Afriques Subsahariennes

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Afrique : la plus grande zone de libre échange du monde en construction

Que se passe-t-il au Mozambique  ? Le 23 mars, un groupe de terroristes prennent d’assaut la ville de Moçimboa da Praia et hissent leur drapeau sur le quartier général des forces de défense et de sécurité dans la ville. Le 25 mars, ils prennent la ville de Quissanga située à environ 150km au sud et font de même. Ces attaques, bien que loin d’être les plus meurtrières, sont certainement les plus symboliques perpétrées par la «  mystérieuse insurrection  » qui frappe le Cabo Delgado depuis 2017. Le renversement de la bannière est un défi direct lancé à Maputo, qui peine de plus en plus à enrayer ce mouvement.

Alors qu’environ 10 000 personnes étaient enregistrées comme positives au coronavirus en Afrique au 7 avril, l’épidémie a déjà eu des impacts énormes. Les conséquences pour les migrants, les réfugiés, les apatrides et tous les citoyens en déplacement ont été et continueront d’être particulièrement graves. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la plus grande zone de libre circulation de l’Afrique (15 pays), est un exemple de la vulnérabilité des migrants, quelles que soient les conditions dans lesquelles ils se trouvent.

Afrique : la plus grande zone de libre échange du monde en construction

L’Afrique n’a pas été épargnée par la pandémie du nouveau coronavirus. La propagation rapide du COVID-19 sur le continent est un sujet de grave préoccupation. Si les tout premiers cas confirmés étaient liés à des groupes européens, ce qui fait peur maintenant, c’est l’activation des chaînes locales de transmission qui aggrave encore les perspectives d’une diffusion généralisée du virus et menace de mettre à rude épreuve les capacités de gestion et de réaction africaines. Les fragilités des systèmes de santé, sur un continent où le nombre de lits de soins intensifs est dramatiquement rare sont des sources majeures de préoccupation, si l’on considère les besoins de prévention, de diagnostic et de contrôle dans les situations d’urgence.

Crises régionales au Sahel, Niger

Le week-end dernier, les ministres de défense d’onze pays européens, du Mali et du Niger ont issu une déclaration politique annonçant la création de la Task Force Takuba, qui, intégrée au commandement de la mission Barkhane, vise à lutter la menace terroriste et traiter les causes d’instabilité au Mali et dans la région du Sahel. Considérant la dégradation de la situation sécuritaire malgré l’engagement international extensif dans la région, cette approche est contestée – mais peut contribuer à un processus de paix durable tout en renforçant la capacité de l’Union d’agir dans les crises sécuritaires.

Le samedi 14 mars, lors d’un meeting du parti au pouvoir ZANU-PF, la ministre de la Défense du Zimbabwe, Oppah Muchinguri-Kashiri a affirmé que l’épidémie de coronavirus était une punition divine contre l’Occident pour les maux infligés par ce dernier à son pays. Si une telle accusation peut faire sourire, elle implique des réalités plus matérielles pour le Zimbabwe, qui pourrait être rapidement débordé en cas d’épidémie.

Au lendemain du sommet d’Addis-Abeba, une période de détente apparente entre les acteurs de la Corne de l’Afrique a été inaugurée. Dans l’esprit du traité de paix historique de septembre 2018 entre l’Ethiopie et l’Erythrée et du prix Nobel de la paix à Abiy Ahmed, un rapprochement est en cours entre la Somalie et le Somaliland (l’ancienne Somalie britannique). Ahmed et Farmajo devaient proposer une visite conjointe à Hargheisa, mais ils ont reçu le rejet du président du Somaliland, Muse Bihi. Malgré cela, la base d’une pacification semble assez solide.

Le sommet annuel des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine s’est tenu à Addis-Abeba les 9 et 10 février. Face à une excellente participation, dont celle du Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, l’événement éthiopien a été marqué par le difficile objectif « Faisons taire les armes », le principal slogan de l’Agenda 2063, voulu par le Président de la Commission africaine Moussa Faki Mahamat. Le point focal de la réunion a été fortement marqué par les conflits armés, de la Libye à la République centrafricaine, et par la cristallisation des projets de réforme que le nouveau président de l’UA, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, souhaite relancer.