Asie septentrionale

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Après l’élection présidentielle du 21 avril dernier qui a installé l’ancien comedien Volodymyr Zelensky à la tête du pays, les Ukrainiens se rendront de nouveau aux urnes dimanche pour élire leur parlement. Un vote déclenché par le nouveau président, qui a décidé le jour de son investiture d’annoncer la tenue d’élections anticipées pour continuer son oeuvre de renouvellement du panorama politique ukrainien.

La journée romaine de Poutine a été riche en rencontres, mais sans progrès réels, au-delà des déclarations de façade. D’une part, l’Italie ne peut pas se permettre une trop grande autonomie par rapport aux engagements pris avec l’Union et l’OTAN  ; d’autre part, la Russie ne semble pas encore disposée à modifier sa stratégie libyenne, condition nécessaire pour la relance de la triangulation avec Rome sur ce front. Paradoxalement, le dialogue semble pour l’instant plus fructueux avec le Vatican qu’avec l’allié temporairement «  souverainiste  ».

La délégation russe vient d’être réintégrée à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, avec le vote favorable de nombreux pays occidentaux du continent (ainsi que d’autres plus proches de Moscou, comme la Serbie et la Turquie). L’opposition traditionnelle entre les « philo » et « anti » russes s’est cette fois-ci croisée avec d’autres évaluations d’opportunité, telles que celles liées à la possibilité, pour les citoyens russes, de continuer à recourir à des organisations telles que la CEDH. Mais en règle générale, les priorités géopolitiques nationales ont prévalu sur les convergences idéologiques.

Les parlementaires des États membres du Conseil de l’Europe ont voté lundi 24 juin soir pour mettre fin aux sanctions, décidées après l’annexion de la Crimée, visant la Russie, avec le vote décisif des pays de l’Europe de l’Ouest. La Russie était menacée d’expulsion puisqu’elle refusait de contribuer financièrement au budget de l’institution afin de s’opposer à la suspension de certains de ses droits. Se dirige-t-on vers un rapprochement entre les pays d’Europe de l’Ouest et la Russie aux dépens de l’Ukraine  ?

Un article du Wall Street Journal révèle que la Russie a décidé de retirer des conseillers stratégiques employés par la compagnie étatique russe Rostec, vitaux pour la survie du régime du président vénézuélien Nicolas Maduro. Cependant, Moscou s’est empressée de réaffirmer le soutien de Moscou à Maduro. En réalité, le départ des hommes de Rostec ne représente pas un revers majeur pour le régime vénézuélien mais davantage une transition dans l’approche de la Russie envers le Venezuela. Le soutien militaire de la Russie sera dorénavant assuré par le Service Fédéral pour la Coopération Militaire et Technique de la Russie (FSVTS), signe d’un intérêt géopolitique et non plus économique.

La Russie concentre actuellement l’attention des services de renseignement des pays occidentaux, en particulier dans les moments électoraux que Moscou pourrait chercher à influencer. La Russie s’est-elle intéressée à ces élections européennes  ? Pas beaucoup. Bien qu’elles aient été une vitrine pour les partis souverainistes, leur impact concret ne modifiera pas les relations entre l’Europe et la Russie. Moscou se contente d’assister au déclin relatif du continent. Un déclin que ces dernières élections semblent remettre en cause.

Mike Pompeo a rencontré mardi 14 Mai à Sotchi le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine. Les hommes d’État se rencontraient pour la première fois depuis la publication de l’enquête du procureur Robert Mueller portant sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016. Malgré la volonté de relancer un dialogue constructif entre les deux puissances, la visite de Pompeo est intervenue dans un contexte de tensions sur de nombreux dossiers. Alors que la normalisation des relations russo-américaine semble être hors d’atteinte dans un futur proche, la Russie et les États-Unis cherchent davantage à définir des normes pour éviter une confrontation directe dans le futur.