Alessandro Rosa


Le SIPRI a publié son rapport régulier sur les exportations d’armes et le marché mondial des armes classiques. L’Arabie saoudite occupe le premier rang des pays importateurs, entraînant avec lui l’ensemble du Golfe Persique. En ce qui concerne le continent africain, l’Égypte et l’Algérie sont en première ligne, tandis que l’Afrique subsaharienne reste très polarisée autour de quelques centres : Nigeria, Angola, Soudan, Cameroun et Sénégal.

Kigali et Kampala sont au centre d’une crise diplomatique sans précédent. Le 5 mars, le Rwanda a accusé l’Ouganda d’avoir abrité deux miliciens rwandais recherchés par les autorités de Kigali pour leurs activités illégales en République démocratique du Congo. Les deux pays s’accusent mutuellement de soutenir les mouvements d’opposition internes respectifs. C’est depuis la deuxième guerre du Congo que les relations entre Museveni et Kagame se sont aussi fortement détériorées.

Le commando des forces américaines en Afrique, Africom, a effectué un exercice conjoint avec les armées du G5 Sahel. En termes de participation et d’effectif, cette opération compte parmi les plus importantes de l’histoire de la présence militaire américaine sur le continent. En outre, elle témoigne de la stratégie annoncée par les autorités militaires américaines pour 2019, qui fait figurer cette région parmi les priorités, avec la Somalie.

Début février, les journaux et les think tanks italiens ont diffuséé le texte intégral de l’accord de coopération en matière de défense signé entre l’Italie et le Niger en septembre 2017. Le caractère central de la vente d’armes à Niamey, base d’une militarisation dangereuse du pays, suscite de nombreuses interrogations. Les positions du gouvernement italien actuel semblent suivre la ligne de la législature précédente.

Après 10 jours de négociations, le gouvernement de la République centrafricaine et 14 groupes armés sont parvenus à un accord de paix pour la stabilisation du contexte de guerre à Bangui. Toutefois, le contenu exact de l’accord reste un mystère et est déjà largement critiqué par de nombreux experts et journalistes. Les deux points centraux sont l’amnistie et les processus de désarmement, dans le respect de l’embargo de l’Onu. En effet, après une prolongation de la période d’embargo, le Conseil de sécurité envisage d’assouplir certaines de ses interdictions.

La République centrafricaine est au centre d’un sommet conjoint gouvernement-milice à Khartoum. Ce n’est pas la première tentative de médiation dans la crise qui affecte le pays depuis 2013, mais cette fois-ci la rencontre pourrait être le prélude à un processus de légitimation du président centrafricain Touadéra, qui reçoit le soutien d’un grand groupe d’acteurs internationaux, la France et la Russie en tête. La question de l’embargo sur les armes reste toutefois un motif de préoccupation pour les diplomaties régionales.

Ces dernières semaines, la Somalie est redevenue un sujet du débat médiatique. L’attentat d’Al-Shabaab à Nairobi et l’expulsion du représentant de l’ONU ont fait monter le niveau de tension et soulevé de nombreux doutes parmi les organisations internationales quant à la solidité de la gouvernance somalienne. Une solidité d’autant plus remise en question que l’Union Africaine a esquissé un plan de retrait de la mission AMISOM qui pourrait bouleverser l’équilibre dans le pays.

Immédiatement après le dépouillement et l’annonce des résultats par la CENI, le débat en République Démocratique du Congo s’est déplacé sur la crédibilité des élections présidentielles du 30 décembre dernier. Le principal problème concerne le rôle de la CENI, observateur spécial, en conflits avec les autres institutions de la société civile. En attendant, la communauté régionale, de plus en plus préoccupée par la situation, se fait entendre.

La Commission nationale électorale indépendante (Ceni) s’est réunie en assemblée plénière le 9 janvier, jour où une partie seulement des résultats de l’élection présidentielle et des élections provinciales en République démocratique du Congo a été annoncée. Entre confirmation de certaines tendances et émergence de nouvelles personnalités, Felix Tshisekedi a été désigné vainqueur des élections présidentielles avec 50% des suffrages exprimés. L’incertitude et les tensions autour de ce nom ne sont pas de bon augure pour l’avenir.