit et de destination. Mais les acteurs régionaux ont posé la question de savoir comment mettre un terme à ces trafics.

Malgré la pression de la communauté internationale, l’opération militaire lancée par Khalifa Haftar le 4 avril se poursuit. L’homme fort de l’Est a décidé de mettre fin à la présence du gouvernement de Tripoli, soutenu par l’ONU, et compte reprendre la capitale par les armes. Un contrecoup pour comprendre qu’en est-il de la stratégie du maréchal Haftar, de ses soutiens et de la nouvelle configuration politique en Libye qui est en train de se créer.

L’ONU a envoyé une équipe d’inspecteurs pour enquêter sur une série d’assassinats et de massacres qui ont eu lieu ces derniers jours parmi la population civile dans différentes régions du Mali. Le plus grand massacre a eu lieu à la frontière avec le Burkina Faso, faisant plus de 160 victimes. La guerre civile au Mali traverse une phase délicate en raison du processus de stabilisation de l’autorité de l`État, tandis que la mission G5 Sahel évolue.