En 2025, dans ses prévisions de printemps, le Fonds monétaire international anticipait une croissance du PIB de 4 % en moyenne pour les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar et Oman). Cette année, l’institution prévoit une croissance quasi nulle.

  • La guerre israélo-américaine contre l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz qui s’en est suivi a durement impacté les États du Golfe.
  • Cela fait désormais plus d’un mois que les champs pétroliers et gaziers sont à l’arrêt, et la réouverture du détroit ne permettra pas une reprise immédiate de la production.
  • Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, estime en effet qu’il faudrait environ deux ans pour que les pays du Golfe retrouvent leurs niveaux de production d’avant-guerre 1.

Le Fonds monétaire a considérablement revu à la baisse ses prévisions de croissance cette année dans ses dernières projections, publiées le 14 avril. Le Qatar est le pays potentiellement le plus impacté, avec une contraction de son PIB de près de 9 % 2.

L’an dernier, à la même période, le FMI anticipait une croissance de 5,6 % pour le pays en 2026. 

  • L’Irak, qui dépend du détroit d’Ormuz pour la quasi-totalité (97 %) de ses exportations de pétrole, pourrait voir son PIB chuter de 7 %.
  • L’Iran serait le 3e pays le plus impacté, avec une contraction de 6 % de son PIB. L’an dernier, le FMI anticipait une croissance de 1,1 %.

S’ils pourraient être moins concernés par la fermeture du détroit, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis voient eux aussi leurs perspectives de croissance revues à la baisse (respectivement -0,6 et -1,8 point). Il s’agit en effet des deux pays qui dépendent le moins d’Ormuz pour leurs exportations d’hydrocarbures : Riyad dispose d’un pipeline Est-Ouest qui relie ses champs pétroliers du golfe Persique au port de Yanbu, sur la mer Rouge, tandis que les Émirats peuvent exporter une partie de leur production via l’oléoduc Habshan-Fujaïrah, qui donne sur le golfe d’Oman.

  • Le FMI souligne néanmoins qu’une crise prolongée pourrait conduire l’institution à revoir à la baisse ses projections pour 2026 et 2027.
  • Celle-ci voit en effet toujours une croissance positive pour l’an prochain, avec un effet rebond attendu pour le Qatar (+8,6 %) et l’Irak (+11,3 %) également.
  • Pour l’Iran, la croissance l’an prochain serait de 3,2 %, ce qui correspond à la moitié de ses pertes économiques estimées pour cette année.