En réponse à la tentative annoncée par Donald Trump de forcer la réouverture du détroit d’Ormuz en faisant « guider » les navires marchands par la marine américaine, l’Iran a frappé hier, lundi 4 mai, le port émirati de Fujaïrah, provoquant un incendie dans la zone industrielle pétrolière de la ville.
Il ne s’agit pas de n’importe quelle cible.
- Les Émirats arabes unis, pionniers des accords d’Abraham, sont le principal allié d’Israël et des États-Unis Unis dans la région, ce qui en fait l’adversaire le plus irréductible du régime iranien.
- Le pays a été à ce titre – et de loin – la cible principale des frappes iraniennes de missiles et de drones dans le Golfe au cours de la phase active de la guerre contre l’Iran, depuis le 28 février.
- Selon l’INSS, les Émirats arabes unis ont été visés par plus de 2 200 drones et 560 missiles iraniens depuis le début de la guerre.
Les Émirats arabes unis viennent de plus d’annoncer leur départ, qui a pris effet le 1er mai, de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont font partie l’Iran et l’Arabie saoudite notamment. Pour Abou Dhabi, l’objectif principal est d’accroître rapidement ses exportations de pétrole, sans avoir à tenir compte donc des quotas imposés par l’OPEP.
- Il s’agit donc pour les Émirats arabes unis de compenser les pertes économiques majeures provoquées par la guerre contre l’Iran, avec les nombreux départs de Dubaï et le blocage du transport aérien dans la région.
- Dans le cadre de cette stratégie, le port de Fujaïrah joue un rôle clef car c’est le seul du pays qui se trouve au-delà du détroit d’Ormuz, dans le golfe d’Oman.
- Les pétroliers peuvent ainsi partir vers l’océan Indien sans être exposés aux forces armées iraniennes qui contrôlent le détroit.
Endommager ce port et l’empêcher durablement de fonctionner constituait donc en tout état de cause un objectif stratégique pour le pouvoir iranien.
- Cette frappe ne devrait pas susciter une vive opposition du Qatar ou de l’Arabie saoudite, auxquels les Émirats arabes unis s’opposent de plus en plus ouvertement sur tous les dossiers dans la région — une rivalité ravivée ces derniers jours par le départ d’Abou Dhabi de l’OPEP.
- En agissant ainsi, le régime iranien affaiblit donc gravement l’allié principal des États-Unis dans la région sans risquer de déclencher, au-delà de déclarations diplomatiques, une réaction de solidarité des pays du Golfe.