Asie septentrionale

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Les parlementaires des États membres du Conseil de l’Europe ont voté lundi 24 juin soir pour mettre fin aux sanctions, décidées après l’annexion de la Crimée, visant la Russie, avec le vote décisif des pays de l’Europe de l’Ouest. La Russie était menacée d’expulsion puisqu’elle refusait de contribuer financièrement au budget de l’institution afin de s’opposer à la suspension de certains de ses droits. Se dirige-t-on vers un rapprochement entre les pays d’Europe de l’Ouest et la Russie aux dépens de l’Ukraine  ?

Un article du Wall Street Journal révèle que la Russie a décidé de retirer des conseillers stratégiques employés par la compagnie étatique russe Rostec, vitaux pour la survie du régime du président vénézuélien Nicolas Maduro. Cependant, Moscou s’est empressée de réaffirmer le soutien de Moscou à Maduro. En réalité, le départ des hommes de Rostec ne représente pas un revers majeur pour le régime vénézuélien mais davantage une transition dans l’approche de la Russie envers le Venezuela. Le soutien militaire de la Russie sera dorénavant assuré par le Service Fédéral pour la Coopération Militaire et Technique de la Russie (FSVTS), signe d’un intérêt géopolitique et non plus économique.

La Russie concentre actuellement l’attention des services de renseignement des pays occidentaux, en particulier dans les moments électoraux que Moscou pourrait chercher à influencer. La Russie s’est-elle intéressée à ces élections européennes  ? Pas beaucoup. Bien qu’elles aient été une vitrine pour les partis souverainistes, leur impact concret ne modifiera pas les relations entre l’Europe et la Russie. Moscou se contente d’assister au déclin relatif du continent. Un déclin que ces dernières élections semblent remettre en cause.

Mike Pompeo a rencontré mardi 14 Mai à Sotchi le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine. Les hommes d’État se rencontraient pour la première fois depuis la publication de l’enquête du procureur Robert Mueller portant sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016. Malgré la volonté de relancer un dialogue constructif entre les deux puissances, la visite de Pompeo est intervenue dans un contexte de tensions sur de nombreux dossiers. Alors que la normalisation des relations russo-américaine semble être hors d’atteinte dans un futur proche, la Russie et les États-Unis cherchent davantage à définir des normes pour éviter une confrontation directe dans le futur.

Vladimir Poutine a signé, le mercredi 1er mai, un texte de loi qui établit une feuille de route pour garantir le bon fonctionnement de Runet, le web russe, isolé du reste du monde. Selon les législateurs, le but de cette loi est de pouvoir déconnecter Runet du World Wide Web en cas de «  menaces ou attaques étrangères  ». De nombreux doutes subsistent sur la capacité de la Russie à atteindre son objectif. Les opposants à Vladimir Poutine en Russie estiment que cette loi vise à renforcer encore davantage la censure du Kremlin sur internet.

Après le deuxième tour de l’élection présidentielle, le dimanche 21 avril, Volodymyr Zelensky est devenu le président le plus jeune de l’Histoire de l’Ukraine, et celui dont le score fut le plus haut. Un succès qui découle de certains appuis importants, d’une image dynamique et novatrice et, surtout, d’une campagne électorale bien maîtrisée. La composition de son électorat ne doit toutefois pas induire en erreur  : s’il est vrai que pour les russophones de l’Est, le choix de voter pour l’ancien comédien était une fatalité, on ne peut pas dire que son élection signifie nécessairement une amélioration des relations diplomatiques avec la Russie. Même à la lumière de la crise des visas de ces dernières heures, l’idée d’identifier Zelensky en tant qu’homme de Poutine semble sans fondement.

Le 16 avril 2019, la justice russe a jugé Frode Berg, un retraité norvégien arrêté en décembre 2017, accusé d’avoir transmis des informations secrètes sur l’armée russe au gouvernement norvégien. L’affaire contribue à aggraver les relations entre les deux pays, dans un contexte de soupçons croissants. Signaux faibles d’équilibres en mutation dans la région Baltique.