Olivier Lenoir


Les grand-messes économiques internationales seront au nombre de deux en fin de semaine prochaine et donneront un peu de relief à nos paysages de l’été. Du 22 au 24 août prochains, le symposium annuel des banques centrales de Jackson Hole, crucial pour la détermination de la Banque fédérale américaine (Fed), se tiendra dans les montagnes du Wyoming. En Europe, Biarritz et ses quatre kilomètres de littoral accueilleront le G7 du 24 au 26 août.

L’atmosphère paisible de Francfort-sur-le-Main est déjà perturbée par les tensions qui président à la nomination du successeur de Mario Draghi à la Banque centrale européenne (BCE) en octobre. Celles-ci traduisent tout à la fois des oppositions entre mesures prédéfinies et attention aux évolutions du marché, entre retour aux sources et appel à la créativité. Surtout, le processus de nomination témoigne de logiques politiques et nationales qui interrogent sa réalisation à l’échelle pertinente. Le Programme GEG | Économie propose dix points pour donner un sens à ces débats.

Dans un récent article, l’économiste néerlandais Peter van Bergeijk soutient que la démondialisation est à l’œuvre depuis plus de dix ans, bien avant que les populistes n’aient gagné du terrain et ne s’en soient fait les partisans. La politique de Trump ou le Brexit ne sont que les avatars d’un processus plus long qui rend urgente la rénovation de la gouvernance économique mondiale.

Tandis que le ministre des finances Bruno Le Maire met en place sa taxe GAFAM sur le chiffre d’affaires des géants du numérique, une tribune signée par intellectuels et politiques proches de la gauche réclame une réforme plus ambitieuse encore : un nouveau schéma de taxation des bénéfices au niveau international.

Une étude du CEP, un think tank allemand libéral, affirme que l’Euro a coûté à chaque français plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le problème est que ce chiffre est … faux. Le GEG | économie a trouvé de grossières erreurs méthodologiques qui disqualifient la démarche du CEP et laissent planer le doute sur sa bonne foi. Mais au-delà de la mise au point statistique, cette séquence révèle des points intéressants, tant sur les positions de la droite libérale allemande que sur les structures du débat public français. Le GEG | Économie vous en propose une synthèse en dix points.

La Cour Suprême des États-Unis a donné son feu vert à la procureure générale du Massachusetts afin qu’elle accède à des documents internes de la compagnie pétrolière américaine ExxonMobil, dans le but d’évaluer sa connaissance réelle du réchauffement climatique, qu’elle aurait ouvertement dissimulé à ses investisseurs et consommateurs. Exxon est en effet impliquée dans de nombreuses accusations liées au climat, ce qui ne l’a pas poussée à renoncer à ses activités polluantes.

Au cours d’une communication téléphonique tenue le lundi 10 décembre, la Chine s’est engagée à réduire les taxes à l’importation des voitures américaines, de 40 à 15 pour cent, et remet en cause la portée de son programme de transformation massive de l’industrie chinoise vers les nouvelles technologiques, qui inquiète les États-Unis. Cette annonce s’inscrit dans le contexte de trêve de la guerre commerciale sino-américaine, qui demeure cependant très fragile.

La Chine, sévèrement critiquée par de nombreux États, et en particulier les États-Unis, accusée de ne pas respecter les règles du commerce international, a finalement accepté de participer aux négociations, et de réfléchir à d’éventuelles concessions, visant à réformer l’OMC. Pékin reste cependant fort suspicieux et refuse que ces réformes se fassent au détriment de sa puissance économique et commerciale.