Vera Marchand


La course pour la succession à Theresa May est lancée au sein du parti conservateur, avec onze candidats et un favori, Boris Johnson, qui reprend la ligne suggérée par Donald Trump  : sortie le 31 octobre, avec ou sans accord, et pas question de payer la facture de 44 milliards à l’Union avant un accord sur la future relation. Le jeu au Parlement n’en sera pas moins complexe, avec un risque de plus en plus grand de transformer la crise politique en crise constitutionnelle.

Après avoir affaibli et critiqué Theresa May, le président américain Donald Trump a pris position en faveur de Boris Johnson et Nigel Farage, à la veille de sa visite d’État à Londres où il a été accueilli par des manifestations populaires.

La démission, vendredi 24 mai, de Theresa May, en pleines élections européennes, ouvre la voie à une guerre de succession au sein du parti conservateur, alors que la poussée du parti de Nigel Farage, le Brexit Party, renforce le camp des Brexiteers. C’est toutefois au Parlement que le prochain premier ministre devra trouver une majorité, et les modérés du camp conservateur s’opposent toujours à un Brexit sans accord.

Alors que les négociations sur le Brexit entre le parti Conservateur et le parti Travailliste ont échoué, le nom de Boris Johnson est désormais le plus en vue à Londres pour succéder à Theresa May. L’ancien maire de Londres est le favori des militants tories, inquiets de la poussée du Brexit Party de Nigel Farage, donné en tête dans tous les sondages à la veille des Européennes.

L’Écosse revendique désormais ouvertement la volonté d’organiser un second référendum sur l’indépendance si le Brexit se confirme. Alors que Londres travaille à son divorce avec Bruxelles et que Theresa May a déclaré à plusieurs reprises que son gouvernement n’autoriserait pas un second référendum après celui de 2014, elle ferait face à l’hypothèse d’un divorce interne au Royaume-Uni.

Lors des élections locales britanniques qui ont eu lieu le 2 mai 2019, les deux principaux partis, Conservateur et Travailliste, ont subi une défaite dans de nombreuses circonscriptions au profit des Libéraux-Démocrates, des Verts ou encore de partis indépendants. Cela illustre la fragmentation de l’échiquier politique britannique, miné par les longues négociations sur le Brexit, mais reflète aussi une tendance présente dans d’autres pays européens comme l’Allemagne ou l’Espagne.

N’ayant pas préparé le fait que le Royaume-Uni reste plus longtemps au sein de l’Union, le gouvernement de Theresa May organise en catastrophe les élections européennes du 23 mai. Les 3,5 millions de citoyens de l’Union résidant au Royaume-Uni n’ont pas reçu à temps le formulaire qu’ils doivent retourner avant le 7 mai, attestant qu’ils ne voteront pas dans leur pays d’origine. Des députés travaillistes demandent un report de la date limite sous peine d’actions légales.