Madrid

Le pape François, l’Espagne et le retour de Rome

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En pleine reprise de la crise du coronavirus, les Espagnols se sont réveillés la semaine dernière pour découvrir que le monarque émérite des Bourbons, le roi Juan Carlos Iᵉʳ, avait quitté le pays à la suite d’une enquête judiciaire en Suisse pour blanchiment d’argent et d’une enquête en cours pour fraude fiscale. En ces temps de division politique et de fragmentation sociale, la sortie du pays du roi émérite pour éviter d’avoir à répondre légalement de ses méfaits ne peut que produire des effets calamiteux, car les forces partisanes font maintenant tout pour tirer profit de l’épisode.

Les récentes élections régionales en Galice et au Pays Basque ont confirmé la diminution du soutien politique à Unidas Podemos. Depuis que le parti a absorbé Gauche unie, le résultat s’est révélé médiocre  : six ans après la fondation du parti, il n’y a aucun progrès à constater en termes d’engagement social en faveur d’un changement politique et économique systémique. Comment expliquer la chute politique spectaculaire de Podemos  ? Selon les auteurs de cette analyse, la raison principale est que leur base politico-théorique était insuffisante dès le départ  : l’échec de Podemos est un échec de la théorie.

Alors que l’Espagne entre dans une nouvelle phase de la pandémie de COVID-19, l’escalade politique atteint de nouveaux sommets. Samedi dernier, la direction du parti populiste de droite Vox est revenue sur la Plaza Colón, au cœur de Madrid. Assis sur un bureau et lisant les notes de son discours, le leader Santiago Abascal a exhorté ses partisans à faire pression contre le gouvernement de coalition de Sanchez pour mettre fin à son mandat.

Josep Vincent Boira est le commissaire du gouvernement espagnol pour le développement du projet de Corridor méditerranéen, sans doute le plus important travail d’infrastructure en Espagne aujourd’hui. Sa réflexion théorico-pratique de Boira sur ce projet ambitieux ouvre une série de questions relatives aux mutations territoriales à l’échelle mondiale. Nous avons discuté avec lui du projet Corridor dans le cadre des futures projections dans l’espace méditerranéen.

La formation du nouveau gouvernement progressiste espagnol la semaine dernière, a finalement mis fin à plusieurs mois d’attente entre Pedro Sanchez (PSOE) et Pablo Iglesias (Unidas Podemos). Le rythme intense qui a caractérisé les deux dernières années de la vie politique espagnole a fait surgir de nombreux clivages chez les progressistes, tout en alimentant les sentiments proto-patriotiques de la droite.