Afriques Subsahariennes

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Au lendemain de la conférence de Berlin sur la Libye, l’embargo sur les armes et le cessez-le-feu révèlent des signes de plus en plus criants d’effondrement. La nécessité de définir une feuille de route pour une reconstruction institutionnelle complète de la Libye a fait place à des dossiers spécifiques, comme le siège de Tripoli par la GNA à Haftar, ou l’état des puits de pétrole. Dans ce contexte, la communauté africaine, face à une forte ingérence étrangère, affronte le scénario libyen avec plus d’insistance, à travers le Sommet d’Alger et celui de Brazzaville.

Le 19 janvier 2020, la conférence de Berlin s’est tenue pour trouver les bases d’un futur accord politique pour la paix et la stabilisation en Libye. Les réactions à la fin de la réunion ont été d’un optimisme prudent, en raison notamment des incertitudes, dues à la volatilité du contexte. La Conférence de Berlin est née principalement pour tenter de faire avancer les choses avec une position unique de la part de l’Union européenne. Il faut cependant replacer cela dans le contexte d’un débat qui touche également l’autre organisation régionale, qui est le protagoniste de la Conférence  : l’Union africaine.

À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Emmanuel Macron l’avait annoncé aux côtés d’Alassane Ouattara en décembre  : c’en est fini du franc CFA dans la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine).

À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. L’année 2020 s’ouvrira en Afrique  : l’imminence de l’arrivée des troupes turques en Libye et la réunion du G5 Sahel marqueront l’avenir du continent.

Hage Geingob a été réélu président de Namibie, suite à l’élection présidentielle du 27 novembre. Le renouvellement du mandat du candidat de la SWAPO, parti historique de Sam Nujoma, n’a pas surpris, malgré les scandales de corruption et une situation économique qui inquiète certains investisseurs internationaux, dans un pays traditionnellement défini comme stable sur les plans politique et social.

L’élection présidentielle du 24 novembre en Guinée-Bissau, alors que le pays traverse une situation de crise politique profonde, sont un test nécessaire pour comprendre la résilience d’un pays de facto bloqué à partir de 2015, après la démission contestée du Premier ministre Pereira, voulue par Vaz, le premier président dans l’histoire du pays à terminer son mandat. De la guerre civile du milieu des années 1990 aux élections d’aujourd’hui  : montée et crise du PAIGC.

Dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, une série d’opérations militaires conjointes des armées des pays des Grands Lacs contre les embuscades des milices liées aux FDA (Force démocratiques alliées – Allied democratic forces) a été lancée. Il s’agit d’une opération d’envergure, comme d’autres précédentes, mais c’est un premier pas pour la diplomatie de Félix Tshisekedi, après une période d’abandon des avant-postes de l’Est. Récemment, la nouvelle de la mort de 10 civils est arrivée. La population civile réclame un engagement accru, mais les tensions entre le Rwanda et l’Ouganda pourraient limiter le spectre d’action.

Les 23 et 24 octobre, a eu lieu le sommet Russie-Afrique, rendez-vous fondamental pour la diplomatie moscovite, qui voit depuis des années le continent noir comme un potentiel scénario d’expansion. Outre les limites claires d’un pays qui a toujours eu du mal à ignorer le continent, il y a la ferme volonté de définir des scénarios distincts au niveau de la coopération et de l’énergie, les deux fondations sur lesquelles Poutine veut agir. Quelles sont les perspectives pour la «  PoutineAfrique  »  ?