La République centrafricaine est au centre d’un sommet conjoint gouvernement-milice à Khartoum. Ce n’est pas la première tentative de médiation dans la crise qui affecte le pays depuis 2013, mais cette fois-ci la rencontre pourrait être le prélude à un processus de légitimation du président centrafricain Touadéra, qui reçoit le soutien d’un grand groupe d’acteurs internationaux, la France et la Russie en tête. La question de l’embargo sur les armes reste toutefois un motif de préoccupation pour les diplomaties régionales.
Ces dernières semaines, la Somalie est redevenue un sujet du débat médiatique. L’attentat d’Al-Shabaab à Nairobi et l’expulsion du représentant de l’ONU ont fait monter le niveau de tension et soulevé de nombreux doutes parmi les organisations internationales quant à la solidité de la gouvernance somalienne. Une solidité d’autant plus remise en question que l’Union Africaine a esquissé un plan de retrait de la mission AMISOM qui pourrait bouleverser l’équilibre dans le pays.
Luigi Di Maio a accusé l’héritage colonial et plus particulièrement l’un de ses vestiges, le Franc CFA, d’être à l’origine des vagues migratoires vers l’Europe. Une accusation qui est largement infondée. Si le Franc CFA peut jouer un rôle dans le sous-développement africain en empêchant les pays concernés de mener une politique monétaire indépendante , il permet dans le même temps à ces pays de jouir d’une certaine stabilité monétaire. Or c’est plutôt l’instabilité monétaire qui peut entraîner des vagues migratoires, comme ce fut le cas entre le mexique et les Etats-Unis. De plus, la majorité des demandeurs d’asile et réfugiés en Italie ne vient pas des pays de la zone FCFA.
Après les voyages du Premier Ministre et du Ministre des Sports israélien en Oman et aux Emirats Arabes Unis en octobre dernier, Netanyahou s’est rendu au Tchad pour donner un nouvel élan aux relations entre Tel Aviv et les pays du continent africain. La mission du Premier ministre cache plus d’une signification (géo-)politique : la nouvelle position internationale d’Israël, l’opposition du front africain pro-palestinien et une rapide marche vers une normalisation complète des rapports avec les pays arabo-sunnites, par stratégie anti-iranienne.
Début février, Le Caire prendra la tête de l’Union africaine pour un an. Bien que la rhétorique officielle tourne autour du renforcement des échanges commerciaux et financiers entre les pays africains, l’Égypte devrait également profiter de cette occasion pour défendre ses propres intérêts, en particulier sécuritaires, et avancer ses pions sur le continent.
Le plus récent carnage de Al Shabaab au Kenya, dans l’hôtel DusitD2 à Nairobi le mardi 15 janvier, a fait au moins 21 morts. Il rappelle que sa capacité d’organiser des attaques complexes sur des cibles de haute valeur n’a pas diminuée. Bien que le combat que mène ce mouvement somalien soit d’abord nationaliste, il risque de s’étendre aux pays voisins et à des problématiques sociales distinctes.
En République Démocratique du Congo, la CENI et la CENCO bouleversent le pays, et les diplomaties régionales cherchent à trouver un terrain d’entente.
PolitiqueImmédiatement après le dépouillement et l’annonce des résultats par la CENI, le débat en République Démocratique du Congo s’est déplacé sur la crédibilité des élections présidentielles du 30 décembre dernier. Le principal problème concerne le rôle de la CENI, observateur spécial, en conflits avec les autres institutions de la société civile. En attendant, la communauté régionale, de plus en plus préoccupée par la situation, se fait entendre.
Nicholas Haysom, Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies en Somalie, fut déclaré persona non grata par le gouvernement somalien le 2 janvier dernier. Les protestations des Nations Unies appuyées par plusieurs États n’ont rien changé. Prise au nom de la souveraineté par un gouvernement largement dépendant du soutien externe, cette mesure soulève des questions intéressantes sur le rapport de forces entre les gouvernants d’un État failli comme la Somalie et leurs donateurs.
La Commission nationale électorale indépendante (Ceni) s’est réunie en assemblée plénière le 9 janvier, jour où une partie seulement des résultats de l’élection présidentielle et des élections provinciales en République démocratique du Congo a été annoncée. Entre confirmation de certaines tendances et émergence de nouvelles personnalités, Felix Tshisekedi a été désigné vainqueur des élections présidentielles avec 50 % des suffrages exprimés. L’incertitude et les tensions autour de ce nom ne sont pas de bon augure pour l’avenir.
Le Soudan connaît la plus grande vague des manifestations contre le régime du président Omar el-Béchir depuis 2013. Le pays qui traverse une grave crise économique depuis des années, a vu des milliers de manifestants descendre dans la rue pour protester contre la hausse du prix du pain, mais en quelques jours leur revendication principale est devenue la démission du président, qui pourrait faire face à son plus grand défi depuis son arrivée au pouvoir.