Rome

Cartographier l’Italie : l’impact du coronavirus sur le système politique italien

Politique
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La crise du Covid-19 apparaît comme un facteur d’accélération pour les tensions géopolitiques qui parcourent l’Italie, et qui risquent de bousculer sa position historique dans l’ordre international, marquée par trois lignes directrices  : l’Europe, le rapport transatlantique et la Méditerranée. En particulier, la crise du coronavirus rend plus que jamais évidente la distance croissante de l’Italie par rapport à l’Europe, un sentiment qui représente une des tendances inquiétantes de la crise actuelle.

la Lombardie et 14 provinces du nord de l'Italie fermées par le décret coronavirus

Le nouveau décret publié par le gouvernement italien en réponse au coronavirus, qui met en quarantaine de vastes zones du nord de l’Italie, est la mesure la plus radicale mise en œuvre par un pays hors de la Chine à ce jour, et répond à la difficulté d’arrêter l’augmentation continue de la contagion en Italie. Une décision qui, en raison également d’une gestion chaotique de la communication, risque cependant de ne pas avoir les effets escomptés et remet en cause la gestion de la crise par le gouvernement.

Les analystes et les marchés se demandent combien de temps le gouvernement italien va durer. Personne ne le sait  : les prévisions sont encore plus difficiles qu’elles ne le sont normalement en Italie. Toutefois, il est possible de formuler quelques hypothèses fondées sur les tendances en cours. La perspective de la Luiss School of Government.

Le plus grand — et peut-être le seul — résultat clair des élections régionales de la semaine dernière en Italie a été l’effondrement du Mouvement des cinq étoiles, autrefois le plus grand parti italien. Les raisons de la crise du parti se trouvent dans les mêmes caractéristiques idéologiques et organisationnelles qui ont motivé son succès en premier lieu.

Les résultats des élections régionales en Emilie-Romagne, qui ont vu la victoire de Stefano Bonaccini (centre-gauche) contre la candidate de la Ligue, ont un sens qui dépassent le local, comme l’a montré la campagne électorale aux résonances très nationales. Mattia Zulianello, de l’Université de Birmingham, propose quelques réflexions pour cerner l’impact de ces élections dans le contexte plus large de la politique nationale.

Luigi Di Maio a quitté hier son poste de «  leader politique  » du Mouvement 5 étoiles. Cette décision montre non seulement de grandes erreurs dans sa direction, mais surtout un échec plus large d’adaptation de la part d’un «  parti populiste de valence  » pour s’intégrer dans le système politique.