Abbas Araghchi a déclaré dans un message publié aujourd’hui, vendredi 17 avril, sur les réseaux sociaux, que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz était désormais de nouveau ouvert à tous les navires commerciaux « sur l’itinéraire coordonné déjà annoncé par l’Organisation des ports et de la marine marchande de la République islamique d’Iran ».

  • L’annonce faite par Araghchi intervient quelques heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban dans la nuit de jeudi à vendredi, à minuit heure de Beyrouth (23h à Paris, le 16 avril). 
  • Celui-ci est prévu pour une période initiale de 10 jours, et devrait donc prendre fin dimanche prochain, le 26 avril, s’il n’est pas prolongé.

Donald Trump a réagi à l’annonce sur son réseau Truth Social, en se référant au détroit d’Ormuz comme « le détroit de l’Iran ».

  • Il a déclaré que la levée des restrictions iraniennes ne serait pas suivie d’une suspension du blocus imposé par les États-Unis aux navires commerciaux reliant les ports iraniens.
  • Il a ainsi fait savoir que « le blocus naval restera en vigueur à plein titre et ne concernera que l’Iran, jusqu’à ce que notre transaction avec l’Iran soit terminée à 100 %. Ce processus devrait se dérouler très rapidement, la plupart des points ayant déjà été négociés ».

Depuis lundi 13, des navires de guerre américains ont contraint 19 navires à faire demi-tour après les avoir menacés de se préparer à « être abordés », selon le Commandement central américain (CENTCOM).

  • Depuis l’entrée en vigueur du blocus, aucun navire iranien transportant du pétrole ne semble avoir passé le détroit d’Ormuz.

L’annonce de la levée des restrictions iraniennes a fait passer le baril de pétrole Brent en-dessous de la barre des 90 dollars, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le 10 mars.

  • L’indice STOXX 600, composé de 600 des principales capitalisations boursières européennes, a bondi de près de 1,5 % dans les minutes qui ont suivi l’annonce.

Malgré la réaction initiale positive des marchés, il n’est pas certain que la « réouverture » temporaire annoncée par Araghchi conduise à une reprise immédiate du trafic maritime.

  • La semaine dernière, des responsables américains avaient en effet fait savoir que Téhéran n’avait pas été en mesure d’ouvrir à nouveau le détroit jusqu’à présent car l’armée iranienne « ne parvenait pas à localiser toutes les mines qu’elle a posées dans et ne dispose pas des moyens nécessaires pour les retirer » 1.
  • Bien qu’il y ait des doutes quant à la présence réelle de mines dans le détroit, le seul risque qu’un accident puisse se produire pourrait suffire à dissuader les armateurs d‘autoriser à nouveau leurs navires à entrer dans le Golfe persique avant que des opérations de déminage n’aient lieu.
  • La télévision iranienne a précisé suite à l’annonce d’Araghchi que les navires devront toujours « obtenir l’autorisation du Corps des gardiens de la révolution islamique pour traverser le détroit ». Par ailleurs, cette « réouverture » ne s’appliquera pas aux navires militaires.

Le passage de plusieurs navires indiens ces dernières semaines au large des côtes omanaises, soit en-dehors des rails de navigation indiqués par Téhéran, dans une zone que Téhéran affirme être minée, pourrait toutefois indiquer une absence de mines.

Sources
  1. Julian E. Barnes, « Iran Unable to Find Mines It Planted in Strait of Hormuz, U.S. Says », The New York Times, 10 avril 2026.