Olivier Vallée


Les dirigeants français et ivoiriens ont toujours cru que le FMI et la Banque mondiale étaient les anges exterminateurs du socialisme d’État et du protectionnisme économique. Et qu’en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara était le prophète du libéralisme. Analyse du bilan économique du pays lors d’élections présidentielles qui se déroulent dans un contexte de tension.

Le Bureau de l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique a livré un rapport sur l’impact de la Covid-19 sur l’Afrique et les politiques que le continent doit mettre en œuvre pour retrouver la croissance. Les banalités des constats et des propositions rejoignent la faiblesse de l’analyse statistique. Tout cela ne serait pas bien grave si les erreurs de stratégie économique n’avaient pas des conséquences terribles en matière de pauvreté et de faim.

Le premier octobre 2020, alors que l’attention se portait sur le Mali et sa transition vers un régime militaire, deux chercheurs américains osaient titrer leur papier «  How to Build Better Militaries in Africa  : Lessons from Niger  ». Pour les officiers supérieurs français, le soldat nigérien fut toujours considéré comme de seconde classe. Par contre, les auteurs de l’étude récente «  Defense Institution Building in Africa  », laissant de croire que le Niger est le bon élève, pensent que les États-Unis y ont réussi à atteindre un niveau de réformes stratégiques.

La presse française découvre que le président Trump a un candidat pour présider la Banque interaméricaine de développement. Mais Mauricio Claver-Carone a été élu par 30 des 48 gouverneurs représentant les États membres de cette institution régionale multilatérale de développement.

Sous l’impulsion du président Rajoelina et d’une partie de son gouvernement, Madagascar a fourni une réponse asymétrique à la pandémie de Covid-19. D’une part, l’action présidentielle offre une voie nationale et «  organique  » de traitement sanitaire à la maladie, et de l’autre, le cataclysme économique et social qu’elle produit ne semble recevoir qu’un traitement «  traditionnel  » des Institutions de Brettons Wood et du système financier international. Approfondissement sur la gestion d’une crise complexe dans le pays insulaire.

La composante religieuse des émeutes qui se déroulent ces jours-ci à Bamako, dans le district de Badalabougou, est importante, mais elle n’est pas la seule  : il s’agit d’un mouvement de mécontentement plus large et transversal qui remet en question le régime IBK – avec d’éventuelles conséquences importantes pour la France et le G5.

militaire italien Erbil Iraq coalition

Aujourd’hui, c’est la Méditerranée et les sables infinis du Sahel qui attirent l’attention sur l’Italie, du fait de sa présence diplomatique et militaire au Niger depuis 2018. Cette insertion dans le pré carré français ne s’est pas faite sans mal mais elle permet la redécouverte du poids de l’Italie en Libye. Les Français ont prêté peu d’attention pendant des décennies à l’expertise africaine de leur grande sœur latine et sont peu convaincus de ses apports martiaux. Pourtant, avec des effectifs qui ne sont pas considérables mais avec des combinaisons tactiques et politiques subtiles, l’Italie est présente militairement dans le monde des guerres.