Gerardo Munoz

Gerardo Munoz est Adjunct Professor à Lehigh University (Pennsylvanie). Il a publié l’anthologie Alberto Lamar Schweyer: ensayos sobre poetica y politica (Leiden: Bokeh, 2018) ; il est également l’auteur du volume Sovereignty, Catalanism, and Territorial Crisis in Spain (Leiden: Almenara Press, 2020) à paraître. Twitter : @GerardoMunoz87


Il ne fait aucun doute que les élections du 14 février dernier en Catalogne ont été un événement important pour la politique espagnole, même s’il reste pour l’instant difficile de prédire de quelle manière la transformation se produira. Si prédire quelle coalition gouvernementale se matérialisera dans les prochaines semaines est ardu, nous savons du moins qu’il existe une double majorité politique qui permettra de générer un gouvernement plus stable.
Restent cinq points à retenir, qui nous permettent d’avoir une vue d’ensemble du paysage politique régional.

À la fin du printemps dernier, il était courant de désigner le Portugal comme le cas exemplaire d’une gestion efficace et pragmatique de l’épidémie de COVID-19, qui, dès le mois de mars, s’était rapidement intensifiée dans le pays voisin, l’Espagne. Cependant, la troisième vague de la pandémie a pris le pays par surprise, et les chiffres ont grimpé en flèche depuis début janvier, au point de mettre le système hospitalier national en crise. Un confinement total a été mis en place jusqu’à la mi-février, et les frontières avec l’Espagne ont été fermées. Il va sans dire que le pays est à ce stade débordé.

Vendredi dernier, le gouvernement catalan a rendu public un décret, signé par le président par intérim Pere Aragonès, approuvant l’annulation effective des élections régionales prévues pour le 14 février. S’appuyant sur l’augmentation des cas de Covid19, le décret n’a pas seulement «  reporté  » la date prévue pour les élections, mais a littéralement rendu inefficaces les procédures de l’organe électoral qui administre le processus de vote dans la région. Existe-t-il vraiment des bases juridiques suffisantes à ce report  ?

Cette année, le message de Noël du roi espagnol Felipe VI à la nation était peut-être le plus attendu depuis des années, étant donné les graves conséquences de la COVID-19 dans le pays. Dans son discours le plus long à ce jour, Felipe VI a prononcé une allocution prudente et sereine dont le thème principal était la défense de l’unité nationale afin de faire face à la profonde «  angoisse  » générée par le coup dur de la pandémie tant pour le bien-être de la population que pour l’état de l’économie.

Le premier décembre, le parti catalan indépendantiste Junts per Catalunya, dirigé par Carles Puigdemont de Waterloo, a élu Laura Borràs comme candidate aux prochaines élections catalanes prévues pour février prochain. La candidature de Mme Borràs est significative à bien des égards, le principal étant qu’elle représente une transition complète entre l’ancien parti catalan de centre-droit Converngencia (CiU) et la nouvelle composition de Junts per Catalunya, dont la principale stratégie discursive consiste à accélérer les tensions contre l’État espagnol.

Tout au long des quatre années de son administration, Donald J. Trump n’a cessé d’humilier et d’attaquer l’État administratif, affaiblissant et contestant ainsi sa fonction et sa large autorité  ; d’où la nécessité de réformer les limites de la bureaucratie fédérale pour l’administration Biden de 2021. Pour approfondir cette analyse, Le Grand Continent s’est entretenu avec Jon D. Michaels, constitutionnaliste de la faculté de droit de l’UCLA.

Le samedi 24 octobre, le pape François a reçu le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et sa délégation, lors d’une audience publique qui a duré environ quarante minutes. Il est important de rappeler que la dernière fois que le Vatican a rencontré un représentant de l’État espagnol, c’était en 2013, lors d’une rencontre privée et sans particulière relevance avec l’ancien dirigeant conservateur Mariano Rajoy. Cette fois-ci, les choses ont été différentes compte tenu du contexte européen particulier.

Le 9 octobre, le jour même où le monarque espagnol Felipe VI et le Premier ministre Pedro Sanchez se sont rendus à Barcelone, les trois anciens présidents indépendantistes catalans se sont réunis dans la région de Perpignan, au nord du pays, pour lire un projet de document intitulé Declaració de Perpinyà qui vise à sensibiliser la communauté internationale à la situation politique de la Catalogne

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Dans une lettre au Vatican, le président mexicain AMLO demande au pape François des excuses de la part de l’Église pour l’oppression des peuples autochtones. Comment interpréter une telle demande  ?

Alors que la première phase de la pandémie de COVID-19 touche à sa fin dans le monde entier, nous sommes désormais mieux à même d’analyser certaines des transformations géopolitiques les plus profondes qui ont commencé à se sédimenter. Les transformations déjà en cours se dérouleront lentement, alors que la communauté internationale et la Chine commencent à reconstruire leur confiance ainsi qu’à refonder les conditions des relations internationales. Dans cette optique, il est important d’analyser l’essai programmatique du ministre des affaires étrangères de l’Union européennes, Josep Borrell, intitulé «  La doctrine Sinatra  ».