Hier, dimanche 31 mai, le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle en Colombie avec 43,7 % des suffrages.

  • Le président sortant, Gustavo Petro, ne peut pas se représenter, la Constitution interdisant deux mandats consécutifs.
  • Les sondages plaçaient le candidat de gauche, Iván Cepeda, en tête avec 35 à 45 % des intentions de vote, devant Abelardo de la Espriella, entre 21 à 31 % des voix.
  • Abelardo de la Espriella affrontera le 21 juin au second tour le candidat de gauche Iván Cepeda (40,9 %), successeur désigné de Petro.

Abelardo de la Espriella promet un durcissement massif de la lutte contre les guérillas et les narcotrafiquants, une augmentation des opérations militaires, ainsi que le renforcement des prisons et des forces de sécurité par la création de 10 « méga-prisons ».

  • De la Espriella revendique s’inspirer du président du Salvador, Nayib Bukele, en définissant un nouveau statut d’urgence permettant la suspension de droits civils, des arrestations massives, et la construction de prisons de haute sécurité en lien avec des intérêts privés.
  • Il promet la reprise du contrôle des territoires occupés par les groupes armés au cours des 90 premiers jours de son mandat.
  • Il entend également relancer la production d’hydrocarbures et de minerais, et réduire la fonction publique de 40 %. Sa campagne s’appuie fortement sur TikTok et les réseaux sociaux.

De son côté, Iván Cepeda défend la continuité du mandat de Gustavo Petro, avec une politique axée sur la réduction des inégalités et la « paix totale ».

  • Son programme repose sur une « révolution économique » fondée sur l’économie populaire et paysanne, une redistribution des terres agricoles à 200 000 microentreprises familiales, et la poursuite des négociations avec les groupes armés. 

Il propose également de réguler partiellement le marché de la feuille de coca afin de réduire les revenus des cartels et des groupes rebelles, et de poursuivre la politique de transition écologique.

  • Fin avril, un attentat à la bombe dans le département du Cauca a fait 21 morts et 56 blessés.
  • En mai, l’ELN et l’État-major central (principal groupe dissident des FARC) ont annoncé un cessez-le-feu temporaire pour la durée de l’élection présidentielle, afin de réduire les violences le jour du vote.
  • Malgré l’accord de paix signé avec les FARC en 2016, plusieurs groupes armés conservent une présence territoriale importante.

Dans un message publié sur X, Gustavo Petro a déclaré « ne pas accepter » les résultats du premier tour, dénonçant une fraude de l’ordre de « plusieurs centaines de milliers de votes » qui auraient été déposés en faveur d’Abelardo de la Espriella, sans toutefois présenter de preuves.