Un peu plus de 24 heures après l’annonce hier, vendredi 17, de la réouverture du détroit d’Ormuz par le ministre iranien des Affaires étrangères, l’armée iranienne a déclaré samedi 18 que la navigation était de nouveau restreinte. Dans un communiqué, le commandement de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a fait savoir que le statut du détroit « resterait inchangé » tant que les États-Unis maintiendront leur blocus.

  • Au moins deux navires battant pavillon indien qui avaient tenté de passer le détroit suite à l’annnonce d’Araghchi ont été frappés samedi 18, selon le Centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO).
  • Il s’agit des premières attaques iraniennes visant des navires civils dans le détroit depuis le début du mois d’avril. L’un des deux navires transporte 2 millions de barils de pétrole irakien 1.
  • Samedi, dans l’après-midi, le capitaine d’un navire a signalé avoir aperçu un « éclaboussement » à proximité du navire, au large des côtes d’Oman. Il pourrait s’agir d’une potentielle attaque de drone.

L’annonce de la réouverture du détroit avait été suivie par une réaction très positive des marchés. Plusieurs dizaines de navires bloqués à l’ouest du détroit, dont des porte-conteneurs de l’armateur français CMA-CGM, s’étaient engagés dans la voie navigable, avant de subitement s’arrêter puis, pour certains, faire demi-tour en direction des eaux émiraties.

  • Selon Reuters, la marine iranienne diffuse le message suivant à l’attention des navires : « Compte tenu du non-respect par le gouvernement américain de ses engagements dans le cadre des négociations, l’Iran déclare que le détroit d’Ormuz est à nouveau complètement fermé. Aucun navire, quel que soit son type ou sa nationalité, n’est autorisé à traverser le détroit d’Ormuz » 2.
  • Si plusieurs navires ont continué leur route vers la mer d’Arabie, comme le FPMC C Lord, un pétrolier, et le Navig8 McAllister, un autre pétrolier qui doit rejoindre la Corée du Sud, la majeure partie se dirige de nouveau vers Dubaï, ou plusieurs centaines de pétroliers et de porte-conteneurs sont bloqués depuis le début de la guerre.

La reprise des attaques iraniennes dans le détroit et son éventuel impact sur les négociations cours pourraient conduire les États-Unis à accroître davantage la pression sur l’Iran. Selon des responsables américains, Washington se préparerait ainsi à arraisonner des pétroliers liés à l’Iran et à saisir des navires commerciaux dans les eaux internationales dans les jours à venir 3.

  • Le porte-avions américain USS Gerald R. Ford, qui a passé un mois en Méditerranée suite à un incendie, serait de nouveau en cours de déploiement au Moyen-Orient, aux côtés de deux destroyers, l’USS Mahan et l’USS Winston S. Churchill.
  • Donald Trump a déclaré aujourd’hui, samedi 18, que les États-Unis étaient toujours en pourparlers avec l’Iran, et a indiqué qu’il saurait d’ici la fin de la journée si un accord allait être conclu.
Sources
  1. Barak Ravid et Donica Phifer, « Iran closes Strait of Hormuz once again, fires on tankers », Axios, 18 avril 2026.
  2. « Iran’s navy tells ships Strait of Hormuz shut again, two vessels report gunfire », Reuters, 18 avril 2026.
  3. Shelby Holliday, Michael R. Gordon et Costas Paris, « U.S. Military Prepares to Board Iran-Linked Ships in Coming Days, Officials Say », The Wall Street Journal, 18 avril 2026.