L’illusion du découplage vue de Chine, par Yao Yang

Doctrines de la Chine de Xi | Épisode 34

La Chine a-t-elle les moyens économiques de tenir la confrontation ? C'est en substance la question que pose Yao Yang, en interrogeant la résilience des structures de manière inquiète et en affrontant deux points de blocage : l'immobilier et la consommation.

Auteur
David Ownby
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© Chinatopix via AP

Yao Yang (né en 1964) est un économiste réputé de l’université de Pékin, directeur du Centre chinois de recherche économique et doyen de l’École nationale du développement. Le texte traduit ici est basé sur une conférence que Yao a donnée le 13 septembre 2022 à des étudiants en MBA de l’université de Pékin, dans laquelle il a abordé le thème de la « résilience de l’économie chinoise ». 

Ce texte est utile parce qu’il est concis et assez franc sur les défis auxquels l’économie chinoise est confrontée, même si Yao reste optimiste pour la Chine, en particulier sur le long terme. Il est aussi particulièrement d’actualité à l’heure où de nombreux représentants occidentaux alertent sur les « conséquences néfastes » d’un découplage avec la Chine. 

Yao admet ouvertement que 2022 a été une année difficile pour l’économie chinoise, la consommation ayant été tirée vers le bas, en particulier par la crise immobilière, ainsi que par les effets persistants de la pandémie du Covid-19, ce qui signifie que la plupart des entreprises chinoises ne produisaient qu’à environ 80 % de leur capacité. Yao Yang semble suggérer que les efforts de l’État pour refroidir un marché immobilier en surchauffe l’année dernière en resserrant les pratiques de prêt sont allés trop loin, ce qui signifie que les banques et les consommateurs ont perdu confiance en l’avenir. Pour Yao, le gouvernement central et les autorités locales doivent travailler ensemble pour s’assurer que les logements arrivent sur le marché et que le marché fonctionne. Son ton n’est toutefois pas apocalyptique, et il fait remarquer que « si l’économie chinoise devait s’effondrer, elle l’aurait fait dans les années 1990 », lorsque la Chine a privatisé ou fermé quelque 80 % des entreprises d’État, provoquant des perturbations et un chômage à grande échelle. 

Yao affirme en outre que la consommation chinoise ne se rétablira pas tant que des mesures « plus précises » pour que « les gens aient le temps et la liberté de consommer » soient mises en place. Le langage utilisé ici est diplomatique, mais son propos est clair : nous ne pouvons pas continuer à verrouiller les villes et à perturber les déplacements tout en espérant que l’économie prospère.

En ce qui concerne les questions à long terme, Yao est optimiste à l’égard de la Chine, affirmant que « l’économie chinoise est en pleine croissance, qu’elle améliore ses capacités techniques et qu’elle ne se découple pas du monde », du moins en des termes économiques. Il fait remarquer que les mesures d’endiguement américaines ont réussi à nuire à Huawei, mais pas à Xiaomi — l’un des principaux concurrents de Huawei — ni à l’industrie de la technologie de pointe dans son ensemble, car Huawei était ciblé alors que Xiaomi ne l’était pas. 

Cela dit, Yao a donné sa conférence avant l’annonce de la nouvelle politique de l’administration Biden sur l’exportation de technologies américaines de pointe à toute entreprise chinoise, dont l’objectif est plus ou moins de traiter toute la Chine comme l’administration Trump a traité Huawei. Comme s’il anticipait cette politique, Yao remarque que « la moitié des puces du monde sont vendues à la Chine, donc si les fabricants américains ne vendent pas leurs produits là-bas, où les vendra-t-elle ? ». Si l’on suit son raisonnement, même s’il y a une interdiction, les entreprises trouveront un moyen de la contourner. 

Yao identifiait déjà ce qu’il appelle les « goulots d’étranglement » qui empêchent de relancer  l’économie chinoise que sont le manque d’« innovation, la crise de l’immobilier et la baisse de la consommation ». Surtout, il a bien pris la mesure que la Chine est un géant industriel et commercial incontournable pour ses partenaires, notamment européens et russes, et tente de rassurer ses lecteurs chinois qu’un découplage de l’Occident avec la Chine n’est clairement pas à l’ordre du jour. 

C’est bien là le nœud du problème. Même si l’administration Biden parvient à imposer l’interdiction aux fabricants américains de semi-conducteurs — et l’on ne peut croire qu’il n’y aurait pas de résistance, voire de résistance ouverte — pourra-t-elle l’imposer efficacement au Japon, à la Corée du Sud et à Taïwan, où se trouve une grande partie de l’industrie ? Les travaux de Chris Miller sont excellents à ce sujet. Un seul faux pas peut entraîner la faillite d’une entreprise. Deux ou trois faux pas peuvent affecter le destin d’une nation, voire du monde.

Au cours de l’année écoulée, l’économie chinoise a subi de fortes pressions, et les gens en général ont tendance à considérer les pressions à court terme comme une tendance à long terme, de sorte que la société est quelque peu pessimiste. Je voudrais vous parler aujourd’hui de la résilience de l’économie chinoise, ainsi que de la source de l’élan futur de la croissance économique de la Chine, et enfin discuter de la question qui préoccupe tout le monde, à savoir si la Chine et le monde sont en train de se découpler ou non. 

Personnellement, je ne pense pas que la Chine soit en train de se dissocier du monde. En même temps, si nous continuons à parler de découplage, le découplage deviendra une prophétie auto-réalisatrice. 

Je tiens également à vous dire que l’économie chinoise commence en fait à prendre la tête du monde dans certains domaines. Nous ne devons donc pas être pessimistes. Et bien sûr, nous n’avons certainement pas besoin de penser que la Chine est « la meilleure du monde 天下第一 », ce n’est pas quelque chose dont nous avons besoin. 

Après avoir évoqué la situation à long terme, j’aborderai également certaines questions économiques à court terme. Le long terme semble prometteur, mais si nous ne parvenons pas à surmonter les difficultés à court terme, le long terme n’existera pas. Nous aborderons donc également les raisons de la décélération de la croissance économique au premier semestre 2022, puis nous nous tournerons vers l’avenir. 

Enfin, je parlerai de la question de la consommation. Je pense personnellement que la consommation est le principal goulot d’étranglement de l’économie à l’heure actuelle, et la question est de savoir comment éliminer ce goulot d’étranglement. Je pense que le gouvernement peut faire deux choses. La première est de donner de l’argent à la population pour stimuler la consommation. La seconde est peut-être encore plus importante : il s’agit de trouver un mécanisme à long terme pour faire face à la pandémie, qui donnera aux gens plus de temps et plus de liberté pour consommer. 

Tendances à long terme : les 30 prochaines années représenteront la meilleure opportunité pour la Chine, le moment pour elle de briller 

Commençons par la première grande question, celle de la résilience de la croissance économique chinoise. Si l’on examine le parcours du développement économique de la Chine au cours des 40 dernières années, on constate que l’économie chinoise a progressé par cycles de dix ans. 

Les années 1980 ont été marquées par une forte croissance, mais à un niveau relativement faible, principalement dû aux réformes rurales. À l’époque, nous avons également tenté une réforme urbaine, mais elle était lente. 

Dans les années 1990, nous sommes entrés dans une période d’ajustement, dont l’objectif était principalement de résoudre les problèmes structurels des économies urbaines, en particulier les problèmes des entreprises d’État. Nous avons procédé à une réforme des prix, c’est-à-dire que le marché a fixé les prix, l’achat et la vente unifiés ont été supprimés, de même que le contrôle des prix par le gouvernement. Nous avons ensuite procédé à la réforme des entreprises d’État, même si beaucoup d’entre nous ont aujourd’hui oublié l’ampleur de ces réformes. À l’époque, nous avons privatisé plus de 80 % des entreprises d’État ou les avons laissées faire faillite. Au plus fort de la réforme, 50 millions de personnes ont été licenciées ou au chômage, et la vie était effectivement très difficile pour les citadins à l’époque. 

Nous avons ensuite adhéré à l’OMC, ce qui a constitué une étape clé de la réforme et de l’ouverture. Nous avons ensuite procédé à une réforme bancaire, car à l’époque, les prêts bancaires non performants représentaient 30 % des actifs bancaires et 25 % du PIB, et plusieurs de nos grandes banques étaient techniquement insolvables. Qu’avons-nous fait ? Nous avons injecté des capitaux. Lorsque nous parlons des périodes difficiles qu’a connues l’économie chinoise, il existe ce que nous pourrions appeler « la théorie selon laquelle l’économie chinoise est au bord de l’effondrement », et c’est dans les années 1990 que cette théorie s’est le plus rapprochée de la réalité. Mais l’effondrement n’a pas eu lieu, et si nous ne nous sommes pas effondrés dans les années 1990, je ne nous vois pas nous effondrer à un autre moment. 

Au cours de la première décennie du XXIe siècle, la Chine a connu une croissance extrêmement rapide. Quelle a été cette rapidité ? Entre 2001, date de notre entrée à l’OMC, et 2008, nos exportations ont été multipliées par cinq. Une croissance de 500 % des exportations en sept ans, c’est du jamais vu. En fait, le visage de la Chine a radicalement changé au cours de ces dix années. Pensez-y, le visage de Pékin a réellement changé au cours de cette décennie. Le quatrième périphérique n’a été inauguré qu’en 2001.

Les périphériques marquent l’expansion de Pékin qui s’éloignent  du centre en se dirigeant vers des banlieues de plus en plus éloignées. À l’heure actuelle, il existe six ou sept périphériques.

Mais précisément en raison de cette croissance extraordinaire, nous avons également connu des déséquilibres dans la structure de notre économie. 

C’est pourquoi, à partir de 2010 et surtout de 2012, nous avons commencé à procéder à des ajustements structurels. Quel était l’objectif de ces ajustements ? Faire de l’innovation le moteur de la croissance économique. Le modèle de croissance de la première décennie de ce siècle, basé sur une expansion continue, s’est arrêté, et notre prochaine étape est de faire progresser la croissance économique grâce à l’innovation. La tendance générale de l’économie a été de s’éloigner de l’économie virtuelle pour se rapprocher de l’économie réelle, et la financiarisation à outrance a été efficacement freinée. Pendant un certain temps, nous avons vigoureusement développé le système bancaire parallèle, qui a joué un rôle très important en brisant les contrôles des taux d’intérêt et en enrichissant l’ensemble du marché financier. 

Le terme « shadow banking » fait référence à l’activité financière « souterraine » ou informelle qui se déroule en dehors des institutions approuvées par l’État. Les discussions des médias occidentaux sur le système bancaire parallèle chinois sont généralement négatives, alors que Yao semble voir la question différemment dans ce contexte. 

Mais nous avons également assisté à l’émergence de certains problèmes dans le secteur financier, en particulier les prêts P2P, qui sont devenus un gros problème, et il y a également eu des problèmes de financiarisation excessive. 

P2P signifie de « personne à personne », et se réfère généralement aux prêts effectués sur des plates-formes ostensiblement mises en place à d’autres fins, telles que la vente. Ces prêts ne sont souvent pas soumis à des réglementations strictes et les consommateurs peuvent se retrouver surendettés en un ou deux clics de souris.

Par exemple, à l’époque, certains pensaient que déplacer des capitaux était une entreprise en soi, et que les capitaux étaient partout. D’autres insistaient sur le fait que « au bord de la falaise, même les cochons peuvent voler » et que « la laine pousse sur le dos du cochon » Rétrospectivement, ces idées étaient erronées et les entreprises qui y croyaient ont disparu. L’argent ne peut pas faire de l’argent et ne produit de la valeur que lorsqu’il est utilisé dans l’économie réelle.

Cette citation « au bord de la falaise, même les cochons peuvent voler » (在风口上猪都能飞上天). est attribuée au fondateur de Xiaomi, Lei Jun 雷军 (né en 1969), qui dit s’être inspiré de L’art de la guerre de Sunzi. L’idée est que l’entrepreneur doit être constamment à l’affût des opportunités et prêt à « sauter de la falaise » au bon moment. 

« 羊毛出在猪身上 », abréviation de « 羊毛出在狗身上,由猪买单 », qui signifie « la laine pousse sur le dos du cochon, et c’est le chien qui paie la facture », est ici employé pour signifier que si vous créez une plateforme (ou une autre entreprise) prospère, votre principale source de revenus proviendra des annonceurs, et non des clients qui achètent vos produits.

Des visiteurs montent des escaliers roulants près de l’emblème communiste au Mémorial du premier Congrès national du Parti communiste chinois à Shanghai, le jeudi 20 avril 2023. © AP Photo/Ng Han Guan

L’innovation, moteur de la croissance économique 

Ces tendances se sont aujourd’hui inversées. De nombreuses personnes qui travaillaient dans la finance et le commerce se sont tournées ces dix dernières années vers l’investissement dans l’industrie et s’en sortent très bien. Nos champions invisibles continuent d’émerger. Un exemple est celui de Zhao Yan 赵燕 (né en 1986). Zhao Yan travaillait dans l’immobilier, mais a commencé à investir dans l’industrie au cours des 20 dernières années, principalement dans la production d’acide hyaluronique. Bloomage est la société mère, et lorsque celle-ci est entrée en bourse, Zhao est devenue la femme la plus riche de Pékin. 

Quel est le degré d’avancement de la technologie de Bloomage en matière d’acide hyaluronique ? Elle est considérée comme la deuxième au monde et est deux fois plus efficace que celle des entreprises japonaises. En fait, la société d’acide hyaluronique de Zhao Yan est au sommet des normes techniques mondiales dans ce domaine. Bien entendu, il existe de nombreux autres exemples de ce type ; par exemple, le ministère de l’industrie et des technologies de l’information a récemment annoncé la création de 546 « petites entreprises géantes ».

Le « Plan des petits géants » fait référence à l’identification d’un certain nombre de petites et moyennes entreprises en accord avec les politiques industrielles nationales chinoises, qui affichent une forte croissance et peuvent stimuler le développement économique régional.

En outre, dans certains domaines, nous sommes en fait à la tête du monde, comme l’IA, l’énergie verte, les véhicules électriques, etc. Dans le domaine de l’IA, la Chine est au coude à coude avec les États-Unis et le Japon, car la Chine utilise l’IA dans de nombreux contextes, et la nôtre se développe donc très rapidement. Certains diront que nous ne maîtrisons pas les technologies de base, c’est-à-dire les algorithmes de base de l’IA, mais une fois que vous disposez d’un large éventail d’applications, ces algorithmes se multiplient et s’auto-génèrent. 

Sans parler du secteur de l’énergie verte, où nous sommes totalement dominants, produisant près de 80 % de l’ensemble des équipements de panneaux solaires électromagnétiques dans le monde, ce qui signifie que notre énergie éolienne détient un avantage écrasant, et ces dernières années, la moitié de la nouvelle capacité mondiale d’énergie éolienne a été produite en Chine, ce qui est une réalisation très impressionnante. 

La capacité de production reste forte en Chine. En comparant les 10 premiers pays ou régions en 2010 et en 2020, en termes de pourcentage de l’industrie manufacturière mondiale, la Chine continentale représentait 18,2 % en 2010, et a progressé de 11 points pour atteindre 29 % en 2020.

Les États-Unis ont également connu une légère croissance, et le déclin concerne principalement l’Europe et le Japon. L’Inde n’est pas en reste. De nombreuses personnes craignaient que l’Inde ne prenne la place de la Chine en termes de production manufacturière, mais ce n’est pas du tout le cas. L’Inde est un pays en développement qui obtient d’assez bons résultats pour un grand pays, mais sa part dans l’industrie manufacturière mondiale est en fait en baisse, et non en hausse. 

En revanche, dans les régions d’Asie de l’Est comme la Corée du Sud ou Taïwan, les pourcentages augmentent. En fait, l’ensemble de l’industrie manufacturière mondiale évolue toujours vers une concentration en Asie de l’Est. Les États-Unis ne sont pas en déclin, mais leur croissance est simplement plus lente que celle de la Chine. En regardant le pourcentage de composants intermédiaires produits par différents pays en 2020 pour assembler l’iPhone, nous pouvons comparer ces chiffres à ceux d’il y a 10 ans, en 2010, lorsque, pour les iPhones assemblés en Chine, la Chine ne contribuait qu’à hauteur de 3,6 % de la valeur ajoutée, alors que ce chiffre est passé à 25,4 % en 2020, ce qui est comparable à la Corée du Sud. Cela montre que la production d’iPhones tend à se concentrer en Chine et en Asie de l’Est. Le tableau d’ensemble est assez clair. La Chine est un géant de la fabrication, une position difficilement contestable. 

Aujourd’hui, l’iPhone 14 commence également à être produit en Inde, mais je peux vous assurer que la valeur ajoutée indienne est minime. La Chine doit exporter des intrants intermédiaires vers l’Inde pour que celle-ci puisse assembler l’iPhone. C’est là le potentiel de la croissance économique de la Chine. Nous assistons au renforcement de la connexion de la Chine au monde, et non à son découplage. 

Les liens avec le monde se renforcent en réalité 

Après le début de la guerre commerciale entre Trump et la Chine, nous avons assisté à une chute des importations et des exportations chinoises, mais après le début de la pandémie, la Chine a connu un énorme rebond. 

D’une part, cela s’explique par le fait que la Chine et les pays occidentaux n’ont pas payé de la même manière le rétablissement de la pandémie. En Occident, les gouvernements ont essentiellement distribué de l’argent, que les gens ont dépensé ; la Chine a principalement soutenu la production, de sorte que l’offre a augmenté, ce qui a également profité à l’industrie manufacturière chinoise.

Le commerce entre les États-Unis et la Chine s’est en fait redressé et la dépendance des États-Unis à l’égard de la Chine a ironiquement augmenté au lieu de diminuer. Vous pouvez constater que le déficit commercial des États-Unis avec la Chine augmente d’année en année depuis 2020 et qu’il s’élève à 240 milliards de dollars pour les sept premiers mois de cette année. Si cela continue, il dépassera sans difficulté les 400 milliards de dollars cette année. 

Les États-Unis veulent se dissocier de la Chine en termes de technologie et ont pris de véritables initiatives, telles que la liste des entités, qui a eu un impact réel sur nos entreprises, mais cet impact ne doit pas être exagéré. En effet, si les entreprises figurant sur la liste sont touchées, leurs concurrents ne le sont pas. Par exemple, Huawei a été touchée, mais pas Xiaomi. En ce qui concerne les semi-conducteurs, les États-Unis ont adopté un nouveau projet de loi visant à attirer les entreprises de fabrication de puces aux États-Unis grâce à des subventions afin de les empêcher d’installer des usines en Chine. Mais cela coûtera cher. Quelle sera l’influence de ce facteur prix ? Il est difficile de le dire, car il est difficile de savoir combien d’argent les États-Unis finiront par débourser. En ce qui concerne « Chip 4 » — la proposition du gouvernement américain de créer une « alliance quadripartite sur les puces » comprenant les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon et Taïwan — dont l’objectif est de réunir la Corée du Sud, le Japon et Taïwan pour mettre en place un blocus de la chaîne d’approvisionnement de la Chine continentale, la Corée du Sud a déclaré qu’elle ne voulait pas appartenir à une organisation qui exclut d’autres pays. Un découplage complet entre les États-Unis et la Chine est peu probable. 

Ce type d’approche américaine peut ralentir le progrès technologique de la Chine, mais ne peut pas l’arrêter. Le résultat final sera un ralentissement du progrès technologique dans le monde entier. À l’heure actuelle, l’écologie mondiale de l’innovation est en relativement bon état, mais si l’Amérique choisit cette approche, cette écologie sera détruite et le bien-être du monde diminuera. 

Les États-Unis eux-mêmes ont besoin de l’énorme marché chinois. La moitié des puces du monde sont vendues à la Chine. Si les fabricants américains ne vendent pas leurs produits à la Chine, où la Chine les vendra-t-elle ? Par conséquent, même en cas d’interdiction, les entreprises trouveront un moyen de la contourner. 

Il est impossible de découpler complètement les domaines scientifiques et technologiques universitaires dans les domaines de l’innovation, car de nombreuses innovations sont basées sur la science fondamentale. En outre, pour certaines technologies, vous devez publier vos résultats, ce qui signifie que les Chinois et les Américains peuvent les voir. 

Les entreprises multinationales sont très dépendantes de la Chine, principalement parce que la Chine est un marché énorme et que la capacité de production de la Chine a également augmenté, de sorte qu’elles ne peuvent pas partir. Un pays comme l’Allemagne, qui a beaucoup investi en Chine, est particulièrement dépendant de ce pays. 

La dernière histoire en date est celle de l’investissement de BASF [entreprise chimique allemande] à Zhanjiang, qui devrait s’élever à 10 milliards d’euros, pour produire des matières premières chimiques destinées à l’exportation vers l’Europe, alors que ces matières premières chimiques font également l’objet d’une forte demande en Chine. Les Etats-Unis et certains politiciens européens veulent imposer un découplage avec la Chine, ce qui revient à se tirer une balle dans le pied.

L’année dernière, les ventes de véhicules verts en Chine ont représenté près de 60 % du total mondial.

Prenons l’exemple des véhicules verts. L’année dernière, la Chine a vendu 3,545 millions de véhicules électriques, soit près de 60 % du total mondial, six fois plus que les États-Unis. Au cours du premier semestre de cette année, les ventes au détail ont atteint 2,26 millions d’unités et, à ce rythme, nous nous dirigeons vers 4,5 millions de véhicules pour l’année, ce qui représente une augmentation d’un million d’unités par rapport à l’année dernière. Le taux de croissance reste très rapide. 

BYD [une entreprise automobile chinoise] est en tête du peloton, ses ventes sont les plus importantes et son taux de croissance est l’un des plus élevés. Au niveau mondial, le volume des ventes de BYD a déjà dépassé celui de Tesla, elle est devenue la voiture la plus vendue dans le monde des véhicules verts, et sa valeur marchande n’est dépassée que par celle de Tesla et de Toyota. Elle a véritablement créé un miracle dans l’histoire de l’automobile chinoise. 

La Chine n’a commencé à travailler sur les véhicules électriques qu’en 2011, et c’est une réussite remarquable que d’être le premier au monde après seulement dix ans. 

Deux raisons expliquent cette réussite. La première est que la technologie Internet et la technologie de l’intelligence artificielle de la Chine sont des leaders mondiaux. Les voitures électriques sont une nouvelle technologie, ce qui signifie que la Chine peut réaliser une percée en « passant sur la courbe 弯道超车 », contrairement à la situation des voitures à essence qui peuvent compter sur les avantages accumulés au fil des ans. 

« Passer sur la courbe » est une expression souvent utilisée dans de tels contextes, qui signifie voir une opportunité et prendre un risque, ce qui permet d’aller de l’avant.

La deuxième raison est la technologie des batteries. Six des dix premiers fabricants mondiaux de batteries électriques se trouvent en Chine, et leur production représente 56,5 % du total mondial. Les quatre autres usines se trouvent essentiellement en Asie de l’Est, c’est-à-dire en Corée du Sud et au Japon. Grâce à ces deux avantages, je pense que les voitures électriques chinoises suivront le même chemin que les voitures économiques japonaises dans les années 1980. À mon avis, il ne s’agit pas d’une illusion et nous devrions assister à des exportations importantes à l’avenir. 

Si l’on examine les chiffres des dernières années, la Chine a exporté 220 000 unités en 2020, 310 000 unités l’année dernière et 200 000 unités cette année. Tesla a été le principal exportateur, représentant près de la moitié du total. Mais nos propres fabricants nationaux se développent également. En Europe, nos véhicules verts ont atteint 10 % de part de marché, alors que nos véhicules traditionnels ne se vendent pratiquement pas dans cette région. L’Europe éliminera progressivement tous les véhicules à carburant d’ici 2035, de sorte que la prochaine décennie ou presque constituera une énorme opportunité pour les automobiles chinoises.

Telle est la situation à long terme, et nous devons être confiants. L’avenir de l’économie chinoise reste prometteur, les capitaux internationaux à long terme continuent d’affluer en Chine et les investissements directs étrangers continuent d’augmenter, ce qui montre également que les capitaux mondiaux sont toujours optimistes à l’égard de la Chine. 

Si les habitants d’autres pays sont optimistes à l’égard de la Chine, il n’y a aucune raison pour que les habitants de notre pays ne le soient pas également. J’ai dit à maintes reprises que les 30 prochaines années seraient la meilleure opportunité que la Chine ait connue au cours des mille dernières années, et que nous devrions atteindre notre deuxième objectif de 100 ans, à savoir construire une puissance socialiste moderne d’ici 2049. 

Le premier objectif centenaire était de construire une « société modérément prospère », que le PCC prétendait avoir atteint lors de la célébration du centenaire de sa fondation en 2021.

Il y a de fortes chances que nous puissions atteindre cet objectif et que la Chine devienne un leader mondial dans le domaine de la technologie. À ce moment-là, nous ne devancerons peut-être que les États-Unis en termes technologiques, après avoir dépassé la Corée du Sud, le Japon et l’Allemagne, qui sont tous en avance sur nous à l’heure actuelle. 

Perspectives à court terme : la croissance économique s’est ralentie au cours du premier semestre, la consommation ayant été la plus touchée 

Voilà pour les perspectives à long terme. Examinons également le court terme. 

Nous constatons que la croissance économique s’est ralentie tout au long du premier semestre, la consommation ayant été la plus durement touchée. La consommation a augmenté très rapidement lorsque l’économie a commencé à se redresser, mais elle a ensuite diminué, en particulier dans le secteur de la restauration, et l’investissement a également été relativement faible. Le premier trimestre a été correct, mais le taux de croissance a chuté à partir du deuxième trimestre, avec une croissance négative dans l’immobilier. Les investissements en actifs fixes se sont redressés, mais ne sont toujours pas très stables. 

Ni l’IPP (indice des prix à la production) ni l’IPC (indice des prix à la consommation) ne semblent constituer un problème majeur, bien que certaines personnes continuent de dire que la Chine connaît une stagflation. En fait, il y a de l’inflation dans les économies américaine et européenne, mais pas en Chine. Vous pouvez constater que l’IPP a atteint son niveau le plus élevé en Chine l’année dernière et qu’il n’y a pas eu d’inflation à ce moment-là. Cette année, l’IPP a chuté et la probabilité que nous ayons de l’inflation est encore plus faible. 

Bien sûr, il y a toujours le cycle du porc — le prix du porc augmente à nouveau — mais je pense que c’est normal, mais il n’y a aucune raison pour que les prix augmentent dans d’autres secteurs. Il y a deux raisons principales à cela. La première est le manque de consommation intérieure, car si la consommation est insuffisante, les prix n’augmentent pas ; la deuxième est que les entreprises ne tournent pas à plein régime. Lorsque les entreprises ne tournent pas à plein régime, tout le monde est en concurrence pour augmenter sa production, et qui augmente les prix pendant ce temps ? Les prix ne peuvent donc pas augmenter. Nous ne devrions donc pas nous inquiéter de l’inflation. Si l’IPC chinois affichait réellement une augmentation de 5 %, cela signifierait que notre économie s’est redressée, que la demande a augmenté et que les entreprises fonctionnent plus ou moins à pleine capacité. 

Le porc représente 75 % de la consommation de viande en Chine et 12,5 % de l’ensemble de la consommation alimentaire. La plupart des porcs sont produits dans de petites exploitations, qui disposent d’informations imparfaites sur le marché, ce qui signifie que les prix du porc suivent des cycles de trois à quatre ans au cours desquels les augmentations perçues de la demande des consommateurs incitent les producteurs à produire davantage de viande, ce qui finit par inonder le marché et faire baisser les prix, et les producteurs réagissent donc en conséquence. 

À l’heure actuelle, le plus gros problème est l’immobilier, où le déclin n’est que trop évident, car l’ensemble du secteur a chuté de plus de 30 % par rapport à l’année dernière. Les ventes ont chuté de moitié au cours du premier semestre 2022, et les acquisitions de terrains ont chuté de 60 %. D’une part, les ventes ne sont pas bonnes, et d’autre part, les attentes pour l’avenir ne sont pas bonnes, de sorte que l’acquisition de terrains a chuté, ce qui constitue un très grand défi.

À mon avis, pour comprendre objectivement l’immobilier, il faut d’abord comprendre rationnellement le secteur de l’immobilier et ne pas le diaboliser. 

Tout d’abord, demandons-nous si la Chine dispose réellement de suffisamment de logements. Nombreux sont ceux qui affirment que nous en avons assez, arguant que depuis la réforme et l’ouverture, le nombre de logements a été multiplié par 19. Il s’agit en effet d’une grande réussite, mais en termes de comparaisons internationales, nous ne disposons pas d’autant de logements que nous le pensons. Notre superficie par habitant n’est pas aussi importante que celle des États-Unis. Nous visitons le Japon et parlons des « pigeonniers » dans lesquels ils vivent, mais notre superficie par habitant est inférieure à celle du Japon. Et nous ne parlons pas de la qualité. En termes de qualité, nos logements sont bien pires que ceux des pays développés. 

Compte tenu de ces deux considérations, on ne peut pas dire que notre industrie immobilière ait atteint son point d’achèvement. De plus, les inégalités régionales sont énormes. La superficie par habitant dans les villes de premier et deuxième rangs est inférieure à celle des villes de troisième et quatrième rangs, et la superficie par habitant dans les zones urbaines est inférieure à celle des zones rurales. 

Nous poursuivons notre effort d’urbanisation et, d’ici à 2035, nous aurons encore environ 150 millions de personnes qui devront s’installer en ville. Ainsi, quand vous regardez les choses, il peut sembler qu’il y ait des endroits avec un taux de vacance élevé, mais il y a encore beaucoup d’endroits où il n’y a pas assez de logements. 

Des visiteurs au Mémorial du premier Congrès national du Parti communiste chinois à Shanghai, le jeudi 20 avril 2023. © AP Photo/Ng Han Guan

Dans quelle mesure l’immobilier contribue-t-il à la croissance économique ? 

L’équipe de Ren Zeping 任泽平 (né en 1979) calcule que la contribution est de 17,2 %, et que la contribution indirecte est plus importante que la contribution directe. 

Ren Zeping est vice-directeur du Centre d’étude de l’économie privée chinoise, rattaché à l’Académie chinoise des sciences sociales.

L’immobilier affecte de nombreuses autres industries. L’immobilier ne touche pas seulement des choses comme l’acier, le béton et les agences immobilières, mais influence également des industries en aval comme la décoration intérieure, le mobilier, les appareils électroménagers, les services à domicile, etc. À mon avis, la décélération de la croissance de la consommation au premier semestre 2022 est donc étroitement liée au déclin de l’immobilier. Les ventes immobilières ont baissé de 30 %, et si la contribution de l’immobilier au PIB peut atteindre 17 %, sa contribution réelle à la croissance économique durant cette période a été négative de 5,4 %. 

Yao fait ici référence au modèle de base du développement immobilier — et du financement local — en Chine : les gouvernements locaux « vendent » des terrains aux promoteurs, qui construisent ensuite des logements qu’ils vendent aux consommateurs. 

Pourquoi l’immobilier a-t-il finalement décliné ? Les principales raisons sont les trois lignes rouges [imposées par le gouvernement aux sociétés immobilières pour refroidir le marché avant sa récente chute]. La première ligne rouge est que le ratio d’endettement de la société, après exclusion des recettes anticipées des projets vendus sur contrat, ne doit pas dépasser 70 %. Cela s’explique par le système de prévente des maisons sur contrat. Les dettes contractées pour faciliter les paiements anticipés ne peuvent être considérées comme faisant partie de l’actif. L’idée est de limiter les emprunts à des fins de prépaiement, ce qui signifie que les entreprises disposent de moins de capital. Deuxièmement, l’endettement net ne doit pas dépasser 100 % des fonds propres. Enfin, les réserves monétaires doivent représenter au moins 100 % de la dette à court terme. 

Ces mesures ont été introduites en août 2020 pour tenter de refroidir un marché immobilier surchauffé et surendetté. 

À la fin du mois de juin de cette année, seules 24 des 55 sociétés immobilières cotées en bourse répondaient aux critères, tandis que les autres n’y répondaient pas. En d’autres termes, leur crédit restait soumis à des contraintes. 

Dans le même temps, nous pouvons également constater que notre politique monétaire est entrée dans la phase de « pousser sur une corde », dans laquelle vous dépensez beaucoup d’argent, mais l’argent n’atteint pas l’économie réelle, et circule plutôt dans le secteur financier. Une raison très importante à cela est que l’immobilier est devenu un ralentisseur financier. Personne ne fait de prêts et peu de gens demandent des hypothèques. Nous assistons donc à une chute massive du nombre de prêts hypothécaires, en baisse de 25 % par rapport à l’année dernière. Comment remédier à cette situation ? L’approche actuelle du gouvernement central consiste à demander aux autorités locales de prendre le relais et de veiller à ce que les logements promis soient livrés. Que se passe-t-il si le gouvernement local n’a pas les moyens de le faire ? Il doit aller sur le marché et lever des fonds, ce qui signifie que les sociétés d’obligations d’investissement urbain doivent émettre des obligations d’investissement urbain.

« Pousser sur une corde » signifie déployer des efforts là où ils n’ont que peu de chances d’être utiles. En économie, cette expression a d’abord été utilisée pour décrire les tentatives des banques centrales de mettre en œuvre une politique monétaire souple alors que l’économie était déjà au ralenti, ce qui n’a entraîné que des améliorations minimes

Comment évaluer la croissance économique au second semestre 2022 ? Parce que la croissance du premier semestre a été de 2,5 %, c’est-à-dire que sa contribution à la croissance économique annuelle a été d’un peu plus de 1 %, donc si on veut atteindre 5,5 % pour l’année, il faut atteindre un taux de croissance de 8 % pour le deuxième semestre.

La consommation est la clé de la relance de l’économie 

La dernière question concerne la consommation. La relance de la consommation est la clé, ou pour le dire d’une manière un peu plus complexe, la production et la consommation existent en circuit fermé. Les revenus de la production sont utilisés soit pour la consommation, soit pour l’investissement, et l’investissement et la consommation déterminent la production et les besoins de production, de sorte que si nous ignorons les exportations, nous sommes en présence d’un circuit fermé dans un pays donné sur une courte période.

La situation actuelle en Chine est celle d’une surcapacité de production, et cette surcapacité est très grave. J’estime que les entreprises fonctionnent à environ 80 % de leur capacité, ce qui signifie que notre goulot d’étranglement se situe principalement au niveau de la demande. 

D’aucuns pourraient dire que, selon le tableau que j’ai brossé, la consommation dépend du revenu, et le revenu dépend de la production. Si vous produisez moins, le revenu diminue et il n’y a pas de consommation. Sans consommation, il n’y a pas de production, n’est-ce pas une impasse ? Mais la réalité n’est pas tout à fait la même.

Keynes nous dit que la consommation endogène dépend du revenu, mais que la consommation autonome n’a rien à voir avec le revenu d’une personne. 

La « consommation endogène » fait référence à la consommation qui dépend d’autres facteurs dans l’économie, tels que les prix, etc., tandis que la « consommation autonome » (qui fait apparemment partie de la théorie économique chinoise) fait référence à la consommation qui est indépendante du revenu, déterminée par les habitudes et les préférences. Puisqu’il cite Keynes, Yao veut certainement dire que, quels que soient les facteurs de marché, l’intervention de l’État est possible pour stimuler la consommation.

Tout d’abord, je continue à suggérer fortement que le gouvernement émette des obligations spéciales de consommation d’une valeur de 1,4 trillion de RMB, avec une moyenne de 1 000 RMB (environ 138 US$) par personne. L’idée n’est cependant pas de donner 1000 RMB à tout le monde, mais de cibler les familles à faibles revenus qui ont été les plus touchées par la pandémie, ainsi que les chômeurs. 

La consommation ayant un effet direct, elle stimule la croissance économique. 

L’effet de ces 1 400 milliards de RMB serait de stimuler la croissance du PIB de 1,4 %, et ses effets indirects seraient encore plus importants. Une fois que les gens commenceront à utiliser leurs bons, ils les compléteront avec une partie de leur propre argent, ce qui signifie que les effets seront encore plus importants. En d’autres termes, les bons de consommation renforceront la confiance de chacun. 

La deuxième mesure consiste à établir des mesures préventives à long terme pour faire face à la pandémie. Le Covid-19 ne disparaîtra pas, mais évoluera progressivement vers une coexistence avec l’humanité, ce qui est une loi scientifique. Nos mesures préventives doivent être plus scientifiques et plus précises, et doivent être appliquées dans la pratique. Par exemple, nous devrions mettre en œuvre une politique dynamique zéro-Covid qui garantisse que toute personne active dans la société et l’économie puisse poursuivre ses activités tant qu’elle n’est pas infectée ; plus de villes silencieuses, plus de fermetures de villes. Nous devons réduire le champ d’application des tests de prévention et de contrôle et ne pas les appliquer à des districts ou des comtés entiers. Nous devons unifier les données nationales de surveillance sanitaire et les mesures nationales de prévention des épidémies. Nous devons ouvrir les voyages et les transports intérieurs et cesser de discriminer les voyageurs selon qu’ils proviennent ou non d’une zone infectée, et utiliser comme normes le code sanitaire accepté au niveau national et les tests d’acide nucléique. Nous devrions ouvrir les voyages internationaux.

De nombreux experts en santé publique se penchent sur cette question et je pense que nous serons en mesure de mettre au point des mesures préventives plus précises et de trouver un meilleur équilibre entre la préservation de la croissance et le contrôle de la maladie. Ce n’est qu’une fois cette question résolue que notre consommation saine se remettra sur les rails.

Dans un avenir proche, la victoire de notre économie dépendra : premièrement, de la possibilité d’arrêter, voire d’inverser le déclin du secteur immobilier et, deuxièmement, de la possibilité de relancer la consommation.

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