Pierre Mennerat


Le rejet catégorique par le ministre des Transports allemand, le 21 janvier, d’une limitation de vitesse sur les autoroutes et la controverse scientifique autour de la nocivité des émissions d’oxyde d’azote par les véhicules rappellent que l’automobile en Allemagne reste un sujet très politique.

Le parti de droite populiste allemand, par ailleurs empêtré dans une affaire de financement illégal, fera l’objet d’une évaluation approfondie par le renseignement intérieur à titre provisoire à cause des paroles et actions de sa branche la plus extrémiste.

Annegret Kramp-Karrenbauer, favorite pour la succession d’Angela Merkel à la tête de la CDU, s’est imposée sur le fil au second tour grâce à 51 pour cent des délégués. Cette victoire serrée confirme la stratégie de la chancelière, mais ne lève pas les doutes sur la transition à venir.

Après une nouvelle déconvenue électorale, la chancelière allemande a annoncé qu’elle cèdera en décembre la direction du parti chrétien-démocrate et quittera la politique en 2021. Une solution inédite pour régler dans la dignité sa propre succession, ce que ses prédécesseurs n’ont pas réussi à accomplir. Mais le processus de transition envisagé reste très incertain.

Après le bouleversement de l’équilibre politique en Bavière, c’est au tour de la Hesse d’élire son parlement régional. Les chrétiens démocrates pourraient à nouveau subir une défaite, au profit de leurs partenaires de coalition, les Verts, qui doivent confirmer une bonne série régionale.

Les élections qui se sont tenues dimanche 14 octobre en Bavière ont vu s’opérer une recomposition historique de la situation politique régionale, dans un contexte de forte participation (environ +10  % par rapport à l’élection de 2013). Si les orientations politiques futures du grand État prospère, catholique et conservateur du Sud de l‘Allemagne en seront certainement assez peu affectées, l’équilibre des forces – et c’est là tout le paradoxe – y est profondément et durablement bouleversé. À moyen terme, les résultats de ce vote pourraient peser sur l’avenir de la Grande coalition et, partant, sur les dynamiques politiques de toute l’Union européenne.