Gerardo Muñoz

Gerardo Munoz est Adjunct Professor à Lehigh University (Pennsylvanie). Il a publié l’anthologie Alberto Lamar Schweyer: ensayos sobre poetica y politica (Leiden: Bokeh, 2018) ; il est également l’auteur du volume Sovereignty, Catalanism, and Territorial Crisis in Spain (Leiden: Almenara Press, 2020) à paraître. Twitter : @GerardoMunoz87


Josep Vincent Boira est le commissaire du gouvernement espagnol pour le développement du projet de Corridor méditerranéen, sans doute le plus important travail d’infrastructure en Espagne aujourd’hui. Sa réflexion théorico-pratique de Boira sur ce projet ambitieux ouvre une série de questions relatives aux mutations territoriales à l’échelle mondiale. Nous avons discuté avec lui du projet Corridor dans le cadre des futures projections dans l’espace méditerranéen.

La conférence sur le conservatisme national, qui s’est tenue cette semaine à Rome, a réuni les dirigeants politiques les plus importants de la nouvelle droite nationaliste des deux côtés de l’Atlantique. La présence de Santiago Abascal et est avant tout un geste symbolique pour amorcer un nouvel internationalisme et aligner Vox sur la carte internationale.

La formation du nouveau gouvernement progressiste espagnol la semaine dernière, a finalement mis fin à plusieurs mois d’attente entre Pedro Sanchez (PSOE) et Pablo Iglesias (Unidas Podemos). Le rythme intense qui a caractérisé les deux dernières années de la vie politique espagnole a fait surgir de nombreux clivages chez les progressistes, tout en alimentant les sentiments proto-patriotiques de la droite.

Après deux ans de procès, la Cour suprême a rendu sa décision finale, qui accuse les dirigeants indépendantistes catalans d’un acte de sédition, entraînant des peines de prison de 9 à 13 ans. Cette décision ouvre une nouvelle phase de l’indépendantisme catalan, vacillant entre une campagne internationale des droits de l’homme et une véritable rhétorique sur l’amnistie. Toutefois, dans la courte période, la sentence de cette semaine ouvre les portes à de multiples variables, à des positions changeantes et à des effets imprévisibles avant les élections législatives.

L’impossibilité pour le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez de trouver un accord avec Podemos, démontre que le système politique espagnol est désormais marqué par une crise d’ingouvernabilité. Cette crise qui s’ouvre est définie par une méfiance populaire généralisée à l’égard des élites politiques, qui paraissent avoir abdiqué à leur rôle. Même la perspective de nouvelles élections ne semble pas pouvoir inverser la tendance d’une paralysie du système politique espagnol.

Figure majeure de la pensée politique espagnole, José Luis Villacañas est revenu avec nous sur la signification de l’épisode de la République de Weimar. Pour tenter de cerner le politique en Europe aujourd’hui, il croise les pensées de Weber, Schmitt, Blumenberg, Polanyi ou encore Kojève. Un riche entretien pour découvrir l’auteur d’Imperiofilia.

La nomination de Josep Borrell, ministre espagnol des Affaires étrangères, comme Haut représentant de l’Union pour la politique étrangère, pourrait avoir des conséquences à long terme non seulement pour la diplomatie Espagnole, mais aussi pour l’Union. Le premier défi pour le nouveau chef de la diplomatie européenne sera comment concrétiser une aspiration à une «  autonomie stratégique  ».

Dans la foulée des élections régionales en Espagne, il n’a pas fallu longtemps à Ciudadanos pour rompre avec Manuel Valls, qui était son candidat pour les élections à Barcelone. La cause principale du désaccord est le différend entre la décision de Ciudadanos de former des alliances de droite avec Vox et le souhait de Valls de maintenir la «  cohérence idéologique  » du libéralisme. Dans ce contexte, accorder à la maire sortante, Ada Colau, assez de voix pour un second mandat n’apparaît pas en rupture avec son projet. Ainsi, l’échec de Manuel Valls à Barcelone pourrait en conclusion raviver le fédéralisme et le plurinationalisme espagnols.

Après les élections en Andalousie, à Madrid, Ciudadanos le parti libéral de centre, allié de la République en Marche au niveau européen, a décidé de faire partie d’une alliance de droite avec le PP et, surtout, le parti d’extrême droite Vox. Il s’agit d’une ambiguïté qui montre un réel «  syndrome de Hamlet  », c’est-à-dire l’incapacité pour le parti à choisir clairement entre, d’une part, les «  engagements libéraux  » qu’il partage avec ses collègues européens et son alliance régionale concrète avec l’extrême droite espagnole.