Pour comprendre les enjeux au Sahel, au lendemain de la réunion du 4 juillet, Olivier Vallée nous fait passer par le Niger, pilier essentiel dans l’architecture sécuritaire de la région.
Pour comprendre les enjeux au Sahel, au lendemain de la réunion du 4 juillet, Olivier Vallée nous fait passer par le Niger, pilier essentiel dans l’architecture sécuritaire de la région.
La tentative de coup d’État en Éthiopie de la nuit du 22 au 23 juin, qui a entraîné la mort du gouverneur de la province d’Amhara, pose à nouveau un problème cyclique, celui de la relation entre le centralisme d’État et les différentes nationalités présentes dans le pays. Ce ne sont pas les réformes démocratiques d’Abi Ahmed qui inquiètent, mais les programmes de réconciliation gérés par Addis-Abeba avec une approche centralisée que certains vivent comme un affront. La politique étrangère conciliatrice à l’égard de l’Érythrée est un autre facteur de mécontentement.
En 1989, le colonel Omar el Béchir prenait le pouvoir par les armes au Soudan, en mettant fin à l’ordre constitutionnel civil et destituant de ce fait, le premier ministre Sadhi al Malek. Le 11 décembre 2018, un mouvement de contestation populaire initié par l’Association des Professionnels Soudanais (APS), est parvenu après quatre mois de contestation populaire à lui destituer. Toutefois, rien n’est gagné par la société civile puisque la création du Conseil Militaire de Transition (CMT), en charge de conduire la période de transition et d’ouvrir le dialogue politique avec la société civile soudanaise, entend profiter de cette période de transition pour y demeurer.
Avec la signature de l’accord de paix entre l’Éthiopie et l’Érythrée en septembre 2018, une nouvelle saison diplomatique a été inaugurée entre les deux pays et dans toute la Corne de l’Afrique. Cependant, les craintes suscitées par les tensions latentes sur les différends frontaliers et la situation encore très compliquée des droits de l’homme en Érythrée doivent s’ajouter à l’enthousiasme suscité par ce lent processus de pacification.
Le 30 mai est la date officielle de lancement de la Zone de libre échange pour l’Afrique (AfCFTA), l’un des piliers de l’Union africaine. La fin de toutes les barrières commerciales entre les États du continent n’est cependant que la première étape du processus d’intégration, dont la durée n’a pas encore été définie. De plus, la plus grande zone de libre-échange du monde n’inclut pas pour le moment le Nigéria. Un autre problème non résolu est de savoir comment intégrer l’AfCFTA dans les politiques de la Chine et de l’Union.
Le 29 mai, l’ONU célébrait la journée des Nations Unies pour les missions de maintien de la paix, consacrée à la mémoire des personnes tuées sur le terrain et à la définition des perspectives d’avenir dans les pays où intervient l’ONU. L’analyse de l’état actuel des missions confirme la tendance actuelle à une contribution très polarisée : les pays du « Nord » sont associés à un soutien logistique et financier, tandis que les pays du « Sud » fournissent l’essentiel des forces déployées. Cette tendance est également confirmée pour les opérations régionales. Cependant, les contributions financières ont diminué.
Le 21 mai, après quatre mois de médiation, Sylvestre Ilunga Ilukamba a été nommé le Premier ministre de la République démocratique du Congo. C’est le résultat de longues négociations entre Felix Tshisekedi et l’ancien président Joseph Kabila, dont le parti est majoritaire au Parlement. Avec cette nomination, le projet réel de « réconciliation nationale », pilier de la nouvelle présidence,peut commencer. Le retour de Moise Katumbi et les problèmes des milices, cependant, sont un facteur inconnu.
La République de Djibouti est au coeur de différentes dynamiques géopolitiques dans une région où s’accumulent guerres et foyers potentiels d’instabilité. L’économie de l’État est très dépendante de la présence militaire étrangère sur son territoire. L’Italie a investi massivement dans le pays, avec une base de la Marine et des Carabiniers, très actifs dans le cadre des projets communs européens. Il s’agit d’une tentative de Rome de se doter d’une projection géopolitique entre la Corne de l’Afrique et la péninsule arabique, malgré son manque de ressources.
Le ministère de la Défense ougandais a annoncé un important plan d’investissement pour renforcer les forces armées nationales. L’augmentation des dépenses militaires a été l’un des piliers de la politique du président Museveni ces dernières années. Les points centraux sont deux : la centralité de la Russie comme fournisseur (qui se base sur un rôle de premier plan dans le continent s depuis quelques années) et la hausse des investissements dans l’armement en Ouganda, dans un cadre régional qui enregistre une diminution significative.
Les élections législatives béninoises du 28 avril, régies par un nouveau code électoral n’ayant permis qu’au parti présidentiel de Patrice Talon et de ses alliés de présenter des candidats, ont été suivies d’une vague de contestation. Les manifestations ont été réprimées avec des tirs à balles réelles de la part des forces de l’ordre. Considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, le système béninois se trouve dans une situation périlleuse.