Gerardo Muñoz

Gerardo Munoz est Adjunct Professor à Lehigh University (Pennsylvanie). Il a publié l’anthologie Alberto Lamar Schweyer: ensayos sobre poetica y politica (Leiden: Bokeh, 2018) ; il est également l’auteur du volume Sovereignty, Catalanism, and Territorial Crisis in Spain (Leiden: Almenara Press, 2020) à paraître. Twitter : @GerardoMunoz87


L’annulation du massif plan d’agrandissement de l’aéroport El Prat a mis fin à de nombreux espoirs dans la région catalane. L’échec de ce projet, qui trouve ses racines en partie dans la compétition avec Madrid et dans les contradictions des coalitions au gouvernement, met en évidence d’importantes disparités nationales se traduisant par la stagnation du développement des infrastructures en Catalogne – six points.

Le mois dernier le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s’est rendu en Californie pour y rencontrer des dirigeants de grandes entreprises technologiques américaines. Après avoir été durement touchée par la chute du tourisme en raison de la pandémie, l’Espagne entend donner un nouveau souffle à son économie en attirant des investissements étrangers – 8 points synthétiques.

Il ne fait aucun doute que les élections du 14 février dernier en Catalogne ont été un événement important pour la politique espagnole, même s’il reste pour l’instant difficile de prédire de quelle manière la transformation se produira. Si prédire quelle coalition gouvernementale se matérialisera dans les prochaines semaines est ardu, nous savons du moins qu’il existe une double majorité politique qui permettra de générer un gouvernement plus stable.
Restent cinq points à retenir, qui nous permettent d’avoir une vue d’ensemble du paysage politique régional.

À la fin du printemps dernier, il était courant de désigner le Portugal comme le cas exemplaire d’une gestion efficace et pragmatique de l’épidémie de COVID-19, qui, dès le mois de mars, s’était rapidement intensifiée dans le pays voisin, l’Espagne. Cependant, la troisième vague de la pandémie a pris le pays par surprise, et les chiffres ont grimpé en flèche depuis début janvier, au point de mettre le système hospitalier national en crise. Un confinement total a été mis en place jusqu’à la mi-février, et les frontières avec l’Espagne ont été fermées. Il va sans dire que le pays est à ce stade débordé.

Vendredi dernier, le gouvernement catalan a rendu public un décret, signé par le président par intérim Pere Aragonès, approuvant l’annulation effective des élections régionales prévues pour le 14 février. S’appuyant sur l’augmentation des cas de Covid19, le décret n’a pas seulement «  reporté  » la date prévue pour les élections, mais a littéralement rendu inefficaces les procédures de l’organe électoral qui administre le processus de vote dans la région. Existe-t-il vraiment des bases juridiques suffisantes à ce report  ?

Cette année, le message de Noël du roi espagnol Felipe VI à la nation était peut-être le plus attendu depuis des années, étant donné les graves conséquences de la COVID-19 dans le pays. Dans son discours le plus long à ce jour, Felipe VI a prononcé une allocution prudente et sereine dont le thème principal était la défense de l’unité nationale afin de faire face à la profonde «  angoisse  » générée par le coup dur de la pandémie tant pour le bien-être de la population que pour l’état de l’économie.

Le premier décembre, le parti catalan indépendantiste Junts per Catalunya, dirigé par Carles Puigdemont de Waterloo, a élu Laura Borràs comme candidate aux prochaines élections catalanes prévues pour février prochain. La candidature de Mme Borràs est significative à bien des égards, le principal étant qu’elle représente une transition complète entre l’ancien parti catalan de centre-droit Converngencia (CiU) et la nouvelle composition de Junts per Catalunya, dont la principale stratégie discursive consiste à accélérer les tensions contre l’État espagnol.

Tout au long des quatre années de son administration, Donald J. Trump n’a cessé d’humilier et d’attaquer l’État administratif, affaiblissant et contestant ainsi sa fonction et sa large autorité  ; d’où la nécessité de réformer les limites de la bureaucratie fédérale pour l’administration Biden de 2021. Pour approfondir cette analyse, Le Grand Continent s’est entretenu avec Jon D. Michaels, constitutionnaliste de la faculté de droit de l’UCLA.