Alessandro Rosa


Un accord de paix historique a été signé au Mozambique le 1er août. Les signataires, Filipe Nyusi, président du Mozambique, et Ossufo Momade, chef du mouvement d’opposition RENAMO, ont ainsi tracé la feuille de route en vue des prochaines élections générales. L’accord porte notamment sur la réintégration sociale et syndicale des militants après les crises de 2013, mais peut-on le comparer aux accords de Rome de 1992 ?

Le président indien Ram Nath Kovind a atterri le 30 juillet à Banjul (Gambie), première étape de sa visite d’État en Afrique. Il visitera également le Bénin et la Guinée avant de rentrer en Inde le 3 août. L’importance de cette initiative réside dans la perception qu’a New Delhi de l’Afrique et dans quelle mesure cela a influencé sa politique à l’égard du continent. Coincé entre le passé de Gandhi et les « 10 principes » de Modi ainsi que la rivalité sans fin avec la Chine, ce voyage est une occasion de comprendre les intentions de New Delhi en Afrique.

Ursula von der Leyen a été officiellement élue présidente de la Commission par le Parlement européen. Outre les questions déjà connues dans son discours (changement climatique, évolution du marché du travail, changement démographique), la question des migrations, liée à la ligne politique sur l’Afrique, reste à définir. Pour mieux comprendre et prévoir les positions qu’elle prendra au Berlaymont, il est utile de revenir sur sa carrière de ministre de la Défense en Allemagne.

Bosco Ntaganda, lieutenant de Laurent Nkunda et du Congrès national pour la défense de la population (CNDP), a été reconnu coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. L’accusation porte sur les faits commis dans l’Ituri et dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en 2009. « Terminator », ainsi appelée par ses partisans, était à la tête d’une armée rwandaise au centre de programmes de cooptation des milices qui visaient à la pacification de la RD Congo-Rwanda. À cette importante condamnation s’ajoutent d’autres mandats d’arrêt contre un autre chef de guerre bien connu.

L’attaque de Tajoura par les forces aériennes de Khalifa Haftar, qui a causé la mort d’au moins 44 migrants logés dans le centre de détention, a ouvert un nouveau front diplomatique inattendu. Cela représente une véritable « ligne rouge » pour les diplomaties internationales et les autres acteurs actifs sur le terrain. Parmi ceux-ci, on trouve l’axe États-Unis-Émirats arabes unis, défini par une forte coopération en matière de défense qui pourrait s’envoler étant donné l’ambiguïté d’Abou Dhabi sur le scénario libyen. L’incapacité de Washington à maintenir l’équilibre en Libye apparaît de plus en plus évidente.

La tentative de coup d’État en Éthiopie de la nuit du 22 au 23 juin, qui a entraîné la mort du gouverneur de la province d’Amhara, pose à nouveau un problème cyclique, celui de la relation entre le centralisme d’État et les différentes nationalités présentes dans le pays. Ce ne sont pas les réformes démocratiques d’Abi Ahmed qui inquiètent, mais les programmes de réconciliation gérés par Addis-Abeba avec une approche centralisée que certains vivent comme un affront. La politique étrangère conciliatrice à l’égard de l’Érythrée est un autre facteur de mécontentement.

Le SIPRI a publié la nouvelle édition de son rapport périodique sur les arsenaux nucléaires dans le monde. La situation présente de curieuses anomalies. Les processus de recherche et de modernisation sont toujours en cours et s’intensifient, mais les ogives ont tendance à être beaucoup plus limitées. Dans un contexte multipolaire très instable et avec une situation mondiale de croissance des arsenaux d’armements conventionnelles, cette pratique n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Mais quelle est l’incidence réelle des armes nucléaires dans la dynamique militaire actuelle?

Avec la signature de l’accord de paix entre l’Éthiopie et l’Érythrée en septembre 2018, une nouvelle saison diplomatique a été inaugurée entre les deux pays et dans toute la Corne de l’Afrique. Cependant, les craintes suscitées par les tensions latentes sur les différends frontaliers et la situation encore très compliquée des droits de l’homme en Érythrée doivent s’ajouter à l’enthousiasme suscité par ce lent processus de pacification.

Le 30 mai est la date officielle de lancement de la Zone de libre échange pour l’Afrique (AfCFTA), l’un des piliers de l’Union africaine. La fin de toutes les barrières commerciales entre les États du continent n’est cependant que la première étape du processus d’intégration, dont la durée n’a pas encore été définie. De plus, la plus grande zone de libre-échange du monde n’inclut pas pour le moment le Nigéria. Un autre problème non résolu est de savoir comment intégrer l’AfCFTA dans les politiques de la Chine et de l’Union.

Le 29 mai, l’ONU célébrait la journée des Nations Unies pour les missions de maintien de la paix, consacrée à la mémoire des personnes tuées sur le terrain et à la définition des perspectives d’avenir dans les pays où intervient l’ONU. L’analyse de l’état actuel des missions confirme la tendance actuelle à une contribution très polarisée : les pays du « Nord » sont associés à un soutien logistique et financier, tandis que les pays du « Sud » fournissent l’essentiel des forces déployées. Cette tendance est également confirmée pour les opérations régionales. Cependant, les contributions financières ont diminué.