Asie septentrionale

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La Biélorussie a été longtemps considérée la dernière dictature d’Europe. Dirigée depuis 1994 par l’excentrique Alexandre Loukachenko (ancien directeur d’une ferme collective, qui aimait surtout parler de la récolte de l’année et qui avait proposé de se protéger du Covid-19 en conduisant un tracteur), le pays n’évoquait qu’un très faible intérêt aux yeux des Européens. Dans ce contexte, la mobilisation autour de l’élection présidentielle du 9 août 2020 est suvenue presque comme une surprise, et crée un casse-tête pour l’Europe.

Parmi les nombreux et divers héritages de l’ère soviétique il en est un qui est particulièrement significatif pour la Russie d’aujourd’hui. Au tournant des années 70 et 80, les éclaireurs russes du RSFS ont réalisé que la vaste région de la Sibérie et de la Volga grouillait de gaz naturel. C’est ainsi qu’a été inaugurée l’ère de la Russie en tant que supergéante énergétique et que les deux géants du gaz et du pétrole de la Fédération naissante ont pris une forme définitive  : Lukoil et, surtout, Gazprom. Depuis lors, l’économie russe est entrée dans une union incontournable avec une dynamique énergétique, tant en termes d’autosuffisance (russe) que d’hétérodépendance (notamment de l’Europe).

La Biélorussie est l’un des partenaires les plus proches de Pékin en Europe de l’Est, et une expérience importante de la «  Belt and Road Initiative (BRI)  ». L’effondrement actuel du régime de Loukachenko est un test important pour les ambitions stratégiques de Pékin dans la région. Cette analyse vise à montrer pourquoi, à la fin, la Chine ne soutiendra pas Loukachenko.

Comme à chaque élection présidentielle ayant eu lieu en Biélorussie depuis 1994, Alexandre Loukachenko est arrivé en tête des suffrages avec 80  % des voix lors du scrutin qui s’est terminée le dimanche 9 août. Cependant, de manière inhabituelle, des manifestations sans précédents aussi bien en termes de mobilisation que de violences ont eu lieu suite à la publication des résultats pour contester les chiffres officiels et soutenir la candidate de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaya.

Cette semaine, la présidente de la Confédération suisse a choisi l’Ukraine du président Volodymyr Zelensky pour sa première visite officielle depuis le début de la pandémie. Elle se rendra notamment à l’Est du pays et abordera des questions sécuritaires et humanitaires.

Le Covid-19 en Russie a eu un impact particulièrement fort . Dans cette situation, il est intéressant de voir comment, aujourd’hui, le gouvernement russe gère le contrôle de la propagation de la contagion sur un territoire, celui de la Fédération de Russie, qui est énorme et présente des conditions extrêmement variées. Contrairement à la centralisation décidée par de nombreux États, le Kremlin a adoptée une approche visant à la régionalisation de la réaction à la pandémie. Une carte exclusive illustre ce système de déconfinement sur base régionale.