Asie septentrionale


Kiev. La crise ukrainienne est un enjeu territorial et sécuritaire incontournable de cette décennie, impliquant une confrontation très large entre l’Union européenne et la Russie. Le 31 mars prochain, les Ukrainiens seront amenés à élire leur nouveau président lors d’un scrutin probablement historique. L’élection de Petro Porochenko le 7 juin 2014 a ouvert une période nouvelle en Ukraine. Elle a permis l’intensification de la lutte contre une corruption endémique et un système oligarchique toujours puissant. La rupture reste pour l’heure incomplète, tant ces deux phénomènes sont profondément structurels dans le pays et brident l’ampleur des réformes qui y sont entreprises.

Le 6 novembre dernier la Cour constitutionnelle de Russie a validé le nouvel accord sur le tracé de la frontière entre l‘Ingouchie et la Tchétchénie. Une décision d‘abord passée inaperçue et qui a engendré le 27 novembre une manifestation rassemblant plusieurs milliers de personnes en Ingouchie. Cet événement a donné lieu à une couverture médiatique singulière pour cette « petite République » du Caucase russe, peuplée d’un peu moins de 500 000 habitants, historiquement dans l‘ombre des républiques voisines.

Le bilan des rencontres entre les dirigeants politico-militaires occidentaux et russes est révélateur de l’attitude européenne face à la nouvelle crise de la mer d’Azov. Le soutien formel des européens à l’Ukraine et à son président Porošenko reste en réalité prudent car Porošenko ne semble pas avoir de beaux jours politiques devant lui. Tous attendent avec impatience les élections du printemps prochain à Kiev qui seront décisives pour l’évolution future de la crise.

Le dictateur tchétchène Ramzan Kadyrov et son homologue ingouche Younous-Bek Yevkurov ont enfin signé un traité de délimitation de la frontière administrative entre leurs républiques, l’Ingouchie et la Tchétchénie, toutes deux sujets fédéraux russes. Problème : le nouveau traité transfère des terres ingouches à la Tchétchénie, et la colère populaire gronde.

Le vice-ministre russe à l’énergie a déclaré le 17 octobre vouloir relancer le dialogue énergétique avec l’Union. La tentative de créer un partenariat stratégique sur l’énergie a été lancée en 2000 et arrêtée en 2014, à la suite de la crise en Crimée. Depuis, les tentatives de l’Union pour se défaire de sa dépendance à l’énergie russe sont interrogées pour leur rationalité économique et ont soulevé des dissensions internes, notamment entre l’Allemagne et le groupe de Visegrad.

La Russie et les États-Unis ont ouvert des négociations pour discuter de deux traités clés pour le régime de désarmement nucléaire entre les deux puissances, l’Inf et le New Start. Si un compromis sur l’extension de ce dernier semble facilement réalisable, le vrai nœud reste l’Inf, les deux pays s’accusant mutuellement de ne pas le respecter.