Afriques Subsahariennes

Long format

Hier, Brice Oligui Nguema prêtait serment, devenant Président par intérim de la République gabonaise. Olivier Vallée revient sur l’histoire d’un État pétrolier dirigé, entre 1967 et 2023, par deux hommes, Omar et Ali Bongo. Mais la chute de ce clan est-elle définitive  ? Les nouveaux dirigeants du pays respecteront-ils le mouvement qu’ils ont suscité, notamment chez les jeunes  ? Une série de réponses à ces questions clefs, une semaine après le putsch.

Le continent est entré dans une nouvelle ère. Les coups d’État au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, au Niger ou la «  révolution de palais  » au Gabon ne seront pas les derniers. Mais l’illusion serait de penser qu’ils ont mis un terme à des régimes démocratiques. Dans une perspective au long cours, Achille Mbembe livre sa vision des causes profondes de la secousse africaine.

Les coups d’État se multiplient au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Le putsch d’aujourd’hui au Gabon s’inscrit dans une tendance régionale plus large — alimentant l’audace de ceux qui pourraient être tentés de suivre cet exemple. Pour comprendre les raisons d’une instabilité croissante, nous avons interrogé Wassim Nasr, spécialiste des mouvements djihadistes. Avec beaucoup de finesse, il décrit les stratégies diversifiés des différents acteurs qui s’affrontent sur le continent.

Un mois après le coup d’État ayant conduit à la destitution du président nigérien Mohamed Bazoum, des militaires ont annoncé avoir mis fin au régime d’Ali Bongo au Gabon. Selon les putschistes, ce coup d’État est motivé par les «  résultats tronqués  » ayant conduit à sa réélection.

Dans la nuit du 29 au 30 août, des militaires gabonais ont annoncé à la télévision la «  dissolution  » des principales institutions du pays. Le Président Ali Bongo Ondimba, chef de l’État depuis 14 ans, a été placé en «  résidence surveillée  ». Après le putsch au Niger, ce nouveau pronunciamento s’inscrit dans une série de coups de force que les réactions occidentales ne parviennent pas à freiner.

Derrière la menace d’une intervention militaire de la CEDEAO dans le Niger de la junte, le Nigéria de Tinubu avance un agenda. Pour inscrire cette séquence dans son contexte, Olivier Vallée met en lumière les liens entre les deux pays — de la géographie humaine à l’intrication économico-financières d’une partie des élites. À l’heure de choisir un camp, les diplomaties européennes devraient faire preuve de prudence et être attentives à ces dynamiques profondes.

Le 26 juillet 2023, le Président Bazoum a été séquestré avec sa famille par sa garde présidentielle. Depuis, une junte s’est installée à la tête du Niger, sans définir ses intentions, déstabilisant toute la région sahélienne. Quelques semaines avant ces événements, Mohamed Bazoum se confiait sur un pilier clef de son action politique. Nous publions aujourd’hui son dernier entretien avant le putsch.

Alors qu’une réunion des chefs d’états-majors de la CEDEAO — reportée sine die — doit se réunir à Accra sur la situation au Niger, l’organisation semble peiner à trouver la voie d’un consensus. Dans cette étude, Anthony Guyon repart de l’histoire des interventions militaires de la communauté depuis les années 1990 pour poser la question de l’échelle d’intervention de la CEDEAO.