Le 17 avril, Washington a annoncé le renouvellement de la dérogation autorisant l’achat de pétrole russe déjà présent en mer, et ce jusqu’au 16 mai 1.
- Ce dispositif, qui exclut les transactions impliquant l’Iran, Cuba et la Corée du Nord, fait suite à une première dérogation de trente jours qui a expiré le 11 avril.
- Dans un premier temps, le secrétaire au Trésor avait justifié cette mesure en expliquant qu’elle visait à « accroître la portée mondiale de l’offre existante ».
- L’administration avait justifié la mesure hier : « Alors que les négociations s’accélèrent, le Trésor souhaite s’assurer que le pétrole reste disponible pour ceux qui en ont besoin ».
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz sont particulièrement bénéfiques pour Moscou, qui a vu le prix du brut Oural atteindre 106,30 dollars le baril en moyenne sur les treize premiers jours d’avril, soit une hausse de 42 % par rapport à mars.
- Il s’agit également d’un niveau bien supérieur aux 59 dollars par baril prévus dans le budget fédéral russe pour 2026, ce qui pourrait offrir à Moscou une marge fiscale inattendue si la tendance se poursuit.
- De plus, l’impact budgétaire est plus marqué lorsqu’il est mesuré en roubles.
- Selon Olga Belenkaya, citée par Bloomberg, chaque dollar supplémentaire sur le prix annuel du pétrole de l’Oural génère environ 150 milliards de roubles de recettes fiscales supplémentaires.
- Les revenus pétroliers et gaziers pourraient ainsi atteindre 900 à 950 milliards de roubles en avril, contre 617 milliards en mars 2.
Malgré ces conditions de prix plus favorables, les attaques de drones ukrainiens contre les infrastructures d’exportation russes sur les côtes de la mer Baltique et de la mer Noire perturbent durablement la capacité d’exportation de Moscou.
- Dans la nuit de vendredi à samedi, le 18 avril, Kiev a frappé les raffineries de Novokuïbychevsk et de Syzran dans la région russe de Samara, le terminal pétrolier de Tikhoretsk dans la région de Krasnodar, le port de Vysotsk en mer Baltique, ainsi qu’un dépôt de carburant à Sébastopol, en Crimée.
- Le commandant des Forces de systèmes sans pilote de l’armée ukrainienne, Robert Brovdi dit « Madyar » , a accusé Washington de « cynisme », avertissant que cette décision se paie en « vies ukrainiennes ».
- Les réserves de brut russe bloquées en mer, concernées par l’allègement américain, se vident également très rapidement.
- Ces volumes ont atteint 105 millions de barils début avril, contre 140 millions à la mi-janvier.
Les prix du brut sont descendus en dessous de 90 dollars vendredi 17 avril, les marchés ayant réagi aux signaux positifs concernant une possible conclusion d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’à l’annonce par Téhéran de la réouverture d’Ormuz. Cependant, le revirement survenu hier, et l’attaque de plusieurs navires dans le détroit, pourraient rapidement raviver la pression sur les marchés.
Sources
- Timothy Gardner et Ismail Shakil, « US renews Russian oil waiver after pressure from countries dealing with Iran war price shocks », Reuters,18 avril 2026.
- « Russia’s Oil Windfall From Middle East War Keeps Growing », Bloomberg, 14 avril 2026.