Asie Intermédiaire

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Des drones ont attaqué les sites de production d’Abqaiq et de Khurais, propriétés d’Aramco, la compagnie pétrolière publique d’Arabie saoudite. Si l’attaque a été revendiquée par les rebelles yéménites, Washington pointe du doigt la responsabilité de l’Iran alors que les marchés ouvrent à la hausse. Cette attaque réduit ainsi temporairement de moitié les capacités de production du premier producteur mondial d’or noir et relance les tensions autour de cette ressource. Elle accroît la nervosité autour d’un Accord sur le nucléaire iranien déjà vacillant, tout en ravivant le spectre d’un conflit régional de grande ampleur.

L’Ouzbékistan a lancé la construction de la première centrale nucléaire d’Asie centrale. Elle est financée par la Russie et construite par le géant russe de l’énergie nucléaire Rosatom en coopération avec le Combinat minier et métallurgique de Navoï, l’entreprise publique ouzbèke monopolisant la filière de l’uranium. Pour 13 milliards de dollars, le pays entend ainsi assurer sa sécurité énergétique.

Le président indien Ram Nath Kovind a atterri le 30 juillet à Banjul (Gambie), première étape de sa visite d’État en Afrique. Il visitera également le Bénin et la Guinée avant de rentrer en Inde le 3 août. L’importance de cette initiative réside dans la perception qu’a New Delhi de l’Afrique et dans quelle mesure cela a influencé sa politique à l’égard du continent. Coincé entre le passé de Gandhi et les «  10 principes  » de Modi ainsi que la rivalité sans fin avec la Chine, ce voyage est une occasion de comprendre les intentions de New Delhi en Afrique.

Dans un contexte de crise des pétroliers et de tensions diplomatiques avec le Royaume Uni, Téhéran a salué la nomination officielle de Boris Johnson au poste de Premier ministre britannique le 24 juillet. Le président Rohani s’est dit prêt à des négociations « justes » et a ouvert la possibilité d’échanger les pétroliers arraisonnés. L’Iran opte pour une stratégie de la désescalade car son intérêt est de privilégier une diplomatie de l’apaisement. Alors que les tensions ont atteint un paroxysme, la nomination de Johnson peut apparaître comme une opportunité pour changer la dynamique et initier des négociations.

La saisie par l’Iran du pétrolier battant pavillon britannique Stena Impero dans le golfe Persique relance à Londres le débat sur la capacité de la Royal Navy à sécuriser les voies de communication maritime autour desquelles s’articule le commerce international. Avec seulement six destroyers de classe Daring et treize frégates de classe Duke, cette dernière n’est tout simplement plus en mesure de parer à l’ensemble des menaces pesant sur les intérêts britanniques, une situation liée à la réduction continue des dépenses militaires de ces dernières décennies.

Le ministère du Renseignement iranien a affirmé qu’il avait démantelé un réseau de 17 espions iraniens qui auraient été recrutés par la CIA. Si l’information est à prendre avec d’immenses précautions, elle pourrait également révéler des rivalités internes entre les services de renseignement du gouvernement et ceux des Gardiens de la Révolution.

Lundi 22 juillet, Imran Khan, Premier ministre du Pakistan, a rencontré Donald Trump lors d’une visite d’État à Washington visant à renouer des relations plus cordiales entre les deux pays. Cependant, la visite est l’occasion de se rendre compte du désintérêt de fond que l’administration Trump porte à la région, uniquement analysée à l’aune de la nécessité de retirer les troupes d’Afghanistan pour la campagne électorale de 2020.

Les récentes péripéties de l’Accord sur le nucléaire iranien illustrent la difficulté à juguler un programme d’enrichissement mature et sous-tendu par la revendication du droit souverain à enrichir de l’uranium à des fins civiles inscrit dans les traités internationaux. Entre développement légitime du secteur électronucléaire civil et risques de prolifération, comment désamorcer les tensions liées à l’enrichissement d’uranium  ?

Federica Mogherini, la haute représentante pour la politique étrangère de l’Union européenne, s’est rendue à Ashgabat le 6 juillet dernier. L’objectif de cette venue était la mise en place d’une délégation européenne au Turkménistan, dernier pays d’Asie centrale à en être dépourvu.