Afriques Subsahariennes

Long format

Le SIPRI a publié son rapport régulier sur les exportations d’armes et le marché mondial des armes classiques. L’Arabie saoudite occupe le premier rang des pays importateurs, entraînant avec lui l’ensemble du Golfe Persique. En ce qui concerne le continent africain, l’Égypte et l’Algérie sont en première ligne, tandis que l’Afrique subsaharienne reste très polarisée autour de quelques centres  : Nigeria, Angola, Soudan, Cameroun et Sénégal.

Kigali et Kampala sont au centre d’une crise diplomatique sans précédent. Le 5 mars, le Rwanda a accusé l’Ouganda d’avoir abrité deux miliciens rwandais recherchés par les autorités de Kigali pour leurs activités illégales en République démocratique du Congo. Les deux pays s’accusent mutuellement de soutenir les mouvements d’opposition internes respectifs. C’est depuis la deuxième guerre du Congo que les relations entre Museveni et Kagame se sont aussi fortement détériorées.

Le président sortant Muhammadu Buhari a gagné les élections au Nigeria le samedi 23 février. Il a vaincu son adversaire principal Atiku Abubakar, ancien vice-président entre 1999 et 2007 par 15,2 millions de voix à 11,3 millions (56  % des voix). Le perdant a annoncé qu’il fera appel, ce qui est peu surprenant car beaucoup ont accusé le gouvernement de trucage électoral. Il est difficile d’envisager une annulation du résultat. Cela signifie que le Nigéria va, très probablement, poursuivre ses politiques actuelles.

Pour les élections au Sénégal du 24 février, les enjeux sont particulièrement grands pour le pays qui va bientôt commencer l’exploitation de ressources pétrolières et gazières. Ces élections sont marquées du sceau de l’incertitude, du fait de la recomposition de la scène politique sénégalaise et d’une jeunesse qui s’intéresse de plus en plus à la politique et qui est réceptive aux discours souverainistes.

Le commando des forces américaines en Afrique, Africom, a effectué un exercice conjoint avec les armées du G5 Sahel. En termes de participation et d’effectif, cette opération compte parmi les plus importantes de l’histoire de la présence militaire américaine sur le continent. En outre, elle témoigne de la stratégie annoncée par les autorités militaires américaines pour 2019, qui fait figurer cette région parmi les priorités, avec la Somalie.

Les élections présidentielles au Nigeria, reportées dans la nuit du 15 au 16 février auront lieu le 23 février 2019 et non pas le 16 février comme prévu. Elles verront s’affronter 72 candidats et 91 partis politiques en lice. Cependant l’élection se joue essentiellement entre deux candidats ayant des visions très différentes, le président sortant Muhammadu Buhari et Atiku Abubakar, ancien vice-président entre 1999 et 2007. La campagne s’est concentrée sur les trois enjeux qui ont mené Buhari au pouvoir en 2015  : la lutte contre la corruption, la sécurité et l’économie.

Début février, les journaux et les think tanks italiens ont diffuséé le texte intégral de l’accord de coopération en matière de défense signé entre l’Italie et le Niger en septembre 2017. Le caractère central de la vente d’armes à Niamey, base d’une militarisation dangereuse du pays, suscite de nombreuses interrogations. Les positions du gouvernement italien actuel semblent suivre la ligne de la législature précédente.

Après 10 jours de négociations, le gouvernement de la République centrafricaine et 14 groupes armés sont parvenus à un accord de paix pour la stabilisation du contexte de guerre à Bangui. Toutefois, le contenu exact de l’accord reste un mystère et est déjà largement critiqué par de nombreux experts et journalistes. Les deux points centraux sont l’amnistie et les processus de désarmement, dans le respect de l’embargo de l’Onu. En effet, après une prolongation de la période d’embargo, le Conseil de sécurité envisage d’assouplir certaines de ses interdictions.