Gerardo Munoz

Gerardo Munoz est Adjunct Professor à Lehigh University (Pennsylvanie). Il a publié l’anthologie Alberto Lamar Schweyer: ensayos sobre poetica y politica (Leiden: Bokeh, 2018) ; il est également l’auteur du volume Sovereignty, Catalanism, and Territorial Crisis in Spain (Leiden: Almenara Press, 2020) à paraître. Twitter : @GerardoMunoz87


Tout au long des quatre années de son administration, Donald J. Trump n’a cessé d’humilier et d’attaquer l’État administratif, affaiblissant et contestant ainsi sa fonction et sa large autorité  ; d’où la nécessité de réformer les limites de la bureaucratie fédérale pour l’administration Biden de 2021. Pour approfondir cette analyse, Le Grand Continent s’est entretenu avec Jon D. Michaels, constitutionnaliste de la faculté de droit de l’UCLA.

Le samedi 24 octobre, le pape François a reçu le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et sa délégation, lors d’une audience publique qui a duré environ quarante minutes. Il est important de rappeler que la dernière fois que le Vatican a rencontré un représentant de l’État espagnol, c’était en 2013, lors d’une rencontre privée et sans particulière relevance avec l’ancien dirigeant conservateur Mariano Rajoy. Cette fois-ci, les choses ont été différentes compte tenu du contexte européen particulier.

Le 9 octobre, le jour même où le monarque espagnol Felipe VI et le Premier ministre Pedro Sanchez se sont rendus à Barcelone, les trois anciens présidents indépendantistes catalans se sont réunis dans la région de Perpignan, au nord du pays, pour lire un projet de document intitulé Declaració de Perpinyà qui vise à sensibiliser la communauté internationale à la situation politique de la Catalogne

Photo N&B A&D Hispanidad AMLO lettre au Pape François Le pardon de Mexico Amérique latine Vatican relations religion société histoire Mexique socialistes mexicains post-colonialisme

Dans une lettre au Vatican, le président mexicain AMLO demande au pape François des excuses de la part de l’Église pour l’oppression des peuples autochtones. Comment interpréter une telle demande  ?

Alors que la première phase de la pandémie de COVID-19 touche à sa fin dans le monde entier, nous sommes désormais mieux à même d’analyser certaines des transformations géopolitiques les plus profondes qui ont commencé à se sédimenter. Les transformations déjà en cours se dérouleront lentement, alors que la communauté internationale et la Chine commencent à reconstruire leur confiance ainsi qu’à refonder les conditions des relations internationales. Dans cette optique, il est important d’analyser l’essai programmatique du ministre des affaires étrangères de l’Union européennes, Josep Borrell, intitulé «  La doctrine Sinatra  ».

Jakub Grygiel est professeur à l’Université catholique d’Amérique et, en 2017, a été conseiller principal du secrétaire d’État pour les affaires européennes. Il est également conseiller principal à The Marathon Initiative et contributeur régulier dans des publications telles que The American Interest, Journal of Strategic Studies et le Hoover Institute. Nous l’avons rencontré pour parler des crises territoriales des pays du sud de l’Europe, notamment à la suite de la pandémie de COVID-19.

En pleine reprise de la crise du coronavirus, les Espagnols se sont réveillés la semaine dernière pour découvrir que le monarque émérite des Bourbons, le roi Juan Carlos Iᵉʳ, avait quitté le pays à la suite d’une enquête judiciaire en Suisse pour blanchiment d’argent et d’une enquête en cours pour fraude fiscale. En ces temps de division politique et de fragmentation sociale, la sortie du pays du roi émérite pour éviter d’avoir à répondre légalement de ses méfaits ne peut que produire des effets calamiteux, car les forces partisanes font maintenant tout pour tirer profit de l’épisode.

Les récentes élections régionales en Galice et au Pays Basque ont confirmé la diminution du soutien politique à Unidas Podemos. Depuis que le parti a absorbé Gauche unie, le résultat s’est révélé médiocre  : six ans après la fondation du parti, il n’y a aucun progrès à constater en termes d’engagement social en faveur d’un changement politique et économique systémique. Comment expliquer la chute politique spectaculaire de Podemos  ? Selon les auteurs de cette analyse, la raison principale est que leur base politico-théorique était insuffisante dès le départ  : l’échec de Podemos est un échec de la théorie.

Les élections en Galice et au Pays Basque en Espagne, qui se sont déroulées dimanche dernier, sont les premières depuis la fin de la période d’urgence du Covid-19, bien qu’elles ne soient en aucun cas dans un climat «  normal  ». Cependant, dans les deux régions, les résultats ont été conformes aux attentes, donnant de larges marges de victoire au parti nationaliste basque PNV d’Íñigo Urkullu, et au Parti populaire galicien (PP) de centre-droit d’Alberto Núñez Feijoó, qui a facilement conféré son hégémonie parlementaire à 42 sièges sur 75 du Parlement régional, ajoutant un siège de plus à sa précédente majorité.

Les vagues de protestations qui ont déferlé sur les États-Unis à la suite de la mort de George Floyd aux mains d’un policier de Minneapolis ont entraîné l’effondrement des statues publiques de personnages historiques confédérés, ainsi que du passé colonial espagnol, comme Christophe Colomb, Saint Junípero Serra, ou les monarques Catholiques Isabelle et Ferdinand, récemment effacés du Capitole de l’État de Californie. Même si ces récentes dégradations contre les monuments historiques hispaniques ont été couvertes par la presse espagnole, il est révélateur que l’Espagne elle-même n’ait pas connu une série d’actes iconoclastes contre ses abondants monuments et statues publics impériaux. Comment expliquer le fait que, contrairement à des pays comme le Royaume-Uni, l’Australie ou la France, l’Espagne n’a pas vu s’effondrer sa mémoire publique impériale  ? Bien qu’il puisse y avoir des explications historiques et politiques opposées pour répondre à cette énigme, la question même ouvre un débat sur l’histoire, la religion et la communauté politique.