Olivier Vallée


En 2020, une résolution des Nations-Unies sommait le Royaume-Uni de restituer l’archipel à l’île Maurice. Cette traversée de l’histoire mondiale pendant un demi-siècle de décolonisation, dont la bataille juridique et à la lutte politique menée par le peuple des Chagos contre les violations de l’indépendance des peuples est au coeur, est décortiquée dans le dernier ouvrage de Philippe Sands.

Le livre de Pauline Peretz Une armée noire, par le fruit de la collecte de documents, retrace les positions de la haute hiérarchie militaire américaine quant à l’emploi des soldats noirs à partir du cas de Fort Huachuca, en Arizona. Une lecture signée Olivier Vallée.

Près d’une semaine après le coup d’État soudanais, de nouveaux personnages entrent en jeu dans le gouvernement composé par les militaires, et en particulier des islamistes déjà au pouvoir lors de la précédente dictature. Olivier Vallée nous introduit en dix points aux mouvements et remaniements surprenants du pouvoir soudanais des derniers jours – à suivre de près.

Selon Olivier Vallée, certains impensés ont plombé le Sommet Afrique-France qui a eu lieu du 7 au 9 octobre à Montpellier à partir du rapport d’Achille Mbembe. Un problème de calibrage mais aussi de point de vue, notamment en ce qui concerne l’Afrique hors zone franc. Dans cette perspective, il appelle à un renouvellement de méthode pour prendre à bras le corps les transformations que connait le continent.

Olivier Vallée analyse le dernier numéro de la revue Hérodote, paru au troisième trimestre 2021, qui traite du chaos libyen et compte des contributions comme celles d’Alex van de Walle, Mary Fitzgerald ou encore Ali Bensaad.

De Madagascar à Nairobi en passant par Alger et Lagos, les grandes métropoles africaines sont toutes devenues des prototypes du concept récent de «  métropolisation  ». Olivier Vallée signe le deuxième article de notre série d’été consacrée au modernisme, dans lequel il dresse un tableau de l’architecture urbaine africaine non pas comme une tentative d’imitation de l’Occident, mais bien comme l’affirmation d’une recherche africaine résolument unique.

À la suite de l’annonce du Président de la République de mettre fin à l’opération Barkhane, un nouveau paysage se dessine, qui prend la forme d’une coalition dont les contours devraient être précisés dans le courant du mois de juillet. Pour prévoir cet après, il faut revenir sur les leçons polémologiques de cette opération extérieure française.

Le 10 juin 2021, l’Académie Internationale pour la lutte contre le terrorisme (AILCT) était inaugurée à Jacqueville, en Côte d’Ivoire. Son ambition opérationnelle et doctrinale trouve sa source dans le manuel de contre insurrection de David Galula. Il faut lire ce glissement polémologique et géographique à la lumière de l’annonce récente du retrait français du Mali.

Une semaine après avoir annoncé la suspension de la coopération avec l’armée malienne pour cause de désaccords politiques avec le nouveau pouvoir à Bamako, Emmanuel Macron a dénoncé «  les États qui décident de ne pas prendre leurs responsabilités  ». L’opération Barkhane devrait laisser place à une nouvelle mission internationale, après consultation des alliés de la France.

Des secousses viennent rebattre les cartes dans ces deux pays. Mais alors que le Tchad va continuer à recevoir des prêts et des aides car la succession du pouvoir y est entérinée, le Mali n’a pas encore franchi toutes les étapes de la normalisation. Dix points pour comprendre les différences des modes de transition au Mali et au Tchad, entre jeux de pouvoir nationaux et reconnaissance internationale.

Derrière le cliché du guerrier du désert, Idriss Déby avait surtout su se maintenir au pouvoir en utilisant le manuel de la contre-insurrection institutionnalisée. La vocation de la milice à ses ordres était de combiner oppression intérieure et lutte contre le terrorisme islamique. Alors qu’il s’éteint aujourd’hui, c’est un conseil militaire dirigé par l’un de ses fils qui prendra la relève.

Pour comprendre la politique menée par la France dans l’Océan indien, il faut revenir à la géographie.

Dans cette riche étude, Olivier Vallée nous replace, à la lumière des événements récents, dans le contexte historique et politique d’un espace réticulaire  : le canal du Mozambique.

Dimanche 21 février 2021 au soir, Joseph Kabila a quitté sa ferme à l’entrée de Lubumbashi pour gagner en avion la Zambie et, de là, les Émirats arabes unis. Sa destination, la cité de Dubaï. Celle-ci est un des pivots du système d’accumulation de richesse que la famille Kabila a construit au cours de plus de deux décennies de pouvoir en RDC.

La première épouse du président Issoufou est arrivée le 21 février à Dubaï, alors que le deuxième tour des élections présidentielles avait lieu au Niger. Mohamed Bazoum, le successeur désigné par Issoufou, entend remporter le scrutin dans des conditions contestables face à un opposant écarté du pouvoir depuis les années 1990. Ce combat douteux résonne avec celles que l’Afrique a connu en 2020, mais illustrent aussi le rôle prééminent de Dubaï. Outre l’asile offert à une «  world wide affluent African society  », la ville-monde développe à présent une géopolitique globale que bien des puissances post-impériales sont incapables d’assumer.

Magnifique archipel du nord de l’océan Indien, les Chagos constituent un objet géopolitique de conflit majeur, principalement entre le Royaume-Uni et l’île Maurice, son ancienne colonie. Lors de l’indépendance de l’île, les Britanniques ont transformé l’archipel en Territoire britannique de l’océan Indien (BIOT), en ont expulsé les Chagossiens et ont décidé d’en louer l’île principale, Diego Garcia, aux États-Unis pour y installer une base militaire stratégique. Jusqu’en 2020, le destin de l’archipel perdu a croisé plusieurs moments partagés avec le monde contemporain  : Wikileaks, le Brexit, le prix Nobel de littérature, tout une série de juridictions (CEDH, Haute Cour de justice britannique, etc.) et même l’Assemblée générale de l’ONU. Un processus de décolonisation toujours en cours.

Les dirigeants français et ivoiriens ont toujours cru que le FMI et la Banque mondiale étaient les anges exterminateurs du socialisme d’État et du protectionnisme économique. Et qu’en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara était le prophète du libéralisme. Analyse du bilan économique du pays lors d’élections présidentielles qui se déroulent dans un contexte de tension.

Le Bureau de l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique a livré un rapport sur l’impact de la Covid-19 sur l’Afrique et les politiques que le continent doit mettre en œuvre pour retrouver la croissance. Les banalités des constats et des propositions rejoignent la faiblesse de l’analyse statistique. Tout cela ne serait pas bien grave si les erreurs de stratégie économique n’avaient pas des conséquences terribles en matière de pauvreté et de faim.

Le premier octobre 2020, alors que l’attention se portait sur le Mali et sa transition vers un régime militaire, deux chercheurs américains osaient titrer leur papier «  How to Build Better Militaries in Africa  : Lessons from Niger  ». Pour les officiers supérieurs français, le soldat nigérien fut toujours considéré comme de seconde classe. Par contre, les auteurs de l’étude récente «  Defense Institution Building in Africa  », laissant de croire que le Niger est le bon élève, pensent que les États-Unis y ont réussi à atteindre un niveau de réformes stratégiques.

La presse française découvre que le président Trump a un candidat pour présider la Banque interaméricaine de développement. Mais Mauricio Claver-Carone a été élu par 30 des 48 gouverneurs représentant les États membres de cette institution régionale multilatérale de développement.

Sous l’impulsion du président Rajoelina et d’une partie de son gouvernement, Madagascar a fourni une réponse asymétrique à la pandémie de Covid-19. D’une part, l’action présidentielle offre une voie nationale et «  organique  » de traitement sanitaire à la maladie, et de l’autre, le cataclysme économique et social qu’elle produit ne semble recevoir qu’un traitement «  traditionnel  » des Institutions de Brettons Wood et du système financier international. Approfondissement sur la gestion d’une crise complexe dans le pays insulaire.

La composante religieuse des émeutes qui se déroulent ces jours-ci à Bamako, dans le district de Badalabougou, est importante, mais elle n’est pas la seule  : il s’agit d’un mouvement de mécontentement plus large et transversal qui remet en question le régime IBK – avec d’éventuelles conséquences importantes pour la France et le G5.

militaire italien Erbil Iraq coalition

Aujourd’hui, c’est la Méditerranée et les sables infinis du Sahel qui attirent l’attention sur l’Italie, du fait de sa présence diplomatique et militaire au Niger depuis 2018. Cette insertion dans le pré carré français ne s’est pas faite sans mal mais elle permet la redécouverte du poids de l’Italie en Libye. Les Français ont prêté peu d’attention pendant des décennies à l’expertise africaine de leur grande sœur latine et sont peu convaincus de ses apports martiaux. Pourtant, avec des effectifs qui ne sont pas considérables mais avec des combinaisons tactiques et politiques subtiles, l’Italie est présente militairement dans le monde des guerres.

La question de la dette sort de son confinement et, une fois de plus, la Chine est au premier rang  : Pékin détient 152 milliards de $ de créances, dont les trois-quarts ne sont pas concessionnelles. Sa position est double  : d’un côté, la Chine insiste sur la diversité des financements et leur éventuelle révision au cas par cas, et de l’autre côté, elle accepte d’être le souverain maître de la dette en Afrique et donc l’arbitre de la situation. Le cas de l’Angola est un bon exemple de la politique chinoise de la dette.

Mauricio Claver-Carone, le conseiller du président Trump pour les questions latino-américaines, est devenu le premier président américain de la Banque Interaméricaine de Développement. La presse et les milieux libéraux le considèrent un faucon qui réussit à jouer sur trois tableaux, entre le maintien de l’embargo pour Cuba, son caudillisme en Équateur et la déstabilisation du régime Maduro.

Si l’Amérique de Donald Trump peut sembler prendre à la légère sur son territoire la pandémie de la Covid-19, elle ne reste pas insensible à l’opportunité de reprendre l’initiative en Afrique tandis que ses alliés et adversaires semblent soit englués, soit incertains de leurs responsabilités.Tour de l’horizon du nouveau protagonisme de Washington dans le continent.

Le départ de Marc-Antoine Pérouse de Montclos, le rédacteur en chef d’Afrique Contemporaine, la revue de l’Agence Française de Développement, serait lié aux tensions politiques à l’intérieur de l’agence. Le blocage d’un rapport critique sur le Mali préparé par le directeur fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Durant les récentes élections au Mali, le CMA, allié au président Ibrahim Boubacar Keïta et branche électorale du HCUA, a démontré qu’il exerce encore un contrôle total dans l’Adagh, au Nord du pays. Un pouvoir qui, avec le soutien de l’Occident et du gouvernement central, témoigne l’impossibilité pour la population touareg de s’autodéterminer.

Promu numéro un de la défense angolaise, le général António Egídio de Sousa Santos a exercé les fonctions de chef d’état-major général adjoint chargé de l’éducation patriotique des Forces Armées Angolaises (FAA). À ce poste, à l’époque de Dos Santos, il était connu du doux nom de ”Disciplina” et était en étroite relation avec l’équipe chargée de purifier l’armée en 2014.